DE L’OUA A L’UA : 60 ans après, à quoi sert encore ce machin ?  

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DE L’OUA A L’UA : 60 ans après, à quoi sert encore ce machin ?

Créée le 25 mai 1963 à Addis Abeba, en Ethiopie, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) devenue plus tard l’Union africaine (UA), a célébré ses 60 ans d’existence, le 25 mai dernier. Diverses activités dont des fora et autres ont meublé la Journée de l’Afrique.  Si en Afrique, la vieillesse est synonyme de sagesse, il en va autrement avec l’UA. En effet, l’esprit des pères fondateurs a été dévoyé. Plutôt que de voir émerger les Etats-Unis d’Afrique, on assiste à la balkanisation du continent noir. Le cas le plus récent et le plus emblématique est sans conteste celui du Soudan du Sud sorti des entrailles du Soudan dans la douleur, puisque son enfantement a causé la mort de centaines de Soudanais et mis sur le chemin de l’exil, des dizaines de milliers d’autres. Soixante ans après sa création, à quoi sert encore l’UA que d’aucuns considèrent à tort ou à raison comme un machin ?  Contrairement aux pères fondateurs tels que Kwame Nkrumah, Haïlé Sélassié pour ne citer que ceux-là, la plupart de ceux qui gouvernent actuellement nos Etats, manquent de courage.  Nombreux d’entre eux, ne sont ni plus ni moins que des béni-oui-oui, incapables de défendre les intérêts du continent face aux grandes puissances. Tout laisse croire qu’ils manquent cruellement de vision ; chacun préférant être tête de rat que queue de lion. Les dirigeants africains préfèrent plutôt jouer les faire-valoir que de s’assumer entièrement, abandonnant ainsi le continent au pillage de ses immenses richesses.

 

L’UA a d’autant plus échoué qu’elle est incapable de faire appliquer sa propre Charte

 

 On a l’impression qu’ils n’ont aucun idéal pour le continent. On est d’autant plus porté à le croire que l’UA se montre incapable aujourd’hui de résoudre les crises qui minent le continent. En effet, si le brasier malien est devenu incandescent au point que ses flammes ont dévoré les Etats du Sahel et même au-delà, c’est parce que l’UA aura été incapable de stopper le projet machiavélique d’une coalition d’Etats occidentaux qui ont mis la Libye sens dessus-dessous à travers l’élimination physique de son guide, Mouammar Kadhafi. L’UA a d’autant plus échoué qu’elle est incapable de faire appliquer sa propre Charte sur la bonne gouvernance et la démocratie. Tant et si bien que l’on assiste à l’émergence de troisièmes mandats avec leurs corollaires de morts et de blessés dans certains pays. Si le pouvoir kaki semble signer son retour dans le palais à travers les coups d’Etat enregistrés au Mali, en Guinée et au Burkina, c’est dû aussi à la faillite de l’UA.  C’est à se demander si le mot prévention existe encore dans le dictionnaire de l’organisation continentale. Il est inadmissible que plus de la moitié des Etats africains soient en proie à des crises multiformes, malgré l’existence d’organes spécialisés au sein de l’UA. En soixante ans d’existence, l’UA aura fait la preuve qu’elle n’est pas à la hauteur des défis de la gouvernance.  La refondation de cette institution est nécessaire car il y va de l’avenir du continent noir. Comme le dit l’adage, « l’union fait la force ». Mais tout porte à croire que l’UA rame bien souvent à contre-courant de cet idéal.  Récemment encore, le Burkina, le Mali et la Guinée ont tous été sanctionnés après qu’ils ont manifesté leur désir d’aller à un fédéralisme souple. Fallait-il en arriver là ? Cela dit, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Car, en dépit de tout ce que l’on peut reprocher à l’UA, elle reste et demeure un cadre d’expression et de pression, le seul cadre légal pour le continent noir pour faire entendre sa voix dans le concert des nations.

 

Dabadi ZOUMBARA  

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