CRISE SOCIOPOLITIQUE AU KENYA : William Ruto face à un Kilmandjaro de défis  

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CRISE SOCIOPOLITIQUE AU KENYA : William Ruto face à un Kilmandjaro de défis

 

Le président kényan, William Ruto, est sur la sellette ; tant il fait face à un Kilmandjaro de défis dont on se demande comment il va s’y prendre pour les relever. Tous les ingrédients sont réunis pour une véritable implosion sociale au Kenya. En effet, depuis près de deux ans, le shiling kényan s’est fortement déprécié, plongeant des millions de personnes dans la pauvreté et fragilisant la première économie de l’Afrique orientale. Et comme pour ne rien arranger, le pays fait face à une grave sécheresse qui affecte durablement le secteur agricole sur lequel repose principalement l’économie du pays. En conséquence, nombreux sont les ménages, déjà vulnérables, qui sont durablement affectés par la famine ou la malnutrition sévère. Du coup, l’on assiste à une flambée  des prix des produits de grande consommation, renchérissant ainsi le coût de la vie dans un pays où plus de la moitié de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. Et ce n’est pas tout. Car, cela fait plus de deux mois que le Kenya n’arrive plus à payer les salaires de ses fonctionnaires, et est au bord de la banqueroute budgétaire. Le drame, c’est que l’on ne sait pas quand interviendra la normalisation ; tant les autorités elles-mêmes semblent dépassées par les évènements. « Je n’emprunterai pas ( de l’argent) pour payer les salaires des  fonctionnaires », a déclaré le président Ruto himself qui estime que le problème vient des prêts arrivés à échéance et qui absorbent une bonne partie du budget national.

 

S’il veut désamorcer la bombe sociale en gestation, William Ruto gagnerait à prendre des mesures fortes

 

Tel un médecin qui se contente de diagnostiquer les causes du mal d’un patient sans en proposer de remède, William Ruto, face au mal, ne dit pas un seul mot sur la stratégie qu’il compte adopter pour satisfaire les fonctionnaires qui, on le sait, ne manqueront pas de donner de la voix si rien n’est fait pour soulager leurs peines. Cela dit, il faut craindre, dans les jours à venir, des émeutes de la faim au Kenya avec tous les risques que cela comporte. Car, si aux sans-culottes qui se disent désabusés, s’ajoutent les fonctionnaires, il faut dire que  le président Ruto pourrait avoir le sommeil trouble. Surtout que profitant du contexte, l’opposition, cornaquée par Raïla Odinga, ne lui fait pas de quartier. Elle n’a eu de cesse de lui tailler des croupières ; en témoignent les manifestations des semaines précédentes qui ont failli mettre le pays à feu et à sang. Même l’appel au dialogue lancé par le chef de l’Etat, n’a pas produit les effets escomptés d’autant que Raïla Odinga annonce d’autres manifestations dans les jours ou semaines à venir. C’est  pourquoi, s’il veut désamorcer la bombe sociale en gestation, William Ruto gagnerait à prendre des mesures fortes. C’est la seule manière pour lui de couper non seulement l’herbe sous les  pieds de ses contempteurs, mais aussi de contenir le front social qui bouillonne déjà. A défaut, il risque d’être chassé tel un malpropre, de la State House qu’il squatte il y a à peine sept bons mois. S’il est vrai que gouverner, c’est prévoir, il lui revient donc de prendre les devants.

 

Boundi OUOBA 

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