Centrafrique : »port sec du PK 26″: vers une forte mobilisation des recettes douanières au titre des exercices budgétaires à venir

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Le jeudi 29 décembre 2022, s’est déroulée la cérémonie de réception des travaux de construction du port sec du PK 26 sur la route de Boali. Placée sous le haut patronage du président de la République, Pr Faustin Archange Touadéra, du président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji, du premier ministre chef du gouvernement Félix Moloua, accompagné des membres de son gouvernement dont le ministre des finances et du budget Hervé Ndoba, des cadres du ministère des finances et du budget, des représentants des différents corps constitués de l’état, ainsi que des chefs des missions diplomatiques, elle avait pour but le lancement officiel des activités de ce terminal terrestre, en liaison commerciale et logistique directe avec le port de Douala au Cameroun.

C’est, conformément aux objectifs du gouvernement et dans l’optique de mobiliser les recettes fiscalo – douanières, indispensables à des réalisations d’investissements dans les domaines prioritaires que sont les infrastructures de base, l’école, la santé, gages de tout développement durable, sources d’emplois et créateurs de richesses, que le marché des travaux de construction de ce port a été attribué, en avril 2022, à une société libanaise dénommée « Mercure Logistique Centrafrique ». Cette étendue de terre bien aménagée appelée port sec passe pour un point stratégique dans la chaîne logistique et de distribution des marchandises en provenance de l’étranger et empruntant le corridor Douala – Bangui – Douala. A ce titre, elle favorisera l’interconnexion entre les différents ports de la sous – région, en l’occurrence celui de Douala, du Kribi, du Congo entre autres.

Selon le ministre des finances et du budget Hervé Ndoba, la République centrafricaine fait face depuis longtemps, conséquences logiques des maintes crises sécuritaires et militaro – politiques, à de sérieuses difficultés économiques. A cela s’est ajoutée la suspension pure et simple par des partenaires au développement, tels que la France et les institutions financières internationales, des appuis budgétaires au titre de l’exercice budgétaire 2022. Le gap qui en est résulté a négativement eu des répercussions sur le programme politique du gouvernement et la croissance économique dans plusieurs domaines. C’est donc pour pallier ces « tensions budgétaires » que les autorités ont élaboré et mis en oeuvre une politique de mobilisation des recettes publiques, notamment les recettes fiscalo – douanières, en vue de renforcer la caisse de l’Etat. In fine, c’est pour cette raison que les travaux de construction du port sec à PK 26 route de Boali, dont la finition est prévue pour cette fin d’année 2022, ont été lancés et entièrement financés sur les fonds propres du gouvernement.

Pour le ministre des finances et du budget Hervé Ndoba, cet édifice permettra de renflouer les caisses de l’Etat en cette période de difficultés financières. « Sur ce port sec de PK 26, nous allons désormais avoir les GPS qui sont extrêmement importants lorsque l’on veut contrôler les marchandises sur le territoire. Nous allons avoir des services douaniers et d’autres ministères tels que du commerce, des petites et moyennes entreprises et l’ensemble des services de l’Etat qui sont nécessaires à la gestion de ce port sec avec l’aide de notre partenaire. Je suis très satisfait de l’état d’avancement de ces travaux et avec tout ce que nous voyons, je crois qu’au bout de deux mois, ces travaux seront totalement terminés », a-t-il déclaré aux journalistes, lors d’une visite de chantiers effectuée le lundi 12 septembre 2022.

Quant au directeur général des douanes et des droits indirects Théodore Frédéric Inamo, il faut retenir qu’à travers ce port sec, considéré comme un centre unique de traitement, le gouvernement centrafricain escompte un accroissement de ses propres recettes publiques parallèlement à la baisse de la fraude fiscale, par les mécanismes des modes de gestion des magasins sous douane. Dans la mesure où les taux de réalisations des recettes douanières ont été pendant ces trois dernières années, au – dessus des prévisions inscrites dans les lois de finances, il va indubitablement de soi que sa mise en service permettra, en outre, au pays de maîtriser plus efficacement ses volumes d’échanges et ses statistiques nationales, lesquels constituent des indicateurs de croissance et un outil stratégique de politique économique. Passant pour un véritablement pool de développement se trouvant à la porte d’entrée de Bangui, vers le nord de la capitale centrafricaine, ce port sec pourrait accélérer la création d’une ville nouvelle, dotée de toutes infrastructures modernes. De ce fait, les recettes fiscalo – douanières goûteront aux externalités positives de la mise en œuvre de cet ouvrage.

C’est par conséquent la cérémonie de réception de ces travaux qui s’est déroulée le jeudi 29 décembre 2022. Les missions dévolues à ce port sec ont été définies par le président de la République dans son allocution, en ces termes :

« Le port sec de PK26 est conçu pour être connecté aux différents ports maritimes de la région, en particulier les Ports de Douala et de Kribi au Cameroun, le port de Pointe Noire au Congo etc., afin d’améliorer les services de la chaîne logistique dans notre pays. La localité de PK26 devient, ce jour, le lieu de regroupement des différents acteurs liés au commerce international et permet de fluidifier le trafic avec pour bénéfice, l’optimisation des coûts associés au transport des marchandises. L’ambitieux projet du Port sec de PK26 est inscrit dans la vision globale de mon mandat. Il permet d’améliorer la connectivité entre notre pays et les autres pays côtiers pour ainsi développer les échanges transfrontaliers. Je voudrais saisir cette opportunité pour féliciter le partenaire MERCURE LOGISTIQUE qui, dans le cadre du Partenariat Public Privé, a accepté de mettre en valeur ce site. Le Port sec de PK26 permettra de moderniser davantage les Douanes Centrafricaines à travers les nouveaux bâtiments qui abriteront la Direction Régionale n°1. Avec la mise en activité du Port sec de PK26, d’autres réformes envisagées vont rapidement être mises en œuvre, notamment : la migration du système informatique douanier SYDONIA++ à SYDONIA World ; le paiement électronique ; l’inter connectivité de tous les bureaux informatisés des Douanes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, notamment le Guichet Centrafricain de Transit à Douala ; l’interconnexion avec d’autres administrations douanières de la région, notamment avec le Cameroun ; l’interconnexion avec d’autres administrations publiques ou privées nationales, notamment la Direction générale des Impôts et des Domaines; la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique, les banques et les Commissionnaires en douanes ; la dématérialisation des procédures de dédouanement ; le déploiement des scanners pour les inspections non intrusives ; le suivi par géolocalisation (GPS) pour le tracking des cargaisons. Les atouts de du Port sec de PK26 sont énormes car, en dehors de l’espace plus grand qu’il offre permettant de désengorger le centre-ville de Bangui, de la disponibilité de tous les services en un même endroit, de l’installation des équipements nécessaires aux manutentions, il concourt à l’accélération des procédures avec réduction du temps des formalités. Il est également positionné sur le corridor Bangui-Douala qui assure plus de 80% de nos flux commerciaux. »

En définitive, comme nous l’avons annoncé un peu plus haut, les partenaires techniques et financiers de la République centrafricaine n’ont de cesse d’exiger du gouvernement la modernisation de l’administration financière comme l’une de ses priorités. C’est ainsi qu’après la construction de l’hôtel des impôts, le gouvernement s’est employé à la construction de l’hôtel des douanes et du port sec du PK 26 dans le but d’accroître la performance dans la mobilisation des ressources financières de l’Etat. L’hôtel des douanes est construit sur un espace de 1800 km² à proximité du département des finances. Cet immeuble est destiné à recevoir la nouvelle direction générale des douanes, les directions centrales et les services centraux, afin d’offrir aux cadres et agents des douanes la possibilité de travailler dans des meilleures conditions. Un satisfecit du ministre des finances et du budget, Hervé Ndoba, qui s’est déplacé pour s’enquérir de l’évolution des travaux. « Lorsqu’on demande aux soldats de l’économie de pouvoir faire des efforts et de mobiliser plus des recettes, il faut mettre à leur disposition des moyens qu’il faut. Ils doivent travailler dans des conditions requises afin qu’ils répondent aux exigences que le gouvernement leur a assimilé. Cet édifice participe à la mise en œuvre des moyens que le gouvernement entend mettre à la disposition de l’administration douanière », a indiqué le ministre Hervé Ndoba.

Il en sera de même pour le port sec de PK 26, gage d’un meilleur encadrement des flux des camions de marchandises en provenance du Cameroun à travers l’axe Douala-Bangui. Un moyen approprié de lutter efficacement contre les contrebandes et les multiples pratiques opaques de fraudes, de minorations et de détournements des recettes, au sein de l’administration douanière. « Le port sec de PK 26 a pour objectif de pouvoir encadrer le flux des camions des marchandises que nous recevons en provenance d’autres pays. Sa mise en service va nous permettre d’avoir un meilleur encadrement de ce flux des marchandises de façon à nous permettre de nous assurer que toutes les marchandises qui arrivent sur notre territoire soient contrôlées afin de limiter voire arrêter définitivement les cas de fraudes que nous constatons sur les camions qui entrent sur le territoire centrafricain et qui ne font pas toutes les procédures douanières. Je suis très satisfait de l’état d’avancement des travaux. Tout est presque prêt et la sécurité y est aussi. Nous envisageons déjà démarrer l’exploitation partielle de ce port sec à partir du 1er octobre », a martelé le ministre des finances et du budget Hervé Ndoba.

Afin de venir à bout de ces pratiques non – orthodoxes, des GPS seront installés pour contrôler et surveiller le flux des marchandises. Des services de l’Etat qui sont nécessaires à la gestion des recettes, à savoir les services douaniers, ceux du ministère des commerces et du département des petites et moyennes entreprises seront déportés surplace au port sec du PK 26 dont la construction est l’oeuvre du partenariat public-privé. La mise en services de ces édifices participera sans aucun doute à l’augmentation de la capacité de recouvrement des recettes fiscalo – douanières et sera un incontestable adjuvant pour le gouvernement de renflouer le compte unique du trésor public afin de faire face aux dépenses de souveraineté : le paiement régulier de salaire, de pensions, de bourses et la construction des services sociaux de base, indispensables à l’amélioration des conditions de vie de la population.

La rédaction

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