Centrafrique : Touadéra et Sarandji sommés de donner satisfaction aux revendications du GSTC

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Ayant échoué de faire plier les travailleurs, en recourant au droit de la force plutôt qu’à la force du droit, le mathématicien de Boy – Rabé et son cher aîné le Boucher de Bordeaux qui ont institutionnalisé depuis plus de deux ans la mal – gouvernance en mode de gestion des affaires de la cité, ont été contraints de revenir à la raison. En décidant de s’asseoir autour d’une même table que les travailleurs du GSTC aux fins de trouver des solutions à leurs différents points de revendications. Une main tendue immédiatement saisie. Mais, en fins roublards qu’ils sont dans la conscience nationale et l’opinion, tiendront – ils vraiment promesses ? Sinon, mesurent – ils en ces temps difficiles où tous les clignotants sont au rouge, les conséquences d’un nouvel engagement sans lendemain  sur la stabilité des institutions  et leur pouvoir ? Décryptage, selon Médias+.

« RCA-EDUCATION: L’ANNÉE 2019 DÉMARRE TRÈS MAL POUR TOUADÉRA AVEC UN MOT D‘ORDRE DE GRÈVE SUIVI A PLUS DE 90%
Les travailleurs et agents de l’Etat ont lancé une grève d’avertissement de trois (3) jours et prenant effet les 03, 04 et 07 janvier 2019, jours ouvrables. Les enseignants des établissements primaires et secondaires de la capitale et de la périphérie (Bimbo et Bégoua), ainsi que plusieurs classes des établissements de l’Université de Bangui, ont scrupuleusement observé le mot d’ordre de grève lancé par le Groupement syndical des travailleurs de Centrafrique (GSTC). Reportage.
Du centre-ville à Bimbo en passant par les secteurs Lakwanga, Langbassi et Pétévo, les établissements scolaires publics étaient hermétiquement fermés. Idem pour l’axe Pk 0–Bégoua où on a remarqué que l’école maternelle située en face de l’Enerca, l’école primaire et l’Ecole des métiers d’Art situées en face de l’Hôpital général, les lycées Marie-Jeanne Caron, Technique, Barthélemy Boganda et Gobongo, de même que l’école primaire publique de Bégoua, n’ont pas reçu grand monde. Même pendant les vacances, on voit quand même beaucoup de gens sillonner à côté ou dans ces concessions scolaires ! Mais pour ce jeudi, c’est comme si on avait mis le sens interdit.
Idem pour l’axe Pk 0-avenue Boganda et l’avenue de France où l’école Lakwanga, le lycée des Martyrs, l’école primaire de Sica 2, les écoles Yakité et des Castors, tout comme celle de Ngou-Ciment, étaient déserts à 90%.
Les écoles primaires de Ben Zvi, Malimaka, 36 Villas, Combattant et le lycée de Miskine, étaient déserts. Ne parlons pas du lycée de Fatima et des écoles primaires publiques de Kina, Fatima, Nzangogna, et la préfectorale de Bimbo. Apprenants et enseignants on refusé de se pointer. Et pour cause.
Le Secrétaire général du bureau exécutif du Groupement syndical des travailleurs de Centrafrique (GSTC), le téméraire et incorruptible Firmin Zoh-Ponguélé, avait animé le mercredi 02 janvier 2019 à la Bourse de Travail à Bangui, une conférence de presse pou annoncer l’effectivité de cette grève d’avertissement de 3 jours et parler des préalables de la grève, suite au refus du gouvernement de répondre à leurs revendications dont les principales sont:
1-revalorisation des salaires;
2-paiement d’un seul trait des arriérés de salaires du régime Patassé (dont la liquidité serait disponible, selon des financiers centrafricains);
3-signature du décret d’application du Statut général de la Fonction publique dont la loi a été publiée depuis 10 ans;
4-rétablissement et revalorisation des allocations familiales, etc.
Ce n’est un secret pour personne que les enseignants centrafricains vivent dans des conditions déplorables qui ne permettent pas de travailler dans des belles conditions, d’où les résultats que tous nous constatons de plus en plus. Ils continuent de toucher les salaires de catéchistes et des indemnités de craie de 5.000 francs que feu le président David Dacko leur avait octroyés depuis 1981, mais qui sont restés constants. Le monde évolue mais les salaires ne changent pas pour les travailleurs, exception faite pour le chef de l’Etat, le Premier ministre, les ministres, les députés, les chefs et membres des Institutions de la République.
Au regard de ces conditions de vie déplorables, le gouvernement a été interpellé par les syndicats pour revaloriser les salaires et indemnités pouvant leur permettre de faire face à la cherté de la vie.
Pour M. Jules Blaise Feimonde, professeur de philosophie et syndicaliste, « l’heure n’est plus à la démagogie. Les enseignants du fondamental 1 et 2 ont déposé un préavis de grève de trois jours sur la table du gouvernement qui, comme dans les autres cas de revendications, brille toujours par le silence, ce qui est un mépris des bâtisseurs de la nation que sont les travailleurs», a-t-il martelé.
«Si en France les travailleurs en colère ont utilisé les gilets jaunes, en Centrafrique, c’est le foulard blanc qui symbolise le mécontentement des enseignants du F1 et du F2 », a affirmé un enseignant du lycée de Bimbo. Face donc au comportement méprisant du gouvernement, le GSTC a décidé de joindre la parole à l’acte avec une notification et le passage de grève de trois jours reconductibles, puisque les travailleurs et les retraités n’ont pas eu gain de cause, le gouvernement refusant d’entrer en négociations avec eux.
Ainsi, la quasi-totalité des établissements publics de Bangui, Bégoua et Bimbo ont observé la grève ce jeudi 03 janvier. Au lycée technique de Bangui, seulement 20% du personnel et élèves étaient présents à l’établissement. Seules cinq salles de classe ont été ouvertes sur la vingtaine, classes animées par des professeurs vacataires à la recherche de l’intégration. Par contre, au lycée Marie Jeanne Caron et à l’Ecole des Filles du Centre, un silence de cimetière a fait preuve de l’esprit de corps, à l’exception de l’administration et quelques élèves qui flânaient dans la cour. Une véritable catastrophe ! Un élève dans la désolation s’est confié à notre rédaction en ces termes: «C’est une grande déception de notre part de quitter la maison le matin et venir constater le vide. Que les politiciens se soucient de l’avenir des jeunes. A chaque putsch dans ce pays, on accuse la jeunesse de perdre le sens de la morale ; mais que doit-on faire si cette jeunesse n’est pas bien formée? Parmi nous, il y a les fils des enseignants qui ne parviennent pas à payer les fournitures scolaires à cause des salaires des parents. Nous sommes de tout cœur avec leurs parents et espérons que cette grève permette de changer les choses».
Le gouvernement doit faire des efforts pour entamer un dialogue social avec les syndicats pour éviter des perturbations du calendrier scolaire 2018/2019.
Mais la plus grande surprise a été de constater que la Bourse de Travail était transformé en un camp de police ce jeudi 03 janvier 2019. « Les policiers affectés pour sécuriser les lieux et empêcher la marche pacifique étaient en nombre considérable, comme si la RCA n’était plus un Etat démocratique », affirme un syndiqué. «Pourquoi ne pas déployer un tel effectif au km5 ou à Alindao pour protéger les populations civiles?», s’insurge une femme en colère.
Au Building administratif qui regroupe 4 grands ministères, il n’y avait pas grand monde. Avec cette grève, la situation risque de se compliquer pour Touadéra dont les secteurs qui lui sont traditionnellement favorables ont soutenu la grève. L’arrestation et le transfert des leaders miliciens anti-balaka Patrice-Edouard Ngaïsona et Alfred Yékatom Romboh, les contradictions politiques avec l’ex PAN Méckassoua, la reconquête des villes des provinces par les groupes armés soutenus par des mercenaires venus du Tchad, les sautes d’humeur avec l’Union africaine qui pilote le processus de dialogue politique en Centrafrique, les incompréhensions avec la France, sont autant de fronts auxquels doit faire face Touadéra qui, s’il ne fait attention, risque de mal s’en sortir si le social se mêle à cette situation déjà tendue.
Selon les travailleurs du public, la grève continue et il n’y aura reprise du travail que le mardi prochain.
A suivre. Jacques Emmanuel Ngue et Sosthène Daradou »

La rédaction

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