Centrafrique : Sani Yalo indexé à tort par Jeune Afrique

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Dans un article intitulé : « Comment Wagner se finance : enquête sur l’eldorado d’Evgueni Prigojine en Centrafrique et au Cameroun », publié le 12 janvier 2023, l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique a inconsidérément indexé l’homme d’affaires centrafricain Sani Yalo, président du conseil d’administration du Bureau d’Affrêtement Routier en Centrafrique « BARC » et conseiller spécial à la présidence de la République. « En outre, Wagner bénéficie de plusieurs coups de pouce des autorités centrafricaines pour développer sa rente routière. Selon plusieurs témoins, les commerçants de Bangui sont ainsi incités à recourir à ses services par le Groupement des transporteurs centrafricains (GTC), une organisation présidée par un homme des plus influents : Sani Yalo, ministre conseiller du président Faustin-Archange Touadéra et patron du Bureau d’affrètement routier centrafricain (BARC, lequel contrôle le GTC). Via le BARC et le GTC, Sani Yalo a la mainmise sur le secteur du transport et il en fait bénéficier les alliés russes ddu président, affirme un proche du gouvernement », a révélé le journaliste Mathieu Olivier.

Une accusation d’une extrême gravité qui fait du coup de l’homme d’affaires centrafricain un véritable partenaire financier du Groupe Wagner, présent dans le pays depuis 2018 à la faveur d’un accord bilatéral avec les autorités politiques nationales. Dans un contexte politique international marqué par la reconnaissance par les Etats – Unis de cette entité comme une organisation criminelle internationale, suivie de prise d’une gamme de sanctions prononcées contre ses dirigeants, ses sociétés et toutes les personnes qui l’ont aidée dans ses activités dans tous les pays où elle s’est solidement installée, un tel réquisitoire à charge est de nature à porter de sérieux préjudices au président du conseil d’administration du Barc, au responsable de plusieurs entreprises nationales, et donc au deuxième employeur après l’Etat centrafricain qu’est Sani Yalo. Pour éviter toute confusion et lever toute équivoque sur des supposés liens de collaboration avec le Groupe Wagner, ce qui pourrait entraîner de gros risques pour le mis en cause et ses différentes activités, il est importantissime, de ce fait, qu’une mise au point soit faite sur les domaines d’intervention du ministre – conseiller et de l’homme d’affaires dans les deux structures.

Créé le 27 avril 1946, le Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain (BARC) placé sous la direction du Ministère des Transports et de l’Aviation Civile occupe une place non négligeable dans le circuit économique de la République Centrafricaine. Mais la mauvaise gestion des régimes précédents a placé les locaux du BARC dans un état de vétusté avancée. La politique de rupture et de reconstruction enclenchée par le Président TOUADERA avec la nomination d’une équipe dynamique à la tête du Conseil d’Administration a permis de faire de grandes réformes dont la réhabilitation du siège de cette institution.

Selon Sani Yalo, le BARC est un outil de désenclavement de la République Centrafricaine et a pour mission de procéder à l’affrètement des véhicules de transport routier et des marchandises en qualité de commissionnaire en transport ; à l’enregistrement des offres et demandes des transports routiers et des marchandises en vue de leur publication pour l’information des opérateurs ; à l’application des accords bilatéraux et multilatéraux de transports routiers internationaux et sous régionaux ; à la gestion des gares routiers, la collecte et le traitement statistique des transports routiers et à l’exploitation des transports postaux et des services de messagerie.

Grâce au concours des partenaires financiers et techniques, il a été procédé à l’inauguration de la gare routière de Bouar, et il s’en suivra d’autres dans les prochains mois. Ces innovations visent à permettre aux transporteurs centrafricains d’être plus compétitifs pour assurer par eux -même les transports routiers internationaux. Comme nous pouvons le constater le BARC assure un rôle important dans l’industrie des transports, notamment dans la chaine de logistique de transport et dans l’économie du pays en générale. Il est l’instrument par excellence de la politique publique dans le domaine des transports routiers entre la République Centrafricaine et les autres pays de la sous-région.

Créé le 18 janvier 1967, le Groupement des Transporteurs Centrafricains « GTC » a pour mission d’identifier et regrouper les transporteurs centrafricains afin de défendre leurs intérêts matériels et moraux pour l’exerce de leurs activités de transports routiers en Centrafrique. Deuxième actionnaire du BARC après l’Etat, le GTC est auxiliaire du ministère des transports et membre du conseil d’administration du Fonds Routier. De ce fait, le BARC et le GTC interviennent tous les deux dans le domaine de transports en République centrafricaine.

Mais, alors que le BARC assume et exécute des missions de service public qui ne peuvent être accomplies que par l’Etat ou par un établissement public, qu’en outre, les ressources du BARC sont constituées essentiellement des redevances et commissions perçues au titre des transports de marchandises, donc de deniers publics, et qu’enfin ces deniers également ne peuvent être gérés que par l’Etat ou un établissement public, le GCT est une entreprise privée, sa propriété étant privée, c’est – à – dire appartenant à un seul ou à petit nombre de propriétaires. Si une entreprise privée a comme objectif de faire des profits, l’entreprise publique, quant à elle, est tenue de satisfaire l’intérêt général. C’est ici que réside toute la différence entre le BARC et le GTC ; et c’est la méconnaissance de cette différence qui a conduit le journaliste Olivier Mathieu à croire que Sani Yalo est le patron du GTC, alors qu’il ne l’est pas du tout.

In hoc casu, en tant que président du conseil d’administration du BARC, l’homme d’affaires et ministre – conseiller « organise et dirige les travaux de celui-ci, dont il rend compte à l’assemblée générale, veille au bon fonctionnement des organes de la société et s’assure, en particulier, que les administrateurs sont en mesure de remplir leur mission ». Fort de cela, il lui est difficile de signer de contrat de sécurité avec le Groupe Wagner ; ce qui relève des pleins pouvoirs du GTC.

La rédaction

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