Centrafrique : une pétition défie le président de l’Assemblée, Simplice Mathieu Sarandji

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Une pétition défie le président de l’Assemblée, Simplice Mathieu Sarandji

Une trentaine de députés ont demandé le limogeage de leur chef, Simplice Mathieu Sarandji, en réaction à l’annonce de la baisse de leurs indemnités mensuelles. Une protestation vue d’un bon œil par Évariste Ngamana, principal rival du président de l’Assemblée.

La première semaine de la session parlementaire, durant laquelle les députés s’apprêtent à voter les lois organiques des institutions de la VIIe république, a commencé péniblement pour Simplice Mathieu Sarandji (SMS). Le président de l’Assemblée nationale centrafricaine est la cible d’une pétition circulant dans les couloirs du Palais du peuple, et appelant à sa destitution.

Ayant appris la manœuvre, SMS a fait un malaise qui l’a tenu à l’écart des débats toute la semaine. Les signataires, une trentaine de parlementaires pour l’instant, sont issus de tous les bords politiques, et en particulier du parti présidentiel, le Mouvement des cœurs unis (MCU), dont SMS est le secrétaire exécutif. Ils reprochent à l’ancien premier ministre du président Faustin-Archange Touadéra d’avoir unilatéralement décidé une baisse importante de leurs indemnités mensuelles.

Manœuvres en sous-main

Si Gabriel Mary Raoul Follot, député de Bangui, est l’un des promoteurs de l’initiative, celle-ci est manœuvrée en sous-main par des figures du bureau de l’Assemblée nationale : le quatrième vice-président, Dieudonné Marien Djemé (Mouni), et surtout le premier vice-président, Évariste Ngamana.

Principal rival de SMS, ce neveu par alliance de Faustin-Archange Touadéra cache de moins en moins sa volonté de s’emparer du perchoir. L’inimitié entre les deux hommes, qui ponctue la vie parlementaire depuis trois ans (AI du 07/10/22), remonte à la campagne des élections législatives de 2020. Sarandji avait refusé l’investiture de Ngamana sous la bannière du parti, dont il était pourtant le porte-parole, le contraignant à se présenter dans la circonscription de Carnot en candidat indépendant. Leur rivalité amène Faustin-Archange Touadéra, qui refuse de choisir entre les deux ténors de sa majorité, à jouer le rôle d’arbitre.

Pour calmer la fronde des députés, le président centrafricain, bientôt en déplacement en Europe pour le sommet Italie-Afrique, a préféré geler la baisse des indemnités des députés jusqu’à son retour.

AI

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