Centrafrique : »SangoCoin »: le Feyman Ndoba sommé de se justifier et convaincre les autorités sous – régionales

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Économie

Bitcoin en Centrafrique : l’heure de vérité pour Bangui à la BEAC

Longtemps repoussées par Bangui, les sessions extraordinaires de la BEAC et de la Cemac consacrées aux conséquences de l’adoption du Bitcoin par la Centrafrique, se tiennent les 20 et 21 juillet, à Douala.

Jeune Afrique
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20 juillet 2022 à 19:28

Par
Omer Mbadi à Yaoundé
Mis à jour le 20 juillet 2022 à 19:56


Hervé Ndoba rattrapé par le principe de réalité ? Ce 20 juillet, le ministre centrafricain des Finances et du Budget préside, à Douala, une session extraordinaire du conseil
d’administration de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), avec un seul point à l’ordre du jour : l’adoption, le 22 avril, par son pays, d’une loi régissant les cryptomonnaies.

Le lendemain, jour où Bangui entend mettre en vente 210 millions de « sango coin » la « monnaie numérique nationale », au prix de 0,10 dollar l’unité en vue de récolter 21 millions de dollars , l’argentier va devoir affronter ses pairs de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), regroupant outre la Centrafrique, le Gabon, le Congo, le Tchad, le Cameroun et la Guinée équatoriale, dans le cadre du comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac).

Date butoir

Hervé Ndoba a traîné les pieds, retardant l’échéance. Le gouverneur de la Banque centrale régionale, le Tchadien Abbas Mahamat Tolli, l’avait pourtant saisi le 29 avril, en tant que président des deux instances économiques sousrégionales, pour exiger leur convocation afin « d’examiner les implications nombreuses de la loi en cause sur les accords de coopération monétaire ». Dans la foulée, le banquier central avait mis sur pied un groupe de travail interne afin de plancher sur la question.

Le 14 juillet dernier, le FMI a prolongé jusqu’en septembre le programme de référence de la Centrafrique approuvé en décembre 2021. « Cette prolongation donnera aux autorités centrafricaines plus de temps pour obtenir des assurances de financement auprès des partenaires internationaux. Par ailleurs, la prolongation leur permettra de poursuivre les efforts en cours pour harmoniser la loi centrafricaine sur les cryptoactifs avec les engagements régionaux au niveau de la zone Cemac », soulignait l’institution de Bretton Woods dans son communiqué.

Moyen de pression

Bien qu’ayant pris ses distances avec le projet de cryptomonnaie de son pays, Hervé Ndoba est donc à présent sommé de s’expliquer et de convaincre les autorités sousrégionales. Il n’est pas certain qu’il trouve des alliés autour de la table.

À l’issue du comité de politique monétaire de la BEAC la semaine dernière, en effet, Abbas Tolli invitait les résidents de la communauté à la prudence à l’égard des cryptomonnaies, au regard de leur comportement erratique des dernières semaines, selon des déclarations faites à la presse le 14 juillet. Une circonspection que partage Louis Paul Motaze, l’argentier camerounais qui n’a de cesse de rappeler que cette activité n’est pas encore légale.

Les autres pays disposent d’un moyen de pression. Certains analystes estiment que le poste de gouverneur de la BEAC est en jeu. La Centrafrique, à qui reviendrait pour la première fois ce prestigieux maroquin à la fin de l’actuel mandat de Abbas Tolli, selon le principe de rotation des responsabilités communautaires, pourrait en être privée si elle ne revenait pas à de meilleurs sentiments… Assez pour faire plier Bangui ?

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