Centrafrique : »Tueries de Boyo, Tagbara, Aïngbodo et Goya dans la Ouaka » : il est temps d’intenter des actions en justice contre Mankeur Ndiaye et la Minusca

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Peu avant et quelques jours après l’exfiltration du ministre Hassan Bouba, ancien haut cadre du groupe armé UPC, arrêté et inculpé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cour pénale spéciale, courant mi – novembre 2021, l’actualité centrafricaine est régulièrement marquée ces derniers temps par des nouvelles des tueries des populations civiles à Boyo, Tagbara, Aïngbodo et Goya situé à 45 Km de Gbokologbo sur l’axe Kouango, dans la préfecture de la Ouaka.

Ces attaques d’une rare barbarie ont été perpétrées par les mercenaires russes du Groupe Wagner et des Anti – Balaka formellement identifiés par des sources locales indépendantes crédibles comme appartenant à l’aile Touadéra. Si des informations en notre possession font état à Boyo de 15 morts, de nombreux blessés, des cas d’amputations, de vols, de viols, de destructions d’habitations ainsi que le déplacement de près de 1 500 personnes, le bilan serait, par contre, beaucoup plus lourd dans les autres localités où l’accès est très difficile, selon des témoignages des rescapés qui ont réussi à joindre Bambari.

Mais aussi invraisemblable, révoltant et injustifiable que cela puisse paraître, ces atrocités ont été commises dans une zone déclarée sans arme par le conseil de sécurité et parfaitement contrôlée par les forces onusiennes de la Minusca. Dotées de moyens militaires conséquents, celles – ci ont l’impérieuse obligation, conformément aux termes de la résolution 2149 du 10 avril 2014, d’assurer la protection des populations civiles en proie aux attaques des groupes armés. Le 12 novembre 2021, cette noble mission a été renforcée par la résolution 2605 du conseil de sécurité à la demande du secrétaire général de l’Onu.

Seulement si inacceptable et inexplicable soit – il, ces crimes de guerre et ces crimes contre l’humanité ont été pensés, planifiés, organisés et exécutés au vu et au su de la Minusca et des forces onusiennes, restées étrangement l’arme aux pieds. Et ce n’est que quelques jours plus tard, précisément le dimanche 19 décembre 2021 que le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu Mankeur Ndiaye a décidé de réagir à la manière d’un médecin intervenant après la mort, et d’informer par la publication de deux Déclarations l’opinion nationale et internationale sur ce qui s’est passé dans cette partie de la République centrafricaine. Comme s’il avait peur d’ordonner à ses troupes de recourir à la force, comme l’exigent la charte de l’Onu et les termes des résolutions sus – évoquées, contre ces mercenaires du Groupe Wagner dont le départ a été vivement argué par le Groupe des Experts de l’Onu et dont les principaux responsables viennent d’être sanctionnés par l’Union européenne. Non seulement, cet acte d’une extrême gravité n’est rien d’autre qu’un acte de non – assistance à des personnes en danger, mais surtout il constitue pour le diplomate sénégalais une faute lourde dans l’exercice de ses fonctions, celles de faire appliquer les termes des résolutions 2149 et 2605.

Afin que nul n’en ignore, nous publions ci – dessus l’intégralité des tâches prioritaires dévolues à la Minusca par le conseil de sécurité, le 12 novembre 2021 :

« Tâches prioritaires

  1. Décide que le mandat de la MINUSCA comportera les tâches prioritaires suivantes :
  2. a) Protection des civils
  3. i) Protéger, conformément à la déclaration de sa présidence en date du
    21 septembre 2018 (S/PRST/2018/18) et sans préjudice de la responsabilité première des autorités centrafricaines et des principes fondamentaux du maintien de la paix, la population civile qui se trouve sous la menace de violences physiques ;
  4. ii) Appliquer pleinement sa stratégie de protection des civils en coordination
    avec les autorités centrafricaines, l’équipe de pays des Nations Unies, les organismes d’aide humanitaire et de défense des droits humains et les autres partenaires intéressés ; iii) Prendre des mesures actives, en appui aux autorités centrafricaines, pour anticiper, écarter et contrer efficacement toute menace grave ou crédible visant la population civile selon une approche globale et intégrée, et à cet égard : – Assurer une protection efficace et dynamique des civils se trouvant sous la menace de violences physiques selon une démarche globale et intégrée, notamment en anticipant, dissuadant et faisant cesser toutes les menaces de violences dirigées contre la population, en consultation avec les communautés locales, et en appuyant ou engageant des initiatives de médiation locale pour empêcher l’intensification de la violence, conformément aux principes fondamentaux du maintien de la paix, et les flambées de violence entre groupes ethniques ou religieux rivaux ; – Améliorer ses relations avec la population civile, renforcer ses mécanismes d’alerte rapide, redoubler d’efforts pour détecter et constater les violations du droit international humanitaire, les violations des droits humains et les atteintes à ces droits, et renforcer la participation et l’autonomisation des communautés locales ; – Maintenir un déploiement préventif et une présence mobile, flexible et robuste, y compris en organisant des patrouilles actives, en particulier dans les zones à haut risque ; – Atténuer les risques auxquels sont exposés les civils avant, pendant et après toute opération militaire ou policière, notamment en surveillant, en prévenant et en limitant au minimum les dommages que peuvent causer aux civils les opérations, la présence et les activités de la Mission et en y remédiant, y compris en ce qui concerne les opérations menées en appui aux forces nationales de sécurité ; – Collaborer avec les autorités centrafricaines pour recenser et signaler les menaces et les attaques dirigées contre des civils, mettre en œuvre les plans de prévention et d’intervention existants et renforcer la coopération civilo-militaire, y compris la planification conjointe ;– Aider les autorités centrafricaines à prévenir, atténuer et combattre la menace que représentent les engins explosifs ; iv) Apporter une protection et une aide spécifiques aux femmes et aux enfants touchés par le conflit armé, notamment en déployant des conseillers pour les questions de protection, des conseillers pour la protection de l’enfance, des conseillers pour la protection des femmes et des conseillers civils et en tenue et des points de contact pour les questions de genre, ainsi qu’en mettant sur pied des consultations avec des organisations de femmes, et en adoptant à cet égard une démarche qui tienne compte des questions de genre et soit axée sur les personnes rescapées, en particulier pour aider au mieux celles ayant réchappé de violences sexuelles, et appuyer la participation des femmes aux mécanismes d’alerte rapide ; v) Prendre des mesures concrètes pour atténuer et éviter, selon le cas, l’utilisation des écoles par les forces armées, pour dissuader les parties au conflit d’utiliser les écoles, et pour faciliter la continuité de l’éducation dans les situations de conflit armé ; vi) Appuyer la mise en œuvre du communiqué conjoint de l’Organisation des Nations Unies et du Gouvernement centrafricain tendant à prévenir et combattre les violences sexuelles en période de conflit et tenir compte de ces préoccupations spécifiques dans toutes les activités des composantes de la Mission, conformément à la politique des Nations Unies pour les missions sur le terrain sur la prévention de la violence sexuelle liée aux conflits et les moyens de la combattre, et veiller, en coopération avec la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, à ce que le risque de violences sexuelles en période de conflit soit pris en compte dans les systèmes de collecte de données, d’analyse des menaces et d’alerte rapide de la Mission ; »

Fort de ce qui précède et afin d’attirer l’attention des grandes puissances du monde et leurs dirigeants sur l’inaction de ce « Grand Machin » et  cette crise centrafricaine qui n’a que trop duré et qui est régulièrement entretenue par ceux – là mêmes qui ont les pleins pouvoirs d’y mettre un terme mais qui ne s’en servent pas ou qui n’en usent que pour la pérenniser à des fins personnelles et catégorielles, l’heure est enfin venue pour les organisations internationales de défense des droits de l’homme éprises de Paix et de Justice, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme, et toutes les Associations des victimes d’intenter hic et nunc des actions devant les juridictions internationales, en se fondant sur les massacres de Boyo, Tagbara, Aïngbodo et Goya, contre la Minusca et Mankeur Ndiaye qui est plus préoccupé à privilégier ses relations avec Touadéra qu’à voler au secours des pauvres damnés de la terre que sont les populations civiles centrafricaines, et à manœuvrer comme un beau diable pour sa reconduction en février 2022.

Et n’est – ce pas que c’est en allumant le feu un peu partout qu’il peut justifier de la raison d’être et du maintien de la Minusca dans ce pays et convaincre sa hiérarchie de « ses exceptionnelles qualités à travailler pour le retour de la paix en Centrafrique » ?

La rédaction

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