Centrafrique : une nouvelle Bunagana vaste de 623.000 Km2 sous une occupation rwandaise marquée par une terreur rouge

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« Le silence qui entoure désormais l’occupation illégale des territoires entiers congolais par les armées rwandaise et ougandaise, interpelle les mouvements citoyens de la République démocratique du Congo. 366 jours de captivité d’une immense portion du territoire national où les populations sont soumises à la terreur et aux corvées au quotidien.

Par Landry Amisi

publié le 13 juin 2023 à 04:39:00

Le mouvement terroriste M23 qui aligne des soldats majoritairement de l’armée rwandaise, opère en toute impunité dans l’entièreté du territoire de Rutshuru, une importante partie de Nyiragongo et Masisi. Dans ces zones congolaises, les officiels rwandais se pavanent et terrorisent les Congolais, insultant et dénigrant le gouvernement de la République. Les éléments du M23 ont subitement changé d’apparence ; ceux qui étaient tout maigres, ont joufflu et ceux qui étaient mous, s’adonnent au bavardage médiatique. Plusieurs éléments M23 se dissimulent à volonté ; tantôt habillés en tenue des armées de l’EAC, tantôt en uniforme des Forces de Défense du Rwanda (RDF), tantôt en tenue de l’armée ougandaise (UPDF). Une cacophonie entretenue par les gouvernements des Etats membres de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (EAC).

Exploitation des ressources naturelles congolaises

Outre les nombreuses perceptions illégales aux postes frontaliers de Bunagana et tous les autres points d’entrée du territoire qui profitent à tous les États membres de l’EAC, la guerre du M23 est utilisée comme une ouverture anarchique à l’exploitation des ressources naturelles du Nord-Kivu. Le Rwanda et l’Ouganda y ont déployé à la fois du matériel militaire que des engins destinés à puiser des minerais et autres richesses du sol et du sous-sol.

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Ayant pris goût au pillage, l’EAC ne se gêne pas de partager le butin de guerre avec de jeunes recrues du M23 abandonnés à leur triste sort par une armée rwandaise discriminatoire qui ne nourrit que ses soldats et pousse les traîtres du M23 à se nourrir sur le dos des habitants apeurés.

L’ONU, principal parrain du M23 ?

Tous les témoignages recueillis jusqu’à présent attestent que le groupe M23 bénéficie des largesses de la communauté internationale représentée dans la région. Certains diplomates occidentaux basés en Ouganda et au Rwanda auraient d’ailleurs célébré les progressions militaires du Rwanda et de l’Ouganda à l’intérieur du Congo afin, estiment-ils, de faire fléchir le gouvernement congolais. C’est ce qui avait justifié les propos polémiques du secrétaire général des Nations unies estimant que la Monusco (mission onusienne) ne peut pas battre le M23 parce que ce mouvement dispose des armes plus modernes et sophistiquées.

En mars dernier, Antonio Gutteres a rendu public son rapport préliminaire sur la situation en RDC. Dans ce document, qui couvre la période du 1er décembre 2022 au 20 mars 2023, il décrit une situation alarmante, particulièrement dans trois provinces de l’est de la RDC, avec une forte augmentation de la violence perpétrée principalement par les Forces alliées démocratiques (ADF), la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) et le Mouvement du 23 mars (M23). Le samedi 4 mars à Kinshasa, Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi étaient revenus, au cœur d’une conférence de presse commune, sur le conflit dans l’est de la RDC qui oppose les rebelles du M23 à l’armée congolaise. “Ce que nous attendons du Rwanda et des autres (acteurs), c’est de s’engager et de respecter les rendez-vous qu’ils se donnent sous la supervision des médiateurs. S’ils ne respectent pas, alors oui, il peut y avoir des sanctions, je le dis très clairement”, avait averti le président français, Emmanuel Macron.

Aucune condamnation officielle du Rwanda pour son soutien aux rebelles du M23, mais de nouvelles mises en garde avaient été formellement affirmées. Depuis lors, les dirigeants de la région des Grands lacs se méfient les uns des autres sans parvenir à une entente parfaite. D’ailleurs, Félix Tshisekedi et Paul Kagame s’évitent et s’imposent une distanciation diplomatique.

Triste anniversaire pour Bunagana

Nicole Kavira, coordonnatrice du Mouvement des indignés de la situation sécuritaire de la République démocratique du Congo, appelle les Congolais à une grande mobilisation ce mardi. Nous disons que 1 an d’occupation et de tueries par les RDF, les UPDF, le M23, les ADF et les armées du monde (EAC, Monusco, SADC), le spectre même de la balkanisation est à son comble. À Bunagana, Rutshuru, Masisi, Beni, Ituri, Sud-Kivu, Maï-Ndombe, Kwamouth, Maluku et j’en passe. Sous une distraction honteuse des autorités politiques et militaires qui se spécialisent actuellement plus dans les alertes et une diplomatie maladroite, en lieu et place d’organiser et équiper les FARDC pour mener les offensives foudroyantes. Voilà pourquoi le Mouvement des Indignés de la situation sécuritaire appelle à des rassemblements pour s’approprier les mécanismes de sécurisation populaire afin de protéger nos vies et nos terres. Le rendez-vous est fixé au 13 juin 2023, dans toutes les villes du pays pour dénoncer le complot international. C’est-à-dire, le Mouvement des indignés avec la dynamique des mouvements citoyens invite la population congolaise à effectuer un grand rassemblement le 13 juin 2023 dans toutes les villes du pays pour dénoncer ce complot international. »

Comme à Bunagana, la République centrafricaine, pays de B. Boganda, de David Dacko, du général d’armée André Kolina, de Ange Félix Patassé, et du général d’armée François Bozizé Yangouvondo, est sous occupation de l’armée rwandaise, depuis 2018. En effet, afin de s’octroyer une présidence à vie à la tête de notre pays, celui qui était pourtant déclaré élu, suite à des élections groupées de 2015, marquées singulièrement par des actes de graves irrégularités, et grâce aux bénédictions de son principal challenger Anicet Georges Dologuélé qui voulait donner une nouvelle chance à la paix, aux cessations des hostilités et à la réconciliation nationale, avait contre attente décidé, sur instructions de ses conseillers militaires du Groupe Wagner, de signer un Accord de Défense avec la République du Rwanda.

C’est en application de cet Accord de Défense que Kigali avait déployé plusieurs milliers de ses forces spéciales en Centrafrique, avant pendant et après les scrutins du 27 décembre 2020, sous prétexte de sécuriser le déroulement du processus électoral, mais en réalité pour assurer la passage en force de Touadéra et lui servir de garde prétorienne. En contrepartie de la présence de ces soldats rwandais, des permis léonins ont été concédés, en flagrantes violations des dispositions de la constitution relatives à l’autorisation préalable de l’Assemblée nationale, à l’Etat rwandais dans les domaines minier et forestier.

Au lendemain de la reprise des hostilités par les rebelles de la Coalition des Patriotes pour le Changement et l’attaque de la ville de Bangui, le 13 janvier 2021, ces forces rwandaises en appuis aux FACA et aux mercenaires du Groupe Wagner ont été déployées dans nos préfectures, nos sous – préfectures, nos communes et nos villages, sous l’occupation des groupes armés. Si, selon des rapports du Groupe de Travail des Experts de l’Onu, il a été établi que des charges de graves exactions, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ont été retenues contre les Faca et les mercenaires du Groupe Wagner, tout a été fort étonnement mis en œuvre par les experts rwandais qui occupent des hautes fonctions au sein de la Minusca dont la représentante est une rwandaise qui prend ses directives, non pas du secrétaire général de l’Onu, mais plutôt d’un certain Paul Kagamé et qui lui rend personnellement compte, d’une part, et à la tête ou dans les institutions internationales accréditées en République centrafricaine, d’autre part, pour effacer toute trace d’un quelconque acte de culpabilité et de responsabilité de ces soldats dans d’innombrables actes criminels commis sur des populations civiles sur notre territoire.

Après la visite de travail effectuée à Kigali, le 8 juin 2023, par l’Imposteur de Bangui en quête d’argent pour financer le référendum constitutionnel du 30 juillet 2023 et de nouveaux moyens humains, logistiques, matériels et militaires pour s’opposer au mouvement de libération nationale, conduit par l’ancien chef d’état de transition Ferdinand Alexandre Nguendet à la tête du Collectif des Officiers Libres des Forces Armées Centrafricaines « COFAC », Paul Kagamé a accepté de supporter le déroulement du processus référendaire dont les dépenses sont estimées à plus de 4 milliards de Fcfa, et d’envoyer en Centrafrique plus de 3.000 hommes supplémentaires pour combattre les rebelles de la CPC et du COFAC. Tout naturellement contre la tokénisation de nos ressources naturelles et foncières à des taux préférentiels.

Au regard du droit international, la situation de la République centrafricaine face à l’occupation de l’armée rwandaise, utilisant la force contre des hommes et des femmes qui ont pris des armes pour exprimer leur misère et dénoncer la tyrannie du régime de Bangui, est non seulement contraire aux us et coutumes établis, mais surtout peut être appréciée comme ce qui se passe actuellement en Palestine où l’augmentation du recours illégal à la force, en 2021, et l’impunité généralisée ont été constatées, d’après un rapport de l’Onu.  L’observatrice de l’État de Palestine s’en est insurgée, ainsi qu’il suit : « Israël, Puissance occupante, continue de délier les mains des colons terroristes en leur permettant de tuer les Palestiniens aux yeux de tous, en détruisant leurs maisons et leurs infrastructures de production, et en s’en prenant aux terres agricoles, aux arbres fruitiers et aux oliviers, pierres angulaires de l’économie palestinienne depuis des siècles ».

Comme en Palestine, la force occupante rwandaise multiplie la colonisation sur les territoires occupés, avec des encouragements financiers qui attirent davantage de colons rwandais, de nouveaux opérateurs économiques, comme à Bangui au quartier Sica – Benz – Vi, de nouveaux propriétaires terriens dans les préfectures situées en face de la RDC  afin de prendre de revers les troupes congolaises, le moment venu, de nouveaux explorateurs et exploitants miniers et forestiers, de nouveaux centrafricains qui parlent Sango avec un accent ésotérique, et de nouveaux militaires au nez aquilin, à l’exemple de celui d’un certain Touadéra.

 

La rédaction

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