Centrafrique : Zokoué Bienvenu menace M. Pounagandji – Horo Habib Evard et lui intime l’ordre de demander au DP du Letsunami.net de retirer son article…

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Dans notre article intitulé : « Centrafrique : M. Pounagandji – Horo Habob Evard de la Minusca arrêté et détenu arbitrairement par le criminel Zokoué Bienvenu », publié le 10 mai 2023, nous avons informé nos lecteurs et nos lectrices de l’arrestation et de la détention manifestement illégales de M. Pounagandji – Horo Habib Evard, cadre au bureau de la logistique à la Minusca depuis plus de huit (8) ans, alors qu’il s’apprêtait, il y a quelques jours, à embarquer à destination de Genève en Suisse dont il a la nationalité pour y passer ses vacances. Son document de voyage était faux, ont affirmé les agents de la police de l’air et des frontières qui ont ensuite révélé avoir agi sur instructions du directeur général de la police, un certain Bienvenu Zokoué.

 

Cependant, en réaction à l’avis de son collaborateur le plus immédiat, à savoir le directeur général adjoint de l’Emigration-Immigration (DGAEI), le commissaire-divisionnaire de Police Bienvenu-Paterne Nguimalé, selon lequel cette arrestation n’est rien d’autre qu’un acte d’abus d’autorité, et suite aux injonctions du parquet de Bangui relatives à une relaxe pure et simple, ce dernier a déclaré, à son tour, avoir agi conformément à un ordre reçu d’un certain Touadéra. Si la Minusca a frappé du poing sur la table, le jeudi 11 mai 2023 après avoir informé New – York de la conduite à tenir face à qui s’apparente à un énième cas de flagrante violation de l’Accord de Siège, pour exiger que toute la lumière soit faite sur cette affaire, M. Pounagandji – Horo qui est toujours détenu au Commissariat du Port, au moment où nous mettons sous presse, a fait l’objet de sérieuses menaces de la part de son bourreau, le tueur à gages Bienvenu Zokoué. En effet, celui – ci lui a demandé d’intimer l’ordre au directeur de publication du Journal en ligne Letsunami.net de retirer son article en circulation sur les réseaux sociaux relatif à cette affaire.

Cette manière de faire est tout simplement caractéristique des méthodes dont raffole l’homme des basses besognes de Touadéra. De fait, depuis le retour inopiné de l’ancien président François Bozizé à Bangui en décembre 2019, la mise en place de la Coalition des Patriotes pour le Changement par les groupes armés, en réaction au refus du pouvoir de convoquer une concertation nationale avant la tenue des élections du 20 décembre 2020, et la dernière attaque de la capitale, le 13 janvier 2021, l’ancien directeur de l’OCRB s’est retrouvé au cœur d’une politique de répression aveugle et croissante ciblant les opposants, certains éléments des FDSI du fait de leur appartenance ethnique, régionale et politique, et des membres de la société civile. Si certains d’entre eux avaient eu la chance d’être encore en vie dans les locaux de la SRI et de l’OCRB, entassés les uns sur les autres, au risque de mourir à tout moment d’étouffement, d’autres étaient sommairement exécutés, après avoir été torturés, et leurs corps jetés dans les buissons. C’était l’histoire de ces dépouilles mortelles charriées de manière rythmique depuis plusieurs mois déjà par les eaux troubles de l’Oubangui, racontée par des pêcheurs et des piroguiers. C’était aussi l’odyssée et les témoignages accablants et choquants de ces corps sans vie en état de putréfaction avancé, découverts aux abords du cimetière de Ndrès par des nettoyeurs, des passants et les habitants. C’étaient enfin les litanies des graves exactions commises par les FDSI et leurs alliés dans les villes sous leur contrôle sur les populations civiles depuis janvier 2021.

In hoc casu, Bienvenu Zokoué qui n’a aujourd’hui rien à envier à Nikolaï Ivanovitch Iejov, chef suprême du NKVD de à , principal artisan de la mise en œuvre des Grandes Purges staliniennes au cours desquelles plus de 750 000 personnes furent exécutées, a dû certainement recourir à des pratiques éhontées afin de convaincre le pauvre Habib de tenter de joindre au téléphone le DP du Journal en ligne « Letsunami.net ». Mais comme Nikolaï Ivanovitch Iejov qui avait fini accusé de trahison pour la tuerie de masse qu’il a perpétrée sur ordre de Joseph Staline, l’objectif étant de dédouaner Staline des massacres malgré son implication indéniable et qui était in fine capturé, torturé, exécuté et retiré des photos officielles par la propagande du Parti, il n’échappera pas à l’Epée de Damoclès qui pèse sur sa tête depuis mars 2016 à ce jour.

Quant à sa demande de retrait de l’article querellé en circulation sur les réseaux sociaux, la Rédaction du Letsunami.net rejete cet acte d’injonctions digne de l’époque de Nikolaï Ivanovitch Iejov et note avec désolation et effroi l’interdiction d’accès à son site depuis le 16 février 2021 par un arrêté du ministre des postes et télécommunications Justin Gourna – Zacko, la vague d’intimidations, de violences verbales à l’encontre de la presse voire de menaces de mort adressées parfois anonymement, souvent à visage découvert ou à travers des messageries des réseaux sociaux. Ces tentatives d’entrave à la liberté de presse sont inacceptables dans une République comme le Centrafrique d’Aujourd’hui, trente années après l’alternance démocratique de 1993. De ce fait, toutes les victimes de menaces sont appelées se signaler et à porter plainte devant les juridictions compétentes pour permettre aux différents Syndicats de la corporation d’assurer un suivi coordonné, tôt ou tard.

Enfin, il est grand temps qu’en prélude à la République de Demain pour laquelle tout le monde se batte âprement, les responsables de partis politiques, de tout bord, doivent s’engager hic et nunc à éduquer davantage leurs militants sur les concepts de « Libertés de presse » dans un espace démocratique, ou à défaut à se démarquer publiquement et à se désolidariser officiellement de telles pratiques. Etant donné que les journalistes et techniciens de l’information et de la communication sont tenus de poursuivre la mission professionnelle qu’ils ont choisie, « celle d’Informer Librement et sans entrave aucune le Public de tout sujet qu’ils jugent utiles, dans les seules limites de la Loi et des règles professionnelles », et au regard de l’ampleur que prend ce phénomène, il sera procédé à la saisine des organisations internationales partenaires pour, le cas échéant, en cas de nécessité, entamer des poursuites hors du territoire centrafricain contre tout auteur d’actes de violence contre la presse centrafricaine, dûment identifié et localisé.

A ce titre, la Fédération internationale des journalistes (Fij), le Comité de protection des Journalistes (Cpj) de New York, Reporters sans frontières (Rsf) seront officiellement saisis ainsi que toute entité de défense de la liberté de presse en mesure d’endosser des poursuites pénales dans les juridictions autres que centrafricaines.

La rédaction

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