Centrafrique : « Suppression des 6 Agences, Fonds et offices publics » : M. Ndoba, si vous étiez aux Etats – Unis, le parlement aurait demandé votre démission hic et nunc !

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CONTRIBUTION PATRIOTIQUE EXCEPTIONNELLE
L’ASSEMBLÉE NATIONALE ADOPTE LES PROJETS DE LOIS DU GOUVERNEMENT SUR LA SUPPRESSION DE SIX AGENCES, FONDS ET OFFICES PUBLICS : UNE REFORME QUI N’EN EST PAS UNE
Dans cette communication, je ne chercherai pas à fustiger les bonnes expertises d’un Ministre de la République, mais je fais des questionnements pointus et une analyse éclairée, sur ce qu’il y a lieu d’appeler une réforme indiquée pour sauver notre économie. Comme vous pouvez le constater, le titre de cette communication est celui d’un article publié sur la page Facebook du Département, sujet de notre démarche.
D’entrée de jeu, je voudrais dire aimablement à son excellence Monsieur le Ministre des Finances et du Budget, que ce qui s’est passé à l’Assemblée Nationale comme vote pour diminuer le nombre des agences, fonds et offices publics qui selon l’article que j’ai lu sur les réseaux sociaux, est une réforme imposée par les recommandations d’un Audit que vous aviez fait vous-même, moi Lorenzo Ganazoui-Yandoka la main sur la conscience patriotique, je n’appelle pas cela une réforme pourquoi ! Très simple :
Le mot réforme se définit selon tous les dictionnaires dans toutes les langues du monde entier comme étant, « un changement de caractère profond, radical apporté à quelque chose, en particulier à une institution, et visant à améliorer son fonctionnement. ». Or, ce que vous venez de faire n’est pas un changement. C’est plutôt une suppression (de lois, des institutions, des emplois, des salaires, etc.) ou, une diminution du nombre des Agences de l’Etat. Je m’attendais en effet, à ce que vous soyez beaucoup plus ingénieux pour proposer un changement dans les orientations, les visions, les organisations, les gestions de l’ensemble des institutions que vous venez de supprimer, pour les rendre plus performantes, plus adéquates à votre nouvelle vision tout en étant moins budgétivores. Si vous étiez Ministre des Finances aux Etats Unis, le parlement devait, après vous avoir écouté, demander votre démission pour plusieurs raisons :
 Vous avez confondu réforme et récession : une réforme est faite pour changer la forme, une récession est faite pour couper la forme ;
 Vous avez créé plus de chômages : en effet, plusieurs emplois directs (les employés de ces agences) et indirects (les fournisseurs, prestataires divers, etc.) viennent de disparaître pour augmenter le nombre déjà croissant des chômeurs.
 Vous avez réduit la consommation des ménages : en effet, la croissance du PIB nécessite des efforts de consommation des productions locales. Vous venez de supprimer les revenus de plusieurs ménages provoquant deux effets : la première, l’accentuation de la pauvreté ; la deuxième, la perte de consommation.
 Vous avez diminué les impôts et taxes : ces institutions, leurs fournisseurs, leurs prestataires, leurs employés paient les impôts sur leurs revenus, sur leurs consommations (TVA) et sur un ensemble de leurs transactions.
 Vous avez diminué l’épargne intérieure : les revenus de ces institutions, de leurs employés, de leurs fournisseurs, de leurs prestataires divers, de leurs partenaires sont épargnés dans les livres des Banques Commerciales de la place. En les supprimant vous supprimez l’ensemble de leurs transactions (courantes, différées, épargnes) dans ces Banques… or, ces Banques vous paient les impôts sur ces épargnes ;
 Vous avez dérégulé les prix des produits pétroliers : on retournera dans la situation antérieure où l’Etat octroyait des subventions pour éviter les hausses de prix. Or, le secteur est libéralisé et les entreprises privatisées ; l’Etat ne pouvant pas subventionner des multinationales comme TOTAL, comment gérerez-vous les hausses des cours du pétrole ?
 Vous avez réduit les efforts au développement de l’Etat : concrètement, quelles sont à ce jour, les précautions prises pour compenser toutes ces pertes ? etc. etc. etc.
En plus de ces raisons non exhaustives ci-dessus, vous avez commis les erreurs de management en supprimant des acteurs dédiés aux pilotages des réformes de leurs départements ministériels de tutelle. Pour être concret, voyons-voir, les TDR de ces institutions :
 Le Compte d’Affectation Spécial du Développement Touristique et Artisanal (CAS-DT) : ce fut une réforme du Département touristique permettant de mobiliser les ressources pour le développement du secteur. Je voudrais que vous nous clarifiez votre plan actuel de développement du tourisme ;
 Le Fonds de Développement Agro-pastoral (FDAP) : un outil de financement de l’agro pastorale qui avec un peu de sérieux mobilisera de ressources pour développer le secteur ;
 Le Fonds de Développement Minier : un outil de développement du secteur minier, qui est une réponse aux exigences du FMI au temps de Ndoutigaye et qui a fait ses preuves à l’époque de sa création ;
 Le Fonds National de l’Environnement (FNE) : une réforme importante dans le cadre d’une réponse à la COP21 qui avec un peu de sérieux dans sa gestion mobilisera d’énormes ressources pour des questions environnementales ;
 L’Agence de Régularisation du Secteur de l’Electricité en Centrafrique (ARSEC) : importante pour réformer le secteur, pour dynamiser un secteur en croissance très lente et ;
 L’Agence de Stabilisation et de la Régulation des Prix des Produits Pétroliers (ASRP) : une réponse aux exigences de la Banque Mondiale pour aider à éviter les milliards de FCFA injectés comme subventions de l’Etat au secteur après les privatisations et les libéralisations du secteur.
De cette importante clarification, je vois bien que tout ce que vous venez de supprimer devais rapporter plus d’argent dans les caisses de l’Etat si vous vous étiez simplement attelé à les réformer pour les rendre plus cohérentes, plus adéquates et répondant aux nouvelles exigences économiques.
Je vous informe qu’aux Etats Unis, les financiers comme vous on les appelle des « cut throat » c’est-à-dire, des égorgeurs ; ceux qui coupent les gorgent des autres lorsqu’ils leur demandent du secours. Comment imaginez-vous le fait que quelqu’un ait un problème, il vous demande de venir l’aider à résoudre son problème et tout ce que vous trouvez de mieux à lui dire, c’est de supprimer toutes les sources de ces problèmes ? haha haha ! Un bon financier Monsieur le Ministre, est un artiste ; quelqu’un qui sait prendre de l’argile sale et lui donner de la valeur en le modélisant ; un bon financier selon moi, c’est quelqu’un qui n’envisage jamais la réduction budgétaire avec effets collatéraux, en premier recours non ! il faudra être ingénieux et travailler sur l’efficience budgétaire d’abord, puis envisager les coupes budgétaires en dernier recours. Vous venez d’être nommé, vous vous mettez à réduire les trains de vie de l’Etat, à envoyer les centrafricains au chômage, à créer plus d’instabilités dans les revenus des ménages qui est le seul agrégat qui permet de mesurer sereinement, le développement réel d’un pays. Vous n’avez pas osé toucher aux fonds spéciaux de la présidence, du premier ministère, du MCU qui sont sources de corruptions officielles… alors je dois me poser des questions sur votre volonté réelle, votre capacité intrinsèque réelle qui contribueraient à aider ce pays. En effet, une économie qui est en relance, en reconstruction devrait de toute évidence se pencher sur la diversification de ses revenus, sur l’exploration des autres niches de créations de richesses, sur la densification de ses activités traditionnelles créatrices de revenus, sur l’identification des leviers de sa croissance soutenue et durable, bref ! sur la création d’emplois, de richesses et non leurs suppressions…
Vous vous êtes comporté comme un étudiant assidu qui aux moindres occasions rabâche ses cours et ses TD pour justifier sa compétence. Mettez votre expérience internationale si vous en aviez réellement une, au service de la transformation structurelle d’une jeune économie qui a besoin de visions nouvelles. Ce que vous venez de proposer comme réforme, est indiquée pour des économies vieillissantes, étouffées par leurs multiples dépenses. Or, le récent rapport de la Banque Mondiale plaide pour le développement du capital humain, de la construction d’un budget socialement sensible, d’une économie socialement responsable pour résoudre ces épineuses questions humanitaires, ces questions de paupérisations post-conflits plus que galopantes et améliorer notre IDH. Car, le même rapport parle de 71,4% de taux de pauvreté et vous venez juste d’y ajouter 1% de plus, mais quel est le projet ? Monsieur le Ministre, permettez-moi de vous dire que sur ce coup, vous êtes en déphasage avec ce rapport, et donc revoyez vos copies pour continuer les efforts déjà amorcés depuis 2016. Votre audit a daté de quand ? je pense que la situation a évolué entre-temps depuis la date de votre prétendu audit, et les urgences économiques réelles en ce moment ; soyez à JOUR !
Vous êtes spécialiste en ingénierie financière qui se comprend selon les encyclopédies par « une spécialisation qui se trouve à la croisée des domaines de l’actuariat, de financier, de l’économique, du juridique et du fiscal. Elle peut se définir comme l’aptitude à imaginer et à mettre en œuvre des montages financiers parfaitement adaptés aux besoins et aux objectifs spécifiques des agents économiques et au coût minimum… ». Il est clair que si c’est réellement votre spécialisation, vous êtes de toute évidence, celui qu’il faut pour analyser la situation financière actuelle, les adaptés aux besoins et aux objectifs spécifiques de l’économie nationale, tout en réduisant les coûts des investissements pour aider la RCA. C’est de cela il s’agit, de cette efficience budgétaire dont je parlais tantôt.
L’efficience budgétaire selon moi ne consiste pas à opérer des coupes budgétaires, à récupérer des crédits pour en alimenter d’autres non ! elle consiste à travailler sur la qualité des dépenses à effectuer, pour les rendre plus susceptibles de produire plus de richesses (une espèce de corrélation optimale entre les inputs et les outputs budgétaires), ensuite récupérer les recettes pour les réaffecter aux investissements. Plus concrètement, il serait plus indiqué de faire de ces agences, des vecteurs de création de richesses tout en réduisant leurs coûts de fonctionnement, plutôt que de les supprimer…et c’est ce que je peux appeler une réforme, un changement, une transformation profonde de la forme pour éviter les difformes.
Si le Doyen Martin Ziguele dit qu’il faut affecter FCFA375 milliards sur 25 ans aux investissements pour voir l’émergence, dites-moi la main sur la conscience combien allez-vous récupérer dans ces suppressions pour atteindre les FCFA375 milliards à ce jour ? c’est de l’amateurisme, car toutes les économies en Afrique ont pendant des décennies opéré des coupes budgétaires et les résultats ont les connaît : il faut plus d’ingéniosités, il faut plus de perspicacités, il faut plus d’audaces bref ! il faut changer de paradigme. Car, votre proposition n’en est pas une ; votre réforme n’en est pas une parce que n’importe quel comptable ne proposera que ça c’est-à-dire, réduire les dépenses !
Je ne suis pas juriste, mais si on parcourait bien la Constitution du 30 Mars 2016, il a été dit quelque part que « l’initiative de suppressions de lois appartient concomitamment au gouvernement et au parlement (Senat + Chambre des Députés) ». Or, nous n’avons pas à ce jour, de Sénat alors ma question : est-il constitutionnel de supprimer des lois dans ces circonstances ? je me remets aux constitutionnalistes ; en effet, un Grand Financier travaille toujours avec un Grand Juriste.
En vous réitérant toutes mes félicitations pour la nomination à une fonction aussi complexe pour votre réactivité, j’ai fait ma part.
Lu Pour Vous
Lorenzo Ganazoui – Yandoka

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