Centrafrique : vers la cinglante défaite des va – t’en – guerre et la victoire des « Terroristes »

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Centrafrique : vers la cinglante défaite des va – t’en – guerre et la victoire des « Terroristes »

Finie la détermination de l’Imposteur de Bangui à obtenir coûte que coûte un troisième mandat et une présidence ad aeternam vitam. Fini le refus de dialoguer avec l’opposition démocratique. Finie la politique de désinformation menée contre l’Onu, la Minusca et son personnel, la France, ses ressortissants, et ses intérêts stratégiques et économiques. Fini le déploiement des mercenaires du Groupe Wagner et rwandais contre les positions des rebelles de la CPC. Finies les propagandes contre la crise politique, institutionnelle et sécuritaire que vit le pays ces derniers temps et les tensions socio – économiques et humanitaires. Finie l’arrogance des pontes du régime sur l’émergence dont aucun Centrafricain ne semble voir l’utilité par rapport à son quotidien, dans son assiette et dans la qualité des différents services sociaux de base. Bientôt un vrai dialogue entre toutes les forces vives de la nation, les groupes armés y compris et un coup de balai énergique donné à ce régime de jouisseurs et de prédateurs ?

Ainsi donc, en moins de 72h, le temps des violents affrontements de Sikikédé et de Ndah, situé à 25 Km de Gordil sur l’axe Ndélé, et suite à la présentation sur les réseaux sociaux d’une vingtaine d’éléments des Faca faits prisonniers et bien traités par la CPC, selon le DIH et la Convention de Genève, l’Imposteur de Bangui toujours en mission de villégiature à Dubaï et sa galaxie hétéroclite ont soudainement mis pied à terre, après être réveillés de leur longue nuit de sommeil. La bête blessée, haineuse, qui voulait castrer les rebelles de la CPC qu’elle accusait de « terroristes » parce qu’ayant repris  les armes et réoccupé toutes les zones naguère sous leur contrôle, avant leur retrait en application des termes de la feuille de route de Luanda, en mars 2021, en s’attaquant systématiquement à toutes les positions des Faca et leurs supplétifs russes à travers le pays, en déversant à chaque attaque leurs colères enfouies sur leurs victimes, leurs espoirs déçus, et leurs désespérances longtemps cachées au tréfonds de leur quotidien sans espoir.

Bien entendu, sur cette question précise de dialogue vainement sollicité par les partis politiques de l’opposition et les principaux groupes armés jadis parties signataires de l’Accord de Paix de Khartoum du 6 février 2019, nous ne pouvons qu’être toujours réticents quand nous entendons des « spécialistes » et autres commentateurs parler d’un président pris en otage par son entourage, ses conseillers, auparavant de petits vendeurs de Kolas, à l’exemple d’un certain Bertrand Arthur Piri. On peut donc être élu par le peuple et gouverner sous la dictature de ses plus proches contre ce même peuple ? On peut donc promettre monts et merveilles à son peuple pour être élu et refuser ensuite d’entendre ses plaintes et complaintes ? On peut donc jouir – dans tous les sens du mot – sans vergogne, de la pauvreté de ses citoyens tout en l’anesthésiant de gros et grands projets, dont ses jeunes transformés en enfants – soldats et envoyés à l’abattoir tous les jours pour une guerre qui n’a aucun sens, si ce n’est pour la conservation de son pouvoir par tous les moyens, ne voient ni retombées pour leur quotidien  ni fléchage  pour se repérer dans la démagogie de ces parvenus sans cause ni mérite.

Et pourtant, avant et peu après la signature de l’Accord de Paix de Khartoum, l’Imposteur de Bangui envoyait régulièrement vers les principaux leaders de ces groupes armés son ministre de l’intérieur, un certain Wanzet Linguissara. Si tout le monde y voyait de réels signes de volonté pour la paix, en réalité il n’y en était absolument rien. C’était beaucoup plus pour mener dans les zones sous leur contrôle des activités d’exploitation de l’or et de diamants qu’à gérer la sécurité du pays en tenant compte des magmas sociologiques politiques. En marge de sa rencontre avec son homologue français Emmanuel macron et de sa participation à la 6ème conférence de reconstitution des ressources du Fonds Mondial, et ce, pour tromper et tenter de convaincre la diaspora centrafricaine, il n’avait pas un seul instant hésité à déclarer, le 19 octobre 2019, ce qui suit : « Si c’était à refaire, je le referais ». Pour parler de cet Accord de Paix et de la nomination des différents leaders des groupes armés à des hautes fonctions de l’Etat, en flagrante violation des dispositions de l’article 28 de la constitution du 30 mars 2016.

En ces temps – là, ces représentants des groupes armés n’étaient – ils pas des « terroristes » ? N’avaient – ils pas les mains pleines du sang des Centrafricains tués lâchement, pillés, violés, violentés, contraints à de permanents déplacements et condamnés à vivre comme des animaux, à consommer des racines et des tubercules et à boire de l’eau souillée ? Qu’est – ce que lui et ses communicants entendent par « terrorisme » ? Le terrorisme n’est – il pas l’emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique ? Les graves exactions et les crimes dont ces hommes armés se sont rendus coupables, à l’exemple des massacres d’Alindao, de Paoua, de Sécko, de Tagbara, de Bria et de Zémio pour ne citer que ceux – là, ne constituent – ils d’actes de violence, de l’extrémisme violent et du terrorisme ? Ceux qui les dénonçaient et les condamnaient n’étaient – ils pas traités comme des ennemis de la paix et de mercenaires de la plume qui devaient être arrêtés, jugés et condamnés pour « incitation à la haine et la violence » ?

Dans des airs hautains et méprisants, si raides et inquisiteurs, avec des gestuelles des roitelets menaçant leurs sujets, glaive et sabre à la main, Touadéra et ses hommes de basses besognes ne tarissaient pas de mots pour les injurier et les accuser de terroristes. O temps ! ô mœurs ! Le ridicule délit « d’appel à l’insurrection, menace de troubles à l’ordre public »  a donc été érigé en premier acte d’accusation d’un procureur, dont plus personne, sauf les deux palais : présidentiel et justice où officie le garde des Sceaux, ne donne un quelconque crédit. Dans le même temps, fort étonnement, les vrais terroristes sont protégés, à l’exemple du criminel Hassan Bouba, extrait de la prison par l’Imposteur de Bangui, alors que le procureur de la République, un certain Laurent Lengandé, fermait tout bonnement  les yeux sur les vidéos dans lesquelles des militaires en service commandé, excellaient à égorger au couteau de simples citoyens à mains nues en quête de leur pitance journalière, mais considérés comme des rebelles de la CPC.

Mais, voilà qu’au lendemain des violents affrontements de Sikikédé et de Ndah dont le bilan est très lourd pour les Faca, avec seize (16) morts et une vingtaine d’éléments pris en otages, les combattants de la CPC ne montrent pas, à la grande surprise de leurs détracteurs, des vidéos des cadavres des Faca ou celles dans lesquelles on pourrait les voir s’affairer  à arracher la tête d’un de leurs otages, mais plutôt des vidéos dans lesquelles ceux – ci sont bien traités, ont eu droit à la parole, ont lancé des appels aux autorités nationales, et seront remis à la Croix – Rouge comme l’exigent les dispositions du DIH et les termes de la Convention de Genève. De ce fait, qui est terroriste ? Ou qui est plus terroriste que qui ? Touadéra et son armée d’égorgeurs et de mercenaires ou Bozizé et ses rebelles de la CPC qui se battent pour la tenue d’un dialogue inclusif, la cessation des hostilités, le départ des mercenaires russes et rwandais, la réconciliation entre toutes les filles et tous les fils de ce pays, et le retour de la RCA dans le concert des nations ?

Sans aucun doute, au vu de ces images qui circulent ces derniers temps activement sur les réseaux sociaux, Bozizé et la CPC viennent de donner une belle leçon de paix, d’amour et de respect des droits de l’homme à l’Imposteur de Bangui et toutes ses hordes de prédateurs et de délinquants à col blanc. C’est la victoire des « Terroristes » et la défaite des « Va – t’en – guerre ». Désormais, l’Imposteur de Bangui est astreint à la négociation pour éviter de nouveaux violents affrontements, de nouvelles prises en otage, de nouvelles humiliations faites aux Faca, de nouvelles pertes gratuites en vies humaines, de nouveaux deuils dans de nombreuses familles et de nouvelles tensions sociales avec le risque d’une mutinerie.

À force donc d’ajuster des œillères en lieu et place d’une écoute attentive des signaux que lui  envoient ses concitoyens, de brandir le sabre contre les millions de « terroristes « qui squattent les rues de nos campagnes, pris en otage par les Faca et  leurs supplétifs russes et rwandais, Touadéra se prépare des lendemains cauchemardesques. Touadéra, que ses laudateurs qualifient « d’animal politique », fin politique et autres louanges surfaites, et qui se veut et se voit roi au royaume des « pharaons du Yam », vient d’apprendre à son corps défendant, qu’un royaume a besoin de sujets acquis à sa cause avec des bienfaits réels. Il doit comprendre qu’une dynastie ne peut pas se construire sur un malentendu historique : un pouvoir illégitime. Le temps des dynasties et autres royautés est terminé, enterré par des modernités qui s’appellent liberté, démocratie dans une République digne de ce nom pour laquelle des hommes et des femmes sont morts de 1990 à 1993.

Par conséquent, le Centrafrique ne sera plus comme avant devant ce vaudeville qui voulait masquer un complot d’État, qui devait conduire à l‘échafaud la Coalition des Patriotes pour le Changement qui condense pour le moment, les espoirs d’une jeunesse à qui on a donné comme choix, la mort dans les aventures désespérées des « Va – t’en – guerre », ou la désespérance dans nos villes et campagnes endormies dans un sommeil comateux profond. Le pays doit désormais et devra aller vers la réconciliation nationale ; c’est dire que les batailles de Sikikédé et de Ndah ne doivent plus accentuer les césures qui tracent, cisaillent, creusent chaque jour davantage, les lignes Maginot qui barricadent notre société à deux vitesses ; les hauts d’en haut qui s’enrichissent chaque jour outrancièrement et, ceux d’en bas qui se noient chaque jour d’avantage dans les profondeurs de la misère ; elles doivent plutôt impérativement  faire taire à jamais les discordances entre toutes les forces vives de la nation, fédérer les énergies, et créer un courant d’ondes positives indispensables à la renaissance de la République centrafricaine.

Une République debout !

Jean – Paul Naïba

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