Centrafrique : un rassemblement de la Diaspora à Paris le 20 janvier 2024 contre le système autoritaire

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RCA | UN RASSEMBLEMENT DE LA DIASPORA À PARIS CONTRE LE SYSTÈME AUTORITAIRE EN CENTRAFRIQUE

Bangui (République centrafricaine) – Depuis le 30 août 2023, date à laquelle le président Faustin Archange Touadera s’est octroyé les pleins pouvoirs constitutionnels (pour une durée illimitée), les Centrafricains vivent au rythme d’un autoritarisme grandissant. Au cours de l’année écoulée, le pouvoir de Bangui a fait emprisonner des dizaines de ses
opposants et détracteurs, alimenté la xénophobie à l’encontre de la communauté Gbaya, menacé les activités de la société civile et des journalistes et met en coupes réglées la justice. Cette situation est-elle vouée à perdurer ? La Diaspora centrafricaine de France et
d’Europe ne l’entend pas de cette oreille et s’organise.

SERIE D’ARRESTATIONS CHOQUANTES

Il a suffi des séries d’arrestation et d’intimidation opérées en toute illégalité par la police politique et des magistrats manipulés par Bangui pour exposer la nature autocratique du régime de Bangui. Le 18 décembre 2023, un communiqué de presse du parquet
de Bangui diffusé, sous pression et face aux nombreuses critiques de l’opposition, a suffi pour soulever la colère et l’indignation de la Diaspora dans une affaire de violations
des droits de l’homme et privation des libertés. L’affaire Dominique Euphrem Yandocka ; un déclic nécessaire qui va faire monter en puissance les lanceurs d’alerte de la diaspora française dont Rodrigue Prudence Mayté dit Kerembesse, sa clique de 12 Apôtres et des personnalités indépendantes que politiques.

L’affaire Dominique Yandocka, c’est une saga politico-judiciaire entamée le 15 décembre 2023 avec l’arrestation arbitraire du politique et député de la nation Yandocka, malgré son immunité parlementaire, accusé par Bangui de planifier le renversement de l’ordre constitutionnel par un coup d’État. S’en suit, une tentative d’arrestation du couple Annie et Brice Molomadon par les forces de l’ordre, dans la nuit du 28 au 29 décembre 2023 aux
environs de 03 heures du matin. Le couple de députés résidents dans la localité de Bimbo à Bangui est suspecté par Bangui de préparer un complot d’atteinte à la sureté intérieure de l’État. Et le 03 janvier 2024, une 3ème arrestation va faire de nouveau les gros titres de la presse locale. Ce jour, la préfecture de la Nana-Mambéré, à elle seule, a été le théâtre d’une série d’arrestations choquantes impliquant des figures locales de premier plan,
notamment le commandant de la région militaire nord-ouest et le maire de la ville de Baboua. Les responsables de ces arrestations musclées ? Les mercenaires russes du
groupe Wagner, dont l’influence et les actions suscitent de nombreuses réactions dans le pays. Et le 17 janvier 2024, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Karim Meckassoua, est condamné à perpétuité et à la saisie de ses biens. Il était poursuivi pour, entre autres, atteinte à la sûreté intérieure de l’État, accusé de collusion avec les rebelles de la CPC.

CENTRAFRIQUE, L’AGONIE D’UNE DEMOCRATIE

Les faits de violation des droits, des repressions et des intimidations auxquels l’opposition politique fait face dans un contexte de tensions politiques accrues sont fortement liés à la nature du pouvoir de Bangui sous le régime politique de Faustin Archange Touadera.
L’opposition ciblée ne rate aucune occasion de révéler des enlèvements et des menaces ciblés, des discours de haine et d’incitation à la violence, ainsi qu’un usage excessif
de la force contre des manifestants pacifiques. ‘’L’année 2023 a été marquée par la mise à mort de la démocratie dans le pays. Des démocrates dont le tort est de travailler
à la restauration de la démocratie, ont été condamnés, en violation des règles élémentaires
des droits de la défense’’, dénonce Crépin Mboli Goumba, coordonnateur du Bloc Républicain pour la défense de la Constitution au micro de RFI, le 30 décembre 2023.
‘’ Huit ans après le retour à l’ordre constitutionnel, le président Touadera pose les bases d’une nouvelle dictature et agite l’épouvantail xénophobe. La Centrafrique, c’est l’agonie
d’une démocratie’’, constate un membre de la diaspora centrafricaine de France en séjour à Bangui.

Centrafrique, réputée record de tous les négatifs, connait davantage une régression en termes de droits humains et d’État de droit au cours de l’année 2023 en l’absence de réels contrepouvoirs face au pouvoir du président Touadera. Le gouvernement a pris de nouvelles mesures pour étouffer la libre expression, poursuivre des dissidents et réprimer des voix opposées au déficit de gouvernance tous azimuts en cours. Pour le Président du
Conseil de Résistance et de Transition, Pr Jean-François Akandji-Kombé, Touadera a réussi ‘’l’installation d’une dictature de la pire espèce, bien décidée à éliminer les fils et les filles de ce pays qui oseraient critiquer son pouvoir ou seulement se plaindre des conditions misérables que ce régime fait vivre aux centrafricains’’, a-t-il déclaré le 31 décembre 2023.

PARODIE DE CONDAMNATION

En Centrafrique, la justice est gravement érodée et les efforts visant à la promouvoir à l’échelle nationale sont sapés par les politiques et pratiques du gouvernement. Dans l’affaire Meckassoua contre le ministère public devant la cour criminelle, l’influence du politique et la manipulation des décisions des juges sont visibles et démontrent un acharnement judicaire. ‘’… Le jugement, disons la décision qui a été rendue par la cour criminelle, ce n’est pas une décision de justice, c’est un service qui a été rendu au pouvoir en place et qui n’engage pas du tout mon client’’, dénonce Maitre Nicolas Tiangaye qui assure la défense de Karim Meckassoua. ‘’… Des pressions ont été exercées sur les juges pour qu’aujourd’hui, on arrive à une parodie de condamnation de Karim Meckassoua à
la peine de réclusion criminelle à perpétuité’’, poursuit le bâtonnier spécialisé des procès politiques. ‘’Pour nous, c’était prévisible. Mais le combat pour la justice se poursuit, le combat pour la légalité, la primauté du droit va se poursuivre’’, a-t-il conclu.

Le rassemblement du 20 janvier prochain à Paris doit marquer l’histoire, espèrent les
Centrafricains de France. Les organisateurs tiennent à assurer une grande mobilisation
afin de sensibiliser l’opinion locale et internationale sur les dérives totalitaires du pouvoir de Bangui, ses lourdes de conséquences sur les populations, et surtout le caractère exclusif de la politique pratiquée par Faustin Archange Touadera. Comme souligne l’ancien ministre centrafricain de la Communication et expert en géopolitique, Adrien Poussou, dans une chronique consacrée à l’affaire Meckassoua :‘’à l’évidence, M. Touadera ne fait même plus semblant de respecter quelques principes de base de notre République ; il use et abuse de
l’arbitraire’’ fait-il constater. ‘’Cependant, il aurait tort de ne pas se donner la peine de méditer sur ces paroles de sagesse du Prix Nobel Élie Wiesel : « la haine est inutile ».
Lui, qui a déjà rompu le pacte républicain. Pour qui connaît l’histoire de la République centrafricaine, tous ceux qui ont infligé de l’injustice aux autres ont fini par raser les murs’’,
tient à rappeler Poussou.

Le 20 janvier 2024, la mobilisation devant l’ambassade de Centrafrique à Paris sera le rendez-vous des démocrates et des résistants qui entendent briser la tyrannie en Centrafrique. Le dernier avait eu lieu, le 17 juin 2023, à l’initiative des 12 Apôtres avait mobilisé environ 500 personnes à la place Trocadero. La justice était au cœur des interactions entre les manifestants.

@RcaAxiom

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