CENTRAFRIQUE : UN CONDAMNÉ Á LA TÊTE DE LA MAIRIE DE BANGUI

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CENTRAFRIQUE : UN CONDAMNÉ Á LA TÊTE DE LA MAIRIE DE BANGUI
Par Cyrus-Emmanuel SANDY
[Le délinquant « Maire » de la Ville de Bangui Emile Gros Raymond NAKOMBO condamné par le Tribunal correctionnel de Bangui ]
On le savait déjà de mauvaise moralité et un prisonnier en sursis à cause de sa gestion peu orthodoxe des ressources matérielles et financières de la mairie de Bangui à la tête de laquelle il trône depuis bientôt sept (7) ans sans aucun bilan positif. Vous l’aurez deviné, il s’agit de l’inénarrable Emile Gros Raymond Nakombo, l’homme politique centrafricain abonné aux scandales.
De sources généralement bien informées, la décision de sa condamnation judiciaire est tombée le mercredi 03 mai dernier: UN (1) AN D’EMPRISONNEMENT ASSORTI DE SURSIS ET UNE AMENDE DE CINQ (5) MILLIONS DE FCFA. Motifs : Diffamation et dénonciation calomnieuse contre la personne de sieur Donatien MALEYOMBO, ministre, chef de cabinet civil particulier à la Présidence de la République.
DES FAITS
D’après l’accusation et les débats à l’audience publique, Emile Gros Raymond de Nakombo, actuel président de la Délégation spéciale de la Ville de Bangui, ancien président national de la jeunesse du parti unique le RDC, ancien directeur général adjoint de la Banque populaire maroco-centrafricaine (BPMC), ancien directeur général de la Compagnie d’exploitation du tabac en Centrafrique (CETAC-Ngamboula), ancien député de Berbérati 1, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2011 (candidat du parti RDC) et 2016 (candidat indépendant), membre de la majorité présidentielle, avait fait appel en 2022 à un groupe de jeunes activistes des médias et des réseaux sociaux à qui il avait remis la somme de cent mille francs (100.000 F) CFA pour « salir » sieur Donatien Maléyombo ès qualités, c’est-à-dire dans ses fonctions officielles de proche collaborateur du chef de l’Etat. Avec la promesse de leur donner des millions s’ils matraquaient bien le ministre Maléyombo.
Le prétexte avancé par le natif du village Nakombo était que :
1) le ministre Donatien Maléyombo serait auteur de détournement de bus donnés gratuitement par des partenaires sud-coréens à la mairie de Bangui ;
2) le ministre Maléyombo brillerait par une incompétence notoire et des actes de malversations à la présidence de la République ;
3) le ministre Maléyombo chercherait à déstabiliser la mairie de Bangui en « mettant les batons dans les roues » du premier citoyen de la Ville de Bangui, le nommé Emile Raymond Gros Nakombo.
Tout était donc parti pour une cabale médiatique en boucle contre le CCAB particulier du chef de l’Etat.
Seulement voilà, parmi les gens manipulés par le « maire » Nakombo, il y en a eu 1 ou 2 qui n’étaient pas convaincus de la posture de Nakombo, surtout que lui-même et le CCAB sont censés être des partisans du chef de l’Etat et défenseurs du régime. Aussi, étaient-ils partis tout raconter à la cible de Nakombo qui, sans tarder, avait appelé Nakombo au téléphone pour se plaindre de son comportement, non sans lui annoncer qu’il va se plaindre en Justice pour que son honneur soit lavé, surtout que des médias et réseaux sociaux payés par Nakombo avaient déjà commencé à « salir » le ministre Maléyombo.
Une plainte en bonne et due forme est déposée en conséquence auprès du tribunal de grande instance de Bangui mais les audiences ont été reportées plusieurs fois à cause des manœuvres dolosives et dilatoires de Nakombo qui aimait jouer à l’abonné absent. Après la dernière audience au cours de laquelle les règles du contradictoire ont été observées par toutes les parties en présence, le verdict est tombé net comme un couperet le mercredi 03 mai dernier: le tristement célèbre « maire » de Bangui écope d’un (1) an de prison avec sursis et d’une amende de cinq (5) millions de FCFA.
RÉFLEXIONS SUR LA SENTENCE ET SES CONSÉQUENCES LOGIQUES
C’est peu comme peine, peut-on dire, vu les qualités officielles de l’auteur de ces délits. Il est en effet indigne d’un Premier Citoyen et Premier Magistrat d’une commune de s’adonner à des comportements de bas étage tels que la diffamation et la dénonciation calomnieuse, surtout à l’égard d’une haute personnalité de la présidence de la République, laquelle est par ailleurs la 3è personnalité de la première institution de la République.
En s’en prenant au ministre CCAB particulier de la présidence qu’il traite de tous les noms d’oiseau, Nakombo ne s’en prend-t-il pas indirectement au chef de l’Etat qui est l’autorité de nomination à toutes les fonctions à la présidence ?
En taxant le CCAB de la présidence de détourneur de biens publics, n’est-ce pas la présidence de la République qu’il expose ainsi dangereusement surtout dans un contexte où le pays traverse des moments difficiles ?
Quel intérêt a-t-il à mentir au nom d’un proche collaborateur du chef de l’Etat qui, comme lui, a bénéficié de la confiance du chef de l’Etat pour être là où il est depuis sept ans ?
Et pourquoi Nakombo a-t-il toujours fui les audiences jusqu’à la date annoncée pour le délibéré ?
Emile Gros Raymond de Nakombo est-il bien placé dans ce pays pour accuser quelqu’un de détournement de biens publics ?
Lorsqu’on sait que sa gestion de la chose municipale de la capitale lui a valu :
-plusieurs fois le rejet, par les conseillers municipaux pendant les sessions du conseil municipal, des comptes administratifs et de gestion de la mairie ;
-des accusations frontales et publiques du maire du 3è arrondissement portées contre Nakombo sur des faits avérés de détournement des recettes du marché Km5, et autres malversations révélées par les médias indépendants locaux sur la mauvaise gouvernance de Nakombo ayant entraîné des retards dans le paiement des salaires du personnel et la prise en charge des travaux de nettoyage de la capitale par un comité gouvernemental, en lieu et place de la mairie dont c’est pourtant le rôle (faits jamais démentis par l’accusé dans la meilleure forme que celle utilisée par les personnalités et médias qui l’accusent) ;
-la demande de limogeage de Nakombo formulée de vive voix par les députés de la nation lors des séances parlementaires publiques consacrées à l’interpellation du gouvernement ou des ministres sectoriels, et son ancien ministre de tutelle Augustin Yangana-Yahoté,
on a envie de dire « lui là aussi » ?
Avec cette condamnation qui est de nature infamante, et même si Nakombo interjetait appel, le président Touadéra devrait tirer toutes les conséquences politiques de cette sentence en déchargeant son ami des fonctions officielles qu’il assume honteusement et indécemment depuis sept (7) ans. On ne peut pas vivre dans une république en faisant fi des questions d’honneur et de dignité républicaine.
Touadéra a dorénavant la responsabilité de choisir entre un ami et la République, entre un camarade et l’Etat. Le choix n’est pas cornélien.
Affaire à suivre.
Par Cyrus-Emmanuel Sandy
Source: MEDIAS PLUS N°2992 du Lundi 08 Mai 2023
NDLR: Voici l’extrait du verdict sans appel du Tribunal correctionnel de Bangui :
« (…)
LE TRIBUNAL,
Statuant publiquement et contradictoirement à l’égard de la partie civile Maleyombo Donatien et réputé contradictoire à celui des prévenus ;
SUR LE PLAN PÉNAL :
-Relaxe les prévenus DIMBELET Fernand, NDOKOBANDA YAKON Roy, OUANDEZAN Karl, ABDOURAMAN BASSIT Yaya, DACKOU Mac Laurin et NAKOMBO Emile Gros Raymond du chef d’accusation de dénonciation calomnieuse pour infraction non constituée;
INFRACTION:
-les déclare par contre coupables du délit de diffamation;
-leur accorde des circonstances atténuantes ;
EN REPRESSION :
-Les condamne à 12 mois d’emprisonnement assorti de sursis et 50.000 F CFA d’amende chacun ;
SUR LES INTÉRÊTS CIVILS :
-Reçoit MALEYOMBO Donatien en sa constitution de partie civile et l’y déclare fondée;
-Condamne solidairement les prévenus DIMBELET Fernand, NDOKOBANDA YAKON Roy, OUANDEZAN Karl, ABDOURAMAN BASSIT Yaya, DACKOU Mac Laurin et NAKOMBO Emile Gros Raymond à lui servir la somme de 5 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts;
-Les condamne solidairement aux dépens.
(…) »

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