Centrafrique : Qui a voulu en finir avec l’ancien président François au village Nguénguélé à 25 Km de Dékoa ?

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Centrafrique: 1er décembre 2020 au goût de cendres pour le village de #Nguénguélé1 situé à 26 km de Kaga-Bandoro (ancien Fort CRAMPEL)
Un drame ordinaire dans la campagne centrafricaine à un mois des élections présidentielle et législatives
Une mission de sensibilisation et de mobilisation du KNK a quitté Bangui lundi 30 novembre, dernier jour du mois de novembre 2020, en milieu de matinée, en direction de Kaga-Bandoro, Chef-lieu de la Nana-Gribizi. Le timing et le contexte politique de cette mission, somme toute ordinaire pour le Kwa Na Kwa, et qui vient après celles de Bouar, de Bossangoa de Mbaïki ou de Mokinda, semblent avoir provoqué d’énormes inquiétudes dans les milieux du pouvoir de Bangui et ont suscité les supputations les plus folles sur la toile.
Après les étapes de Sibut dans la préfecture de la Kémo, et les arrêts du cortège de François BOZIZÉ Yangouvonda dans presque toutes les grosses bourgades et villages traversés, sous les acclamations enthousiastes des populations alertées par la mission précurseur de la veille, le cortège a pénétré dans la ville de Dékoa vers 18H30. Il y faisait déjà nuit. Cependant de nombreux taxi-motos ont fait une haie d’honneur au cortège du KNK pour le diriger vers le centre-ville.
Mais, maintenant son objectif initial, le cortège a poursuivi sa route vers Kaga-Bandoro au grand dépit des mototaxis. Cependant, dix minutes plus tard, saisi d’une inspiration heureuse, le Président Fondateur du KNK va se concerter avec son équipe, et décider de rebrousser chemin pour passer la nuit à Dékoa.C’est ce 1er décembre, jour anniversaire de la proclamation de la République Centrafricaine en milieu de matinée, que le cortège a quitté Dékoa pour se diriger vers sa destination finale.
Or, la veille au soir, un commanditaire inconnu – qui se reconnaîtra – a passé un contrat de 20 millions de Francs CFA dans le milieu des éléments armés incontrôlés de Kaga-Bandoro, pour donner à qui-voudra la mission d’empêcher le cortège de François BOZIZÉ de rentrer dans la ville. Nous n’aurions pas eu l’inspiration de rebrousser chemin que notre cortège aurait pu être mitraillé à l’approche de Kaga-Bandoro. Aussitôt dit, de nombreux éléments armés incontrôlés sont allés former un premier bouchon pour interdire l’accès à Kaga-Bandoro. Informées, les autorités militaires de la ville et les forces de la MINUSCA sont allées disperser ce premier élément. Mais de petits groupes, alléchés par le pactole promis de 20 M° de F cfa ont continué toute la nuit à passer à travers les mailles du filet pour se mettre en embuscade.
C’est l’un de ces groupes qui a attaqué à l’aube du 1er décembre 2020 le petit village de Nguénguélé 1 (Chef Ndama Jérôme) occasionnant trois morts, une femme enceinte et son compagnon, ainsi que deux blessés. Les assaillants, réputés être des Sélékas de confession musulmane, ont également brûlé huit maisons dans le village, avivant fortement les tensions intercommunautaires dans une région et un village qui n’ont guère besoin de cela.
À une trentaine de kilomètres avant d’arriver à Kaga-Bandoro, nous avions déjà été très surpris de ne plus croiser aucun véhicule provenant de cette ville. De même nous avons observé deux colonnes ininterrompues de femmes, d’hommes et d’enfants portant sur la tête des baluchons hétéroclites et s’éloignant tous dans la direction inverse de la nôtre. Ce sont eux qui nous ont informés les premiers de l’attaque qui avait endeuillé très tôt le matin leur village, avec des pertes matérielles importantes et collatérales en vies humaines.
Voilà comment l’inconscience des hommes politiques, leur désir inconsidéré de conserver le pouvoir à tout prix, quitte à manipuler à grande échelle les votes de leurs concitoyens, et à empêcher l’opposition démocratique de circuler librement sur l’ensemble du territoire, continuent d’alimenter la guerre et l’insécurité dans l’arrière-pays de la République Centrafricaine. Après cette bavure, il y a en effet un sentiment d’inquiétude grandissante chez les camionneurs, les transporteurs, et tous les voyageurs à motos ou à pieds. Le risque de dérapage est certain si les habitants du village-martyr décident de s’en prendre à leurs compatriotes en djellabas.
Le long discours tenu par le candidat François BOZIZÉ dans le village meurtri a donc visé à calmer les esprits, à appeler à la solidarité intercommunautaire et à inciter les villageois à ne pas tomber dans le piège de la haine et de la division.
Jean-Eudes Teya

Secrétaire Général du

Kwa Na Kwa

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