Centrafrique : « Référendum de l’Imposteur de Bangui et distribution des armes » : que dit la Minusca ?

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Depuis l’annonce de l’Imposteur de Bangui de convoquer, le 30 juillet 2023, un référendum constitutionnel dont le processus est manifestement illégal, au regard des dispositions de la constitution du 30 mars 2016, et alors que des voix ne cessent de s’élever de toutes parts pour dénoncer ces dérives dictatoriales et les risques d’explosions sociales qu’elles comportent, nous n’avons fort étonnement à ce jour enregistré aucune réaction officielle de la part de la Minusca.

Et pourtant, conformément aux dispositions de la résolution 2659 du 14 novembre 2022, elle a pour mission d’aider « les autorités centrafricaines à assurer le suivi du Dialogue républicain de manière pleinement inclusive et à préparer et organiser des élections locales pacifiques en 2023, comme énoncé dans le préambule et au paragraphe 9 de la présente résolution, en leur offrant ses bons offices, y compris en favorisant le dialogue entre tous les acteurs politiques, de façon inclusive, afin d ’apaiser les tensions durant la période électorale, ainsi qu’en leur fournissant un appui en matière de sécurité et un soutien opérationnel, logistique et, le cas échéant, technique, en particulier de manière à faciliter l’accès aux zones reculées, et en coordonnant l’assistance électorale internationale avec le Programme des Nations Unies pour le développement ».

De ce fait, face au choix de  l’Imposteur de Bangui de renvoyer la tenue des élections locales aux calendes grecques, au détriment du référendum constitutionnel afin de s’octroyer une présidence à vie, il est tout naturellement plus qu’urgent, au nom de la paix, de la quiétude nationale, que la représentante de la Minusca qui est de nationalité rwandaise, c’est – à – dire un fonctionnaire international qui prend ses directives de son pays et rend compte personnellement à un certain Paul Kagamé, celui – là même dont les intérêts en Centrafrique ne peuvent continuer à être garantis que par le maintien au pouvoir de Touadéra, puisse organiser une conférence de presse et donner officiellement sa position pour ne pas être considérée comme un agent de renseignements à la solde de son mentor, le nommé Paul Kagamé, soigneusement métamorphosé en fonctionnaire de l’Onu. Pour être clair et précis, qu’est – ce qu’elle pense de la décision de ce dernier de recourir au référendum constitutionnel, en lieu et place des élections locales ? Est – ce que la Minusca va apporter ses appuis à Touadéra dans ses manœuvres de s’éterniser au pouvoir, conformément à son mandat tel que énoncé ci – dessus ? Ou prendra – t – elle des mesures en adéquation avec les termes de la résolution 2659 pour laisser ce Monsieur seul face à son aventure, afin d’éviter de nouvelles crises dans ce pays ?

En outre, selon des folles rumeurs persistantes, l’Imposteur de Bangui a ordonné la distribution des armes de guerre à ses milices et aux populations civiles dans les zones où les ressortissants de son ethnie seraient majoritaires. De la sous – préfecture de Bogangolo à Mandjo en passant par Damara, des fusils d’assaut AK – 47 ont été repartis à raison de dix par village. A Bangui, cette opération de remise des engins de guerre et de mort, à des civils, est observée depuis quelques jours dans le 4ème arrondissement et notamment dans le quartier Mandaba, attenant à la résidence de l’Imposteur de Bangui. Qu’en dit, par conséquent, la Minusca ? Absolument rien, au moment où nous mettons sous presse cet article, c’est  – à – dire à quelques heures seulement de sa conférence hebdomadaire.

Néanmoins, comme nous l’avons souligné un peu plus haut, la principale mission de la Mission n’est rien d’autre que de protéger les populations civiles. A cet effet, elle est tenue de « Collaborer avec les autorités centrafricaines pour recenser et signaler les menaces et les attaques dirigées contre des civils, mettre en œuvre les plans de prévention et d’intervention existants et renforcer la coopération civilo -militaire, y compris la planification conjointe ; Prendre des mesures actives, en appui aux autorités centrafricaines, pour anticiper, écarter et contrer efficacement toute menace grave ou crédible visant la population civile selon une approche globale et intégrée, et à cet égard Assurer une protection efficace et dynamique des civils se trouvant sous la menace de violences physiques selon une démarche globale et intégrée, notamment en anticipant, dissuadant et faisant cesser toutes les menaces de violences dirigées contre la population, en consultation avec les communautés locales, et en appuyant ou engageant des initiatives de médiation locale pour empêcher l’intensification de la violence, conformément aux principes fondamentaux du maintien de la paix, et les flambées de violence entre groupes ethniques ou religieux rivaux ; Améliorer ses relations avec la population civile, renforcer ses mécanismes d’alerte rapide, redoubler d’efforts pour détecter et constater les violations du droit international humanitaire, les violations des droits de l’homme et les atteintes à ces droits, et renforcer la participation et l ’autonomisation des communautés locales ; Maintenir un déploiement préventif et une présence mobile, flexible et robuste, y compris en organisant des patrouilles actives, en particulier dans les zones à haut risque ; Atténuer les risques auxquels sont exposés les civils avant, pendant et après toute opération militaire ou policière, notamment en surveillant, en prévenant et en limitant au minimum les dommages que peuvent causer aux civils les opérations, la présence et les activités de la Mission et en y remédiant, y compris en ce qui concerne les opérations menées en appui aux forces nationales de sécurité ; – Collaborer avec les autorités centrafricaines pour recenser et signaler les menaces et les attaques dirigées contre des civils, mettre en œuvre les plans de prévention et d’intervention existants et renforcer la coopération civilo – militaire, y compris la planification conjointe ».

Alors que dit – elle, devant cette situation socio – politique extrêmement tendue du fait des agissements criminels de l’Imposteur de Bangui ? Prendra – t – elle, au vu de ces informations et de toutes ces menaces à la paix et au vivres ensemble, des mesures robustes pour mater dans l’œuf ces opérations de massacres et de tueries de masses en préparation, dignes des SS dans les années 1934 – 1945 ?

Aux dernières nouvelles, il est établi que l’on peut donc tout aisément comprendre que la Minusca va inévitablement jouer un rôle en faveur du pouvoir, lorsque, de manière interne, le personnel ne cache plus un soupçon et semble avoir opté pour une vrai-fausse neutralité; mais, en réalité, elle apportera toute facilité aux autorités de Bangui et à leurs représentants dans les régions intérieures dans l’organisation du référendum. Qui dit mieux ? Personne.

La rédaction

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