Centrafrique: un aéronef inconnu bombarde un camp militaire à Bossangoa

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Centrafrique: un aéronef inconnu bombarde un camp militaire à Bossangoa

Un camion dans la base avancée de Bossangoa, une ancienne usine chinoise de coton lorsque celle-ci était occupé par l'armée française lors de l'opération Sangaris en 2013 (Image d'illustration).
Un camion dans la base avancée de Bossangoa, une ancienne usine chinoise de coton lorsque celle-ci était occupé par l’armée française lors de l’opération Sangaris en 2013 (Image d’illustration). © RFI/Olivier Fourt

Interrogations et incrédulité à Bossangoa, nord-ouest de la Centrafrique, après le réveil en sursaut causé dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 novembre par de fortes détonations en provenance du camp militaire des forces armées centrafricaines (Faca) et des paramilitaires russes de Wagner. Le gouvernement a affirmé ce lundi soir 28 novembre qu’un avion non identifié avait bombardé le site, sans faire de victimes.

Selon le communiqué publié par le ministre de la Communication Serge Djorie, un aéronef a largué des explosifs peu avant 3h du matin sur la ville de Bossangoa, ciblant le campement militaire et l’ancienne usine de coton, avant de repartir vers le nord et de traverser la frontière.

La « cellule coton » abrite depuis des années des forces militaires : Français de Sangaris, casques bleus de la Minusca ; puis Forces armées centrafricaines (Faca) et paramilitaires de Wagner depuis la reprise de la ville des mains de la rébellion CPC en février 2021. Ils en ont fait une base importante pour les régions nord et ouest du pays.

Localisation de la ville de Bossangao.
Localisation de la ville de Bossangao. © RFI

Des dégâts matériels, mais pas de victimes

Des témoins sur place ont confirmé deux passages en pleine nuit d’un aéronef non identifié, suivis d’intenses détonations en provenance du camp. Des tirs à l’arme lourde et à l’arme légère ont été entendus jusqu’à l’aube. Des projectiles ont été retrouvés dans l’ancienne usine, sur le terrain de football attenant, et dans la concession voisine, du directeur des Eaux et Forêts. Un témoin joint par l’AFP dit avoir retrouvé des bouts de fer dans la toiture de sa maison.

Le maire de Bossangoa, qui confirme l’attaque, évoque la présence d’un avion sans lumière et faisant peu de bruit. Il ajoute que la cible était bien l’usine de coton utilisée par les Faca et les mercenaires russes de Wagner.

Aucune victime n’est à déplorer. Le communiqué du gouvernement confirme que d’importants dégâts matériels ont été constatés. Il ajoute qu’une enquête a été ouverte. Le gouvernement dénonce « un acte ignoble perpétré par les ennemis de la paix et qui ne restera pas impuni ».

Un communiqué de presse de la plateforme de la coordination de la Galaxie nationale centrafricaine, proche du pouvoir, a immédiatement rédigé un communiqué dans lequel elle parle de « déclaration de guerre de la France génocidaire ». Une accusation vivement réfutée par Paris. L’état-major des armées indique qu’il n’y a aucune activité militaire française en RCA.

De source locale, la ville de Bossangoa n’avait pas connu d’alerte sécuritaire ces derniers mois.

Aujourd’hui, les regards se portent vers les groupes rebelles mais une action aérienne de leur fait serait une première. Joint ce lundi, un cadre du groupe armé CPC, qui opère dans la région, a nié tout lien avec cette attaque.

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