Centrafrique, retour de François Bozizé au bercail

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Rien n’est gagné d’avance

C’est en toute discrétion que l’ancien président centrafricain, François Bozizé, a signé son retour à Bangui, le 15 décembre dernier. Par quel moyen a-t-il pu regagner son pays natal ? Difficile de répondre à cette question dans la mesure où les autorités centrafricaines, elles-mêmes, se disent surprises par ce retour. En effet, François Bozizé est non seulement sous le coup de sanctions onusiennes, mais aussi les compagnies aériennes desservant Bangui, conformément à une circulaire du ministère centrafricain des Transports, ont l’interdiction de le transporter par avion vers l’ex-Oubangui Chari. Mais si l’on en croit le porte-parole du parti de Bozizé, le Kwa Na kwa (KNK), l’ex-chef de l’Etat aurait fait la route « en partie à pied » et en partie « dans un véhicule » et cela, sans être accompagné. Dès lors, il se pose tout de même des questions. François Bozizé a-t-il pris le soin d’informer les autorités ougandaises qui lui avaient offert gîte et couvert, qu’il allait regagner son pays ? Ou alors a-t-il décidé d’en faire à sa tête en quittant son pays hôte sans crier gare ? La deuxième hypothèse paraît plus plausible. Car on imagine bien que s’il était informé, le pouvoir ougandais aurait pu, pour faire dans le diplomatiquement correct, en informer les autorités centrafricaines. A moins que Kampala n’ait voulu, par cette occasion, se débarrasser   d’un colis encombrant.

Tout se passe comme si Bozizé avait fait le choix de   mettre les autorités devant le fait accompli

 Cela dit, maintenant que François Bozizé est de retour au bercail, que va-t-il se passer ? Sera-t-il, comme le souhaitent ses proches, « traité comme tous les autres acteurs de la crise avec respect et avec les égards dus à son rang », par les autorités ? On attend de voir. Pour le moins, on sait que l’accord de paix signé le 6 février 2019, prévoyait une loi sur le statut des anciens chefs d’Etat.  Mais le texte, sauf erreur ou omission, n’a pas encore atterri sur le bureau de l’Assemblée nationale. En tout cas, s’il y a une chose dont on peut être sûr, c’est que les autorités de Bangui ne verront pas d’un bon œil le retour de l’ex-président. Car, tout se passe comme si ce dernier avait fait le choix de les mettre devant le fait accompli en décidant de rentrer en catimini. Mais en le faisant, Bozizé joue gros. En effet, s’il est vrai que pour  pouvoir se présenter à la prochaine présidentielle, le successeur de Michel Djotodia devait être de retour au pays avant fin décembre, il ne faut cependant pas oublier que le pouvoir de Bangui, s’il le souhaite, peut lui chercher des noises. Et en pareille occurrence, il suffit de saisir la Justice qui ne manquera pas de motifs pour engager des poursuites contre celui-là dont la gouvernance, on le sait, a été caractérisée par la corruption, le clientélisme et la gabegie. C’est dire donc que rien n’est gagné d’avance. Car, même de retour au pays natal, rien ne garantit pour l’instant l’éligibilité de François Bozizé.

B.O

Source : Le Pays

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