Centrafrique : Touadéra et l’égorgeur Zokoué visés par deux plaintes de l’avocat de Henri Grothe

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Comme nous l’avons déjà annoncé dans notre dernière parution, le concitoyen Henri Grothe, lanceur d’alerte et l’homme à la plume acérée dont les analyses et les critiques sur la gouvernance du pays, depuis le 30 mars 2016, ont toujours donné de l’insomnie au président Touadéra et son organisation criminelle au pouvoir, a été enlevé et séquestré, dans l’après – midi du mardi 21 juillet 2020, à l’aéroport international Bangui M’Poko dès sa descente d’Air France au départ  de Paris, par des éléments de la sûreté aéroportuaire.

En effet, après avoir déféré au contrôle des services sanitaires dû au Covid – 19, et alors qu’il voulait se soumettre à l’usage des formalités de la police de l’air et des frontières, Henri Grothe a été abordé par un agent des renseignements pour être orienté vers un desk, intimement persuadé de ce que l’autre a été instruit pour lui donner un coup de main dans la procédure, comme il est généralement de coutume. Erreur d’appréciation, car à peine assis pour écrire, aussitôt survint un autre élément qui alla le conduire dans un autre bureau. C’est dans ce bureau qu’il sut tout d’un coup à qui il eut affaire. A un certain Cédric Gbalanga ou Balanga. Tout de go, l’agent missionné qui se présenta comme commissaire de l’aéroport lui signifia, non sans lui avoir préalablement demandé de décliner son identité exacte, qu’il a reçu l’ordre de la part du procureur général près la cour d’appel de Bangui Didier Eric Tambo de le laisser rentrer à la maison, mais de saisir son ordinateur, ses téléphones, son disque dur, sa tablette et son passeport.

C’est ce qui a été fait quelques longues minutes plus tard, suite à des fouilles minutieuses et méthodiques de tous ses effets. Il s’en fut suivi d’autres questions du genre « c’est vous qui écrivez sur les réseaux sociaux ? »« c’est vous qui insultez les autorités ? ». Puis, le jeune commissaire de lui dire qu’il doit se présenter au parquet général, le mercredi 22 juillet 2020 à 10 heures précises. Des minutes ensuite, une convocation dûment signée sur laquelle il est fait mention de la même heure pour la direction des services de la police administrative, communément appelée « commissariat du Port » lui sera remise en mains propres, comme s’il jouissait d’un don si particulier d’ibiquité. N’ayant plus de téléphones et ne pouvant pas rentrer en contact avec ceux qui ont été mandatés pour venir l’accueillir, Henri demanda l’indulgence du commissaire pour avoir accès à trois (3) numéros ; une sollicitude agréée même si l’autre eut l’outrecuidance de le  prier d’en dire un peu plus sur les raisons du choix des trois (3) numéros.

En réponse à l’un de ses appels, in fine, une autorité est venue le récupérer pour le ramener domi. Le mercredi 22 juillet 2020, il se rendit au Commissariat du Port pour s’entendre se notifier des charges à lui reprochées. Il attendit des heures, et le DSPA qui a déclaré devant témoins et en la présence de son avocat,  n’avoir pas été en possession de ce dont il était accusé, pour être autorisé à rentrer à la maison, vers 17 heures, tout en l’invitant à se présenter à nouveau  le jeudi 23 juillet 2020. Sur conseil de son avocat de Bangui, en la personne de Me Opalegna et pris par les travaux du 2ème congrès ordinaire du KNK, il a plutôt mandaté ce dernier pour s’y rendre et déclarer qu’il ne pourra déférer à cette convocation que le lundi 27 juillet 2020, à 10 heures. Ce qui, une fois de plus, a été fait.

Ceci étant dit, l’enlèvement et la séquestration de Henri Grothe par le commissaire de la police de l’air et des frontières qui constituent des actes de graves violations de droits humains, en ce sens qu’il s’agit ici d’atteinte à sa liberté d’aller et venir et  à sa vie privée, du fait tout simplement  de la saisie de  tous ses appareils informatiques dans lesquels se trouvent des données personnelles auxquelles pourraient avoir accès ses bourreaux,  ne sauraient rester sans réaction de la part de  ses conseils, dans la mesure où il nous a été rapporté près le parquet général et de sources judiciaires  que c’est un certain Touadéra qui a instruit son homme de basses besognes un certain Bienvenu Zokoué en sa qualité de directeur général de la police d’agir de la sorte et que, selon des sources policières, les équipements informatiques seraient actuellement en possession des mercenaires russes du Groupe Wagner. Pour y installer des logiciels espions.  Pour y poser des bombes à retardement .

Fort de ces révélations en sa possession, l’avocat de Henri Grothe en France a officiellement et de manière régulière adressé deux plaintes, le jeudi 24 juillet 2020, respectivement au conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève en Suisse et au secrétaire général des nations unis à New – York, Antonio Guterres. Pour dénoncer le traitement manifestement inhumain dont ce dernier  a fait l’objet et  la saisie de son ordinateur, ses téléphones, son disque dur, sa tablette et de son passeport, sans qu’une convocation ne lui ait été préalablement adressée. De ce fait, son client n’est que victime de ses opinions et ses prises de position démocratiques contre le régime agonisant du régime de Bangui. Et comme il fallait s’y attendre, l’envoyée spéciale de RFI en la personne de Charlotte Cosset s’y est aussi mêlée et s’est personnellement rapprochée de l’intéressé pour non seulement en savoir un peu plus, mais surtout obtenir de lui la confirmation de l’information selon laquelle ses appareils informatiques ont été arrachés par la police de l’air et des frontières. Ce qui lui a été confirmé par l’intéressé au téléphone.

Pour finir, les milieux diplomatiques ne sont pas restés à l’écart de cette affaire. Une réunion s’est tenue à l’initiative de l’ambassadeur de France à Bangui, sur instructions de Paris qui suit de manière attentive les tracasseries politico – judiciaires et administratives dont est victime Henri Grothe. Comme indiqué un peu plus haut, des dispositions seraient en train d’être prises contre Touadéra et son homme de main Zokoué dont le nom figure depuis longtemps dans les fichiers du conseil des droits de l’homme à Genève, pour qu’ils puissent répondre dans les tout prochains jours de tout ce qui pourrait advenir  de Henri Grothe.  Sans oublier l’information selon laquelle les appareils saisis feraient l’objet d’une expertise en France, des dispositions ont d’ores et déjà été prises par les parents de l’intéressé qui auraient fait appel à de puissantes forces mystiques de la Lobaye, pour lui interdire d’y accéder, lorsqu’ils devraient lui être rendus.

Affaire à suivre….

La rédaction

 

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