Dialogue Politique Inclusif : Moussa Faki Mahamat recadre Touadéra

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Ce que se sont dit Moussa Faki Mahamat et Faustin Archange Touadera

Comme vous le savez, dans toutes les rencontres de ce type, il y a ce qui est dit à la presse pour l’opinion publique. C’est le côté jardin. Et il y a ce que les responsables se disent entre eux. C’est le côté salon.

Selon nos informations, entre le président de la commission de l’Union Africaine et le chef de l’État centrafricain, l’échange a été franc et direct.

D’entrée de jeu, Moussa Faki Mahamat aurait rappelé à Faustin Archange Touadera qu’après avoir poussé les frères ennemis du Sud Soudan à trouver une solution négociée à leur différends, exiger de l’Ethiopie et de  l’ Érythrée à enterrer leur hache de guerre, la communauté internationale a inscrit à nouveau le règlement de la crise centrafricaine à son agenda.

Lui indiquant passage, le refus de l’Union Africaine de voir se poursuivre les initiatives parallèles qui polluent inutilement l’atmosphère et accréditent la thèse d’un agenda caché que l’Organisation panafricaine aurait en Centrafrique. Une position que Moussa Faki Mahamat aurait déjà clairement exprimée au président soudanais Omar El Béchir, lui expliquant que la sous région d’Afrique centrale avait décidé de confier le dossier de la recherche d’un  accord de cessation des hostilités entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés à l’Union Africaine (UA), en étroite collaboration avec la CEEAC et les Nations unies.

Le patron de la Commission de l’Union Africaine aurait également laissé entendre qu’il dira à Sergeï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, tout le mal que son organisation pense de l’initiative des nouveaux amis du président centrafricain qui ont organisé fin août dans la capitale soudanaise une rencontre entre les groupes armés à l’issue de laquelle une déclaration d’entente avait été signée. Et ce, alors que l’on apprend qu’un autre round de Khartoum serait en préparation.

Par ailleurs, il aurait également déclaré que si la communauté internationale empêche les groupes armés de s’emparer du pouvoir de l’État, il est hors de question de laisser le président Touadera diriger la République centrafricaine comme bon lui semble, au prétexte qu’il a été élu démocratiquement. C’est pourquoi, il importe de trouver une solution politique à la crise centrafricaine. D’autant que 80% du territoire national est sous le contrôle des groupes armés.

En retour, Faustin Archange Touadera aurait dit qu’il ne voulait pas d’un dialogue dans le format d’une conférence avec l’ensemble de la classe politique.

Réponse de son interlocuteur : l’Union Africaine ne peut rien vous imposer !

Aussi, le président centrafricain aurait-il souhaité que les choses aillent plus vite, sous-entendant que cela pourrait constituer une avancée notable à mettre au crédit de son régime. Ce qui aurait été un thème de son discours lors de la prochaine assemblée générale des Nations Unies fin septembre à New-York.

Réponse de Moussa Faki Mahamat : rien de bon ne peut se faire dans la précipitation.

Autrement dit, et là, c’est notre commentaire, le dialogue politique sous conduite de l’Union Africaine n’aura pas lieu en octobre comme certains l’ont laissé entendre.

Entre temps, le leadership local de l’Union Africaine devra être à la hauteur des enjeux.

Hélas, pour le moment, cela ne semble pas être le cas.

Bangui FM, 96.9
18 septembre 2018.

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