CENTRAFRIQUE – SCANDALE NATIONAL : DEUX DÉPUTÉS DE LA NATION PRIS EN FLAGRANT DÉLIT DE FRAUDE Á L’EXAMEN SPÉCIAL D’ENTRÉE Á L’UNIVERSITÉ DE BANGUI, SESSION DE JUIN 2024

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CENTRAFRIQUE – SCANDALE NATIONAL : DEUX DÉPUTÉS DE LA NATION PRIS EN FLAGRANT DÉLIT DE FRAUDE Á L’EXAMEN SPÉCIAL D’ENTRÉE Á L’UNIVERSITÉ DE BANGUI, SESSION DE JUIN 2024

 

Par Jean Bedel DINGA-KPILÈ

 

L’université de Bangui, l’unique université publique de la République centrafricaine, a failli faire l’objet hier mercredi 26 juin 2024 d’un attroupement inhabituel des élèves et étudiants, enseignants, journalistes, fouineurs, agents de renseignements de toutes les officines officielles et officieuses, curieux, et tout passant de Bangui si l’équipe d’organisation et de supervision de l’Examen Spécial d’Entrée à l’Université, placée sous l’autorité du vice-recteur de l’université, n’avait pas eu le génie de la bonne manière et du tact en de tel moment. Mais que s’est-il passé au juste ?

Tous les candidats à l’Examen spécial d’entrée à l’université de Bangui (l’équivalent du baccalauréat centrafricain mais uniquement dans les séries littéraire, économique et scientifique, soit les séries A, B, C et D), d’âge variant entre 25 et 65 ans, étaient dans la salle en train de composer lorsque l’attention des organisateurs a été attirée par deux (2) candidats dont l’âge qu’ils ont présenté sur leurs actes de naissance respectifs n’est pas inférieur à 50 ans, mais qui, physiquement et «facialement», avaient moins de 30 ans. Mais comment ça?

Habitués à vivre ce genre de situation, les organisateurs de l’examen spécial se sont rapidement concertés, ont ressorti les dossiers des deux candidats suspects avant de convier ces derniers à « sortir pour deux minutes » (sic). Mais les deux minutes deviendront pour les deux candidats des heures de dure épreuve. Le temps de l’épreuve écrite sur laquelle ils étaient arrêtés est terminé. Ils étaient en fait coincés dans un bureau administratif du rectorat de l’université de Bangui.

Interrogés pour rappeler leur identité et filiation, les deux candidats ne connaissaient plus leurs dates et lieux de naissance, ni les noms de leurs pères et de leurs mères géniteurs, rapporte une source sous couvert du strict anonymat. Et pourtant ils ont déposé chacun un dossier d’examen avec un acte de naissance sur lequel on pouvait lire toutes ces informations. A cet âge, ne pas connaître le nom de son père et de sa mère biologiques, même si on est orphelin total de naissance, est un gageur.

Mais le plus grand scandale est le fait que les deux vrais faux candidats n’étaient pas à même de dire ne fut-ce que leur année de naissance. Ils étaient manifestement plus jeunes que leur âge figurant sur leurs actes de naissance respectifs qui se trouvent dans leurs dossiers. Point n’était donc besoin de faire confiance à leurs cartes d’identité scolaires !

Le pot au rose étant découvert, le plus dur pour les deux faussaires était justement de dire pourquoi ils ont fait cela, combien ils ont reçu des personnes qui les ont utilisés. Et c’est là que les deux faussaires coincés vont donner les noms, prénoms et fonction officielle de leurs employeurs : des DÉPUTES SANS BAC ! Leurs noms ?

1-Jean de Dieu DAMARASS-DAMANGUERÉ, du parti MCU, actuel député de la circonscription de Batangafo 1 dans la sous-préfecture de Batangafo, préfecture de l’Ouham-Fafa ;

2-Mme Chantal Merveille TOHOMANE, du parti MCU, actuelle députée de la circonscription de Kabo 1 dans la sous-préfecture de Kabo, préfecture de l’Ouham-Fafa.

Voici donc l’identité des 2 députés de la nation qui ont utilisé la fraude dans le but de passer avec succès l’Examen spécial d’entrée à l’université (l’équivalent du bac), diplôme minimum exigé en République centrafricaine pour être candidat aux élections législatives, une des conditions prescrites par la constitution du 30 août 2023 ! Députés fraudeurs ???

Toute l’équipe d’organisation et de supervision de l’Examen spécial d’entrée à l’université n’en croyait pas ses yeux. Ils étaient tous là qui comme correcteurs, qui comme surveillants, qui comme chef du secrétariat, qui comme président et membre du jury, qui comme superviseur, avec grand étonnement.

Et comme dans ce pays la politique prime sur le droit, la science, la loi, les concours, la morale et la justice, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche saisi de la situation, aurait décidé de sauver ses frères du parti et leurs complices de la situation. Le Pr Jean-Laurent Sissa Magalé puisque c’est de lui qu’il s’agit, aurait ordonné la relaxe pure et simple des deux faussaires. « Scandale » ! A réagi un enseignant de l’université qui était pour une sanction exemplaire afin de décourager les faussaires et faux diplômés du pays.

Alors que les infractions commises sont bien consommées (faux et usage de faux, usurpation de nom et de qualité, fraude à un examen national), on s’attendait à ce que les deux faussaires soient mis à la disposition du parquet, de la police ou de la gendarmerie, pour que la procédure judiciaire idoine soit observée, parce qu’on nous a toujours dit depuis le 30 mars 2016 que nous sommes dans un Etat de droit caractérisé par la primauté et la rigueur de la loi, et que le président de la République, chef de l’Etat, président fondateur du parti MCU, Pr Faustin Archange Touadéra, a toujours clamé « ZÉRO IMPUNITÉ », c’est-à-dire ZÉRO PARDON pour les auteurs des infractions et délits de tout genre, et que par ailleurs le premier ministre, chef du gouvernement, l’ingénieur statisticien démographe Félix Moloua, a créé à la primature une Cellule de veille et de lutte contre la fraude, la corruption et toutes les infractions assimilées, démontrant ainsi qu’il est sans pitié à l’égard des auteurs des pratiques ci-haut incriminées.

Mais pourquoi ils ont fait ça ? « Ils », c’est-à-dire les deux députés de l’Ouham-Fafa, les jeunes utilisés et à qui des noms sont prêtés à des fins de fraude, et surtout le ministre de l’Enseignement supérieur. Que dire de ce cas concret d’impunité ? Et pourtant dans la salle d‘examen, deux autres députés candidats étaient eux-mêmes présents et ont composé sans problème. Il s’agit du député de Mingala, un métis, et un autre. Nous jetons des fleurs à ces députés honnêtes, qui ont refusé la facilité, le faux et la corruption. C’est à leur honneur.

A tous les députés et particulièrement les 70 ou 73 bien comptés qualifiés de façon malveillante de « députés sans bac », nous disons qu’il n’y a pas une limite d’âge pour obtenir un diplôme scolaire et universitaire, et il n’y a pas de honte à chercher à obtenir le diplôme de bac. Pourvu qu’on respecte les conditions et critères, qu’on étudie bien pour mériter ces diplômes. Obtenir honnêtement les diplômes est un bel exemple qu’on doit laisser à ses enfants et petits-fils.

La Cellule de veille anti-corruption et infractions assimilées devra se saisir de cette affaire, vérifier l’information que nous livrons, et remettre rapidement un rapport au premier ministre Moloua qui va certainement prendre ses responsabilités dans un sens purement régalien et républicain, c’est-à-dire sans complaisance, pour l’honneur et la dignité de la république. En cas de difficulté, le Héraut et Champion national de « ZÉRO IMPUNITÉ », le professeur Touadéra, doit prendre la décision conséquente attendue.

La politique politicienne ne doit pas entrer dans cette affaire, sinon personne ne sera plus juste, honnête et intègre dans ce pays.

Wait and see.

Jean Bedel Dinga-Kpilè

Source : MEDIAS PLUS n°3233 du Jeudi 27 juin 2024

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