CENTRAFRIQUE : RAPPORT D’ENQUETE SUR L’ATTAQUE DE BOYO, PREFECTURE DE LA OUAKA Du 6 au 13 décembre 2021

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RAPPORT D’ENQUETE SUR L’ATTAQUE DE BOYO, PREFECTURE DE LA OUAKA Du 6 au 13 décembre 2021

Résumé

Le présent rapport publié par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme présente
les résultats de l’enquête de la Division des droits de l’homme de la Mission
Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République
centrafricaine (MINUSCA).). Il est publié en vertu du mandat de promotion et de protection
des droits de l’homme du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, décrit dans la
Résolution 48/141 de l’Assemblée générale des Nations Unies, de 20 décembre 1993 et de
la résolution du Conseil de sécurité 2605, du 12 novembre 2021, qui donne notamment pour mandat à la MINUSCA de « suivre la situation en ce qui concerne les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises sur l’ensemble du territoire de la République centrafricaine et les atteintes à ces droits, lui rendre compte chaque année, concourir aux enquêtes y relatives et assurer leur suivi »
1.

Le rapport fait état des résultats des enquêtes de la Division des Droits de l’Homme
de la MINUSCA. Il expose en détails les violations et les abus des droits de l’homme ainsi
que les violations du droit international humanitaire (DIH) commis dans le village de Boyo
(situé à 120 km de Bambari).Ces violations et abus ont été commises du 06 au 13 décembre 2021
2 par des éléments armés composés majoritairement d’anciens combattants de la milice anti-Balaka mais aussi des dizaines de jeunes recrutés par les autres personnels de sécurité (APS) 3 et les forces armées centrafricaines (FACA) dans les quartiers et dans les villages autour de Bambari et Tagbara. Les violations des droits de l’homme recensées par la MINUSCA comprennent des meurtres, des blessures, des prises d’otages, des appropriations ou des destructions de biens, des déplacements forcés et des violences sexuelles liées au conflit.

L’attaque ciblant la communauté musulmane de Boyo du 06 au 13 décembre 2021,
notamment les meurtres et atteintes à l’intégrité physique les 06 et 07 décembre 2021, a
entraîné la mort d’au moins 20 personnes, y compris une fille de 12 ans, trois garçons et 16 hommes.
4 Au moins 12 personnes, dont deux enfants, neuf hommes et une femme, ont été blessées principalement à l’arme blanche.

Les enquêtes menées ont révélé le caractère systématique du pillage et de la
destruction de biens par les assaillants alors qu’ils avaient pris le contrôle du village de Boyo. Les assaillants ont incendié 547 maisons, pillé des biens et les stocks de nourriture. Les actes de violence dirigés contre la communauté musulmane et la destruction d’habitations et d’autres infrastructures dans le village ont forcé ses habitants à fuir et à ne revenir que lorsqu’une base temporaire de la Force de la MINUSCA a été installée pour sécuriser le village. Près du quart de près de 4,500 habitants, musulmans ou chrétiens, a fui le village dès le début des attaques et dans les jours qui ont suivi.

L’enquête de la MINUSCA a conclu que l’attaque de Boyo et ses environs était bien
coordonnée et menée de manière préméditée dans l’intention de punir les musulmans de
Boyo, considérée comme acquis à la cause de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC).

La MINUSCA a établi que, dans les mois qui ont précédé les attaques du 06 au 13
décembre, des miliciens associés aux anciens anti-Balaka ont reçu une formation de la part
des FACA/APS à Bambari. Ces derniers ont organisé le transport et l’équipement en armes
des assaillants qui ont attaqué le village de Boyo et ses environs. L’enquête de la MINUSCA
a établi qu’au moins cinq femmes ont été victimes de violences sexuelles liées au conflit,
perpétrées par les assaillants entre le 6 et 13 décembre 2021.

Les actes commis par les assaillants durant les attaques et la période pendant laquelle
le village de Boyo était sous leur contrôle constituent de graves violations du droit
international humanitaire applicable aux situations de conflit armé non-international, et
pourraient être qualifiés de crimes de guerre, et de crimes contre l’humanité pour lesquels
les auteurs directs et indirects, les commanditaires et planificateurs pourraient être tenus
responsable pénalement.

Source : RAPPORT D’ENQUETE SUR L’ATTAQUE DE BOYO, PREFECTURE DE LA OUAKA Du 6 au 13 décembre 2021

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