CHANGEMENT DE POUVOIR SUR FOND DE VISITE D’UNE MISSION DE LA CEDEAO AU BURKINA : Les aspirations du peuple comme boussole

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03 octobre 2022

CHANGEMENT DE POUVOIR SUR FOND DE VISITE D’UNE MISSION DE LA CEDEAO AU BURKINA : Les aspirations du peuple comme boussole

Au lendemain du week-end  agité du 30 septembre au 2 octobre 2022, qui a connu un changement de pouvoir au Burkina, une mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est attendue dans la journée du 4 octobre à Ouagadougou. Conduite par la ministre bissau-guinéenne des Affaires étrangères, Mme Suzi Carla Barbosa dont le pays assure la présidence tournante de l’organisation sous-région, cette mission enregistre aussi la présence du président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray et du facilitateur attitré de l’institution sous-régionale pour le Burkina,  en la personne de l’ex-président nigérien, Mahamadou Issoufou. Objectif : prendre langue avec les nouvelles autorités intérimaires du pays des Hommes intègres, avec à leur tête le capitaine Ibrahim Traoré, le nouvel Homme fort du pays, qui a éjecté du palais de Kosyam, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Au menu des échanges, le calendrier de la transition enclenchée le 24 janvier dernier, suite au renversement du président Roch Marc Christian Kaboré par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba qui s’était engagé à un retour à l’ordre constitutionnel à l’horizon 2024.

L’organisation ouest-africaine est dans son rôle de vigie de la démocratie

C’est donc prioritairement pour s’assurer du respect de ce calendrier, que la CEDEAO  a dépêché  cette mission d’urgence à Ouagadougou. Un marquage serré au treillis des bidasses burkinabè, qui pourrait se justifier par le précédent malien qui a vu les tombeurs d’Ibrahim Boubacar Kéita avouer au bout de 18 mois, leur incapacité à honorer leur premier engagement, après le coup d’Etat dans le coup d’Etat du colonel Assimi Goïta contre les dirigeants de la transition. Est-ce pour éviter un tel scénario que sitôt le calme revenu dans la capitale burkinabè, la CEDEAO n’a pas perdu de temps pour effectuer le déplacement  de Ouagadougou à l’effet de recueillir l’engagement ferme du jeune capitaine ? L’histoire le dira sans doute. Mais si l’on comprend aisément que l’organisation ouest-africaine est dans son rôle de vigie de la démocratie dans son espace géographique, tout porte à croire qu’elle gagnerait aussi à se montrer beaucoup plus proche des populations. En l’occurrence, celles du Burkina Faso dont les aspirations au retour à l’ordre constitutionnel paraissent aussi fortes que le besoin de sécurité qui demeure la préoccupation majeure de populations durement éprouvées par les actions néfastes et hautement destructrices des forces du mal qui grignotent chaque jour un peu plus, des portions entières de leur territoire.  Faut-il le rappeler, ce changement de commandement à la barre du navire battant pavillon Burkina, tire son origine de la dégradation continue de la situation sécuritaire à laquelle le lieutenant-colonel Damiba n’a pas su trouver les réponses appropriées. Et c’est peu de dire que malgré sa jeunesse, le capitaine Ibrahim Traoré qui a été porté en triomphe après son coup d’Etat, est aujourd’hui l’espoir de tout un peuple qui n’aspire prioritairement qu’à la paix.

 Le plus dur commence maintenant pour le jeune capitaine

C’est dire si ce changement de pouvoir à Ouagadougou, doit impérativement avoir comme boussole, les aspirations du peuple burkinabè. Et cela, le capitaine Traoré semble l’avoir compris, lui qui est venu en redresseur de la transition et s’est engagé à inscrire son action dans ce sens. Et à l’en croire, la CEDEAO ne devrait pas avoir d’inquiétudes à se faire puisque le nouvel homme fort du Burkina a non seulement donné des gages concernant le respect des engagements de son prédécesseur par rapport au calendrier établi, mais il a été on ne peut plus clair sur ses intentions de ne pas conduire lui-même la transition déjà en cours.  Il s’est ainsi engagé à transmettre le pouvoir au président qui sera désigné par les assises nationales qui ne taderont pas à être convoquées. Il ne reste donc plus à la CEDEAO qu’à prendre le jeune capitaine aux mots. Car, tout porte à croire que dans la gestion du pouvoir, c’est la sincérité qui manque le plus à certains dirigeants. Et tout dépend aussi de  leurs ambitions. Mais dès ses premiers pas, le capitaine Traoré a montré du courage et du volontarisme d’aller vite et bien en besogne, qui sont autant de signaux positifs qui contribuent à renforcer la confiance des Burkinabè.  Mais c’est au pied du mur que le capitaine Traoré est le plus attendu et sera jugé par ses compatriotes. Surtout dans la lutte contre le terrorisme qui demeure la priorité des priorités pour les Burkinabè.  A lui de savoir éviter les écueils et de ne pas commettre les mêmes erreurs que son prédécesseur. Autrement, dans ce pays de savane qu’est le Burkina, les masques sont vite tombés. Et les mêmes faillites produiront sans doute les mêmes effets. En attendant, on peut se féliciter que dans cette crise politico-militaire d’envergure au sommet de l’Etat, où on a frôlé le pire, les Burkinabè aient trouvé les ressorts endogènes pour surmonter l’épreuve et permettre au pays de repartir d’un bon pied dans une transition qui est loin d’être un fleuve tranquille. C’est dire si le plus dur commence maintenant pour le jeune capitaine. Mais le penseur ne dit-il pas si bien qu’«aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ? »  Au capitaine Ibrahim Traoré de montrer qu’il en est une.

« Le Pays »

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