DEMANDE D’ARRESTATION DU PREMIER MINISTRE D’ISRAEL PAR L’AFRIQUE DU SUD  : Pretoria sera-t-elle entendue ?

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L’Afrique du Sud exige qu’un mandat d’arrêt international soit émis contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. En effet, la cheffe de la diplomatie sud-africaine a réitéré la position de son pays, le 20 novembre dernier. Et à l’ouverture du sommet extraordinaire virtuel des BRICS, le 21 novembre, c’était au tour du président, d’enfoncer le clou. Cyril Ramaphosa a  accusé Israël de “crimes de guerre” et de “génocide” à Gaza et réclamé un “cessez-le-feu immédiat et complet”. Après avoir conjointement saisi la Cour pénale internationale (CPI), la semaine dernière, avec quatre autres pays, notamment les Comores, Djibouti, la Bolivie et le Bangladesh, Pretoria a décidé de passer à la vitesse supérieure. C’est un choix courageux de la part de la Nation arc-en-ciel, sur un sujet sur lequel très peu de dirigeants s’aventurent, y compris les institutions internationales à l’instar de l’ONU. Mais la réaction audacieuse de l’Afrique du Sud est loin d’être une surprise. En fait, comme elle l’a toujours manifesté, Pretoria a pris fait et cause pour la Palestine qui est engagée depuis deux mois, dans une guerre sanglante contre Israël. Et la Nation arc-en-ciel ne s’en cache pas. Elle est l’un des pays les plus critiques des bombardements israéliens massifs et meurtriers sur la bande de Gaza, du fait, en partie, de ses liens historiques avec la Palestine. En outre, Pretoria a récemment pris une série de mesures très hostiles contre l’Etat hébreux en raison de son opération militaire à Gaza. Entre rappel de tous ses diplomates d’Israël (qui a aussi appliqué le principe de réciprocité) et nombreuses sorties des autorités sud-africaines dénonçant les agissements de l’Etat hébreux, la guerre diplomatique est totale entre les deux nations.

 

Il urge de mettre fin aux hostilités

 

Mais jusqu’où ira cette requête de Pretoria  qui vient accentuer la pression sur la Cour pénale internationale (CPI) dont la réaction est aussi attendue sur la question israélo-palestienne? Cette énième dénonciation va-t-elle enfin réussir à freiner les ardeurs belliqueuses du Premier ministre Netanyahu à qui nombre d’observateurs reprochent d’avoir eu une réaction disproportionnée suite à l’attaque du groupe islamiste palestinien Hamas, perpétrée le 7 octobre dernier? Bien malin qui saurait répondre à ces interrogations. Il est, en revanche, évident que le chef du gouvernement israélien a des soutiens sur qui il sait compter. Parmi ceux-ci, figurent en première ligne, les Etats-Unis d’Amérique dont le président ne peut oser prendre des décisions courageuses sur ce sujet qui, on le sait, est très sensible dans ce pays, surtout à une période pré-électorale. Et l’ONU dans tout ça? En effet, les hostilités durent depuis plus de deux mois entre l’Etat d’Israël et la Palestine et le bilan fait état de plus de 15 000 morts, selon les derniers chiffres. Et malgré tout, face à ce drame humain, l’organisation onusienne reste impuissante. L’institution dirigée par António Guterres, est donc interpellée. Au regard de la barbarie et du cynisme qui entourent ce conflit avec des hôpitaux bombardés, il urge de mettre fin aux hostilités. Et pour cela, il faut plus de voix, à l’image de celle de l’Afrique du Sud et de bien des organisations non gouvernementales, pour sauver cette partie de l’humanité. A cela, doivent suivre des actions. Et c’est en cela que l’appel du chef de l’Etat sud-africain, Cyril Ramaphosa, a tout son sens. Le patron de l’ANC a, en effet, plaidé pour que tous les pays fassent preuve de retenue et cessent d’alimenter ce conflit, notamment en cessant de fournir des armes aux parties en conflit. Sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr.

 

Siaka CISSE

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