CONFIRMATION DE LA CONDAMNATION DE GUILLAUME SORO ET DE CERTAINS DE SES PROCHES : La descente aux enfers se poursuit

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CONFIRMATION DE LA CONDAMNATION DE GUILLAUME SORO ET DE CERTAINS DE SES PROCHES : La descente aux enfers se poursuit

Le verdict du procès en appel de Guillaume Soro et de ses proches, est tombé le 13 février 2023. Selon l’arrêt qui a été rendu public, la Cour criminelle a déclaré la confirmation du procès en première instance pour tous les prévenus, à l’exception d’Alain Lobognon et de Félicien qui ont été acquittés. Sans surprise, Bogota qui a été condamné par contumace, écope de la peine la plus lourde non seulement pour son rôle de cerveau présumé dans cette affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat, mais aussi pour s’être volontairement soustrait à la Justice. L’ex-président de l’Assemblée nationale a, en effet, vu confirmer sa condamnation à vie, un véritable coup de massue qui pourrait occasionner sa mort politique, surtout que le Tribunal avait décidé aussi, en première instance, de la dissolution et de la confiscation des biens de son mouvement politique, Génération des peuples solidaires (GPS). Ce verdict est naturellement accueilli différemment par les parties prenantes au procès.

 

Celui qui fut le bras droit du président Alassane Dramane Ouattara, est devenu un sans domicile-fixe

 

En effet, selon l’avocat de la défense de l’ex-chef rebelle et ses compagnons, « c’est une déception dans la mesure où, pour nous, la saisine de cette juridiction de second degré qui a pour charge de censurer les décisions rendues en instance, nous a sorti une décision qui ne reflète pas la réalité des débats de ces procès ». Mais, poursuit-il, « nous irons jusqu’au bout. Nous allons nous pourvoir en cassation. Et nous resterons debout jusqu’à ce que le droit soit dit. Nous n’abdiquerons pas. » C’est dire donc que ce n’est certainement pas le dernier acte de ce feuilleton judiciaire qui s’est joué le 13 février dernier. Mais en attendant de voir la suite du scénario qui devrait se jouer dans dix jours aux termes de l’arrêt de la Cour qui a défini le délai de recours, l’on ne peut que faire le constat que la descente aux enfers se poursuit pour Guillaume Soro, contraint à la clandestinité depuis 2019, date à laquelle il a été accusé de tentative de déstabilisation de l’Etat ivoirien. Alors qu’il rentrait au bercail après près de six mois d’exil, son avion avait été dérouté vers Accra, au Ghana voisin et depuis lors, celui qui fut le bras droit du président Alassane Dramane Ouattara, est devenu un sans domicile-fixe (SDF). Cela dit, cette confirmation du jugement de juin 2021, n’est pas sans soulever des interrogations pour de nombreux observateurs de la scène politique ivoirienne, qui voient dans cette affaire de tentative de déstabilisation du pays de l’Eléphant en Afrique de l’Ouest, un procès politique. En effet, d’aucuns voient clairement dans ce procès, un moyen pour Alassane Ouattara de mettre un terme aux ambitions de Guillaume Soro qui, après être rentré en rupture de ban avec son mentor, avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2020.

 

Guillaume Soro paie le prix de sa compromission

 

Cette certitude semble d’ailleurs d’autant plus forte qu’Alain Lobognon qui, entre-temps, a rompu les amarres avec Guillaume Soro pour rejoindre le camp du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP) avec armes et bagages, a été finalement acquitté, comme par magie, par la Justice ivoirienne qui aura du mal à se défaire de l’accusation d’être à la solde du pouvoir.  Mais cela n’entache en rien la culpabilité de Bogota qui peut d’ailleurs se mordre les doigts d’avoir été trop pressé d’aller installer ses pénates au palais présidentiel d’Abidjan et surtout de n’avoir rien fait quand il était du bon côté pour bâtir un système judiciaire républicain et impartial. Il paie donc le prix de sa compromission. Du reste, l’on peut même se demander si la traque judiciaire dont ses avocats le disent victime, ne fait finalement pas son affaire. En effet, le sentiment de harcèlement judiciaire dont il fait l’objet, peut augmenter son capital de sympathie et cela n’est pas rien pour un acteur politique qui est loin d’avoir renoncé à ses ambitions de conquérir la magistrature suprême de son pays. En décidant de se pourvoir en cassation, c’est donc une stratégie politique d’occupation du terrain en étant toujours présent dans l’esprit des Ivoiriens tout en se soustrayant du devoir de se présenter devant la Justice pour apporter sa part de vérité dans cette affaire de tentative de coup d’Etat. En attendant donc de voir qui de Guillaume Soro ou de Alassane Dramane Ouattara gagnera l’autre à l’usure, l’on ne peut que faire le constat que dans le processus de réconciliation nationale qui a cours en Côte d’Ivoire, il manque un maillon essentiel. En effet, toutes les têtes fortes de la scène politique de la Côte d’Ivoire, ont rejoint le bercail, à l’exception de Guillaume Soro qui erre encore sur les sentiers de l’exil. Après Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, le retour de Bogota aurait été un géant pas pour désarmer les cœurs au pays de Houphouët Boigny et conforterait, sans nul doute, le statut d’artisan de la paix et de père de la Nation, du président Alassane Dramane Ouattara. Il reste à savoir si le processus politique du président ADO en faveur de cette réconciliation, n’est pas lui-même bloqué par les procédures judiciaires qui n’en finissent pas. L’on peut, de ce fait, penser que le bourreau n’est pas forcément celui que l’on pense.

 

« Le Pays »  

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