Centrafrique : questionner une gouvernance n’est pas insulter, M. l’Imposteur de Bangui !

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La célébration des festivités de la reconduction trop litigieuse et trop critiquée de l’Imposteur de Bangui à la tête du pays, le jeudi 30 mars 2023, a été singulièrement marquée par une interview organisée par la presse nationale. De ces échanges, nous avons retenu ce qui suit :

« Selon des informations en notre possession et disponible sur les réseaux sociaux, le chef de l’État a salué l’honneur qui lui a été fait lorsqu’il a été élu massivement dès le premier tour du scrutin présidentiel du 27 décembre 2020, qualifié de crédible, libre et transparent par la communauté internationale. Cependant, Touadera a souligné que depuis le début de son deuxième mandat, le pays n’avait pas connu de répit dans la gestion de ses problèmes sécuritaires. Il a déploré les visées géostratégiques liées aux ressources naturelles de la RCA, ainsi que les ingérences étrangères qui ont entravé le développement du pays.  Le président a également évoqué le pillage systématique des ressources naturelles et la déstabilisation politique encouragée par certains pays occidentaux ou leurs sociétés qui financent des groupes armés terroristes. Touadera a condamné les attaques récurrentes des groupes armés terroristes qui visent à rendre le pays ingouvernable, à empêcher l’État d’exercer son droit de souveraineté sur les ressources naturelles et son droit légitime à l’autodétermination. Le chef de l’État a en outre dénoncé l’attaque terroriste perpétrée, le 19 mars courant, sur le site minier de la société Gold Coast Group à Chimbolo, à 25 Km de Bambari, qui a coûté la vie à neuf ressortissants chinois. Trois autres ressortissants chinois ont été pris en otage dans un site minier à Abba, dans la Préfecture de la Nana-Mambéré, une semaine auparavant. Touadera a exprimé ses sincères condoléances à la République populaire de Chine, aux familles des victimes et a souhaité un prompt rétablissement aux blessés. Le président a également condamné fermement les attaques terroristes et les prises d’otages qui visent à briser la coopération et décourager les investisseurs étrangers. Le président Touadera a réaffirmé son engagement à travailler en étroite collaboration avec les partenaires internationaux pour relever les défis sécuritaires auxquels la RCA est confrontée et à améliorer les conditions de vie des Centrafricains ».

En écoutant celui qui a été déclaré élu par l’ANE par seulement 17% du corps électoral à l’issue des élections catastrophiques du 27 décembre 2020, singulièrement marquées par des actes de graves irrégularités dont l’incontestabilité a fini par leur ôter tout critère de démocratie, de liberté, de sincérité, de crédibilité, de transparence, de régularité, d’honnêteté et d’inclusivité, et desquelles plus de 300.000 Centrafricains ont été délibérément exclus, nous pouvons légitimement relever que le candidat qu’un certain Faustin Archange Touadéra a été, ignore superbement les grands enjeux des scrutins organisés en 2015 par une transition jugée trop chancelante  par le président tchadien feu Idriss Déby.

Pour sa propre gouverne et l’information de ses communicants et de la masse des âmes corrompues qui le soutiennent, nous nous faisons l’humble de leur rappeler que l’organisation de ces élections groupées qui se devaient d’être véritablement démocratiques avaient non seulement pour buts le retour à l’ordre constitutionnel, mais surtout visaient au désarmement des quatre groupes armés qui sévissaient à l’époque, à la tenue d’un dialogue politique inclusif, au retour définitif de tous les exilés et réfugiés, à la réconciliation nationale et à la renaissance de la République par la mise en œuvre des recommandations du Forum de Bangui.

Et justement, c’est dans l’objectif d’aider le nouveau régime à relever tous ces défis que le président de l’URCA Anicet Georges Dologuélé avait refusé de contester les irrégularités ayant caractérisé ces consultations et s’était joint au premier gouvernement de Simplice Mathieu Sarandji pour prendre part, le 17 novembre 2016 à Bruxelles, à la conférence des bailleurs de fonds dont les promesses de dons avaient finalement dépassé les 2 milliards de dollars. Quoique ce montant fût néanmoins insuffisant pour réaliser l’intégralité du plan de redressement sur cinq ans (2017 – 2021) présenté par Bangui et chiffré à 3,1 milliards USD, il devait permettre de remplir « les priorités des priorités, les actions d’extrême d’urgence », avait expliqué le président Touadéra lors d’une conférence de presse, citant l’investissement dans l’armée et le désarmement des rebelles qui contrôlent encore « une bonne partie du territoire ». C’est pourquoi, pour lui, « la conférence a tenu toute sa promesse ».

Avec des donateurs s’engageant à fournir « 2,268 milliards de dollars » sur trois ans, chiffre encore provisoire selon lui, l’objectif est atteint « à 141% », avait déclaré Faustin-Archange Touadéra, en référence aux 1,6 milliard USD jugés nécessaires pour 2017, 2018 et 2019. Au final, l’UE, qui se présente comme le premier donateur, avait promis 778 millions de dollars d’ici à 2020 : 450 de la Commission, auxquels s’ajoutent 328 millions des États membres. Il s’agissait de « soutenir les efforts que fournit la RCA pour parvenir à la paix, à la sécurité et à la réconciliation » et d’ « encourager le développement et la reprise économique, tout en continuant à fournir une aide humanitaire », selon un communiqué de l’UE, qui aide par ailleurs à la formation des soldats centrafricains à travers sa mission EUTM RCA lancée en juillet pour deux ans. La Banque mondiale, selon un de ses responsables, s’est engagée « au-delà des 500 millions USD » sur trois ans.

Sept (7) années plus tard, que s’est – il passé ? Pourquoi les groupes armés qui n’étaient que quatre (4) lors de son accession à la tête du pays en 2016, ont – ils été multipliés par quatre (4) en 2019 ? Pourquoi n’ont – ils pas été désarmés, démobilisés et réintégrés, conformément aux termes de l’Accord de Paix de Khartoum du 6 février 2019, en parfaite adéquation avec les recommandations du Forum de Bangui ? Où en sommes – nous aujourd’hui avec le projet de réinstallations des déplacés internes et réfugiés centrafricains dans les pays voisins (Tchad, Cameroun), dont le total était estimé à 850 000 personnes ? Quel est le bilan des réalisations du plan de redressement sur cinq (5) ans, c’est – à – dire de 2017 à 2021 ? Pourquoi la France, l’Ue et les différents partenaires financiers de la RCA qui étaient présents à Bruxelles, le 17 novembre 2016, ont – ils décidé de suspendre leurs appuis budgétaires en 2021 ? Peut – on disposer des éléments de preuves des visées de pillages systématiques des ressources de ce pays par les Occidentaux ?

Voilà de pertinentes questions qui peuvent découler de cette sortie médiatique de l’Imposteur de Bangui et auxquelles il aurait dû répondre, s’il avait un tant soit peu du respect pour les 289.000 électeurs qui avaient voté pour lui. A défaut de s’assumer courageusement et de reconnaître son incapacité totale à relever les grands défis sus – évoqués, redresser l’économie à l’agonie du deuxième pays le plus pauvre du monde, dont plus de la moitié des habitants ont besoin d’assistance humanitaire et un quart ont fui leur domicile depuis le début de la guerre civile en 2013, selon l’ONU, appeler à la réconciliation nationale, tendre la main à l’opposition démocratique et à vaincre pacifiquement les groupes armés pour un retour définitif de la paix, il s’est lancé dans un charabia sans fin contre la France et les occidentaux, comme si c’était eux qui lui ont confié la gestion de la RCA. Cela s’appelle tout simplement de la lâcheté la plus honteuse.

En réalité, le candidat que fut un certain Faustin Archange Touadéra n’avait tout d’abord aucune volonté politique courageuse de rentrer dans l’histoire en suscitant et en incarnant l’espoir pour son peuple par des comportements éminemment révolutionnaires et n’avait pas ensuite de projets, habilement pensés, traduits en chiffres, insérés dans les différentes lois de finances et devant être réalisés, pendant son premier mandat et le deuxième. Il l’avait démontré lors de la conférence de presse qui l’avait opposé au candidat AGD peu avant le 2ème tour des élections de 2015. C’est pourquoi depuis sa prise de fonctions présidentielles, le 30 mars 2016, il ne pouvait et ne peut nous servir et nous imposer que « du pilotage à vue » avec comme conséquences toute sorte de déviances communément appelées mal – gouvernance politique, institutionnelle, économique et sociale. Devant la gravité de ses abus de pouvoirs et le caractère imprescriptible des crimes que lui et ses ouailles ont commis de connivence avec les groupes armés, et convaincu des gros risques qu’ils encourraient au regard du noble principe de la reddition des comptes, il a alors catégoriquement refusé de dialoguer avec l’ensemble du corps social.

Afin de protéger son pouvoir et s’octroyer une présidence à vie, il a profité de l’organisation des élections catastrophiques du 27 décembre 2020 pour faire appel à des mercenaires du Groupe Wagner et rwandais. Alors prétextant reconquérir tout le territoire national, il les a ensuite déployés insidieusement dans les zones riches en ressources minières, leur offrant l’opportunité de les piller, tuer les populations riveraines confondues à tort à des rebelles, de violer, de torturer, d’incendier leurs habitations et de forcer les habitants à de permanents déplacements. Conseiller par ses nouveaux protecteurs, il relève de ses fonctions la présidente de la cour constitutionnelle, initie la rédaction d’une nouvelle constitution, contrôle les médias, ferme l’espace politique, lance ses milices contre les opposants et engage des campagnes de désinformation contre la France, ses ressortissants, ses intérêts économiques et les Occidentaux.

Malheureusement pour lui, face à ces flagrantes dérives dictatoriales, des voix s’élèvent au sein de la classe politique et de la société civile. Des hommes et des femmes qui se sont battus pour l’avènement du pluralisme démocratique refusent de courber l’échine pour se faire sodomiser et être asservis dans leur propre pays et sur la terre de leurs aïeux et de leurs ancêtres. Alors que certains utilisent leur plume pour remuer le couteau dans la plaie, d’autres recourent à des « lives », écrivent des memoranda et organisent des manifestations devant les ambassades de la Fédération de Russie et du Rwanda, à Paris. Leurs cris de détresse traversent des murs, des mers et des océans, parviennent dans les oreilles des grands décideurs des affaires du monde, à Paris, Bruxelles, et Washington, et des décisions tombent. Fermeture de toutes les vannes financières et prises de sanctions de gels des avoirs et d’interdictions de voyager contre les dirigeants du Groupe Wagner et les entreprises qu’ils gèrent. Sentant l’étau se resserrer dangereusement contre lui et ses plus proches collaborateurs, en réaction, l’Imposteur de Bangui rentre dans tous ses états et indexe les Centrafricains de la diaspora et les accuse de l’insulter.

Pauvre Touadéra ! La République centrafricaine n’est pas votre propriété. Elle est l’apanage de plus de 5 millions de Centrafricains qui ont lutté au prix de mille sacrifices pour l’avènement du pluralisme démocratique en 92. Comprenez  tout simplement qu’il n’y a aucune vertu à perpétuer, dans toute société qui se dit et se veut démocratique comme la nôtre, de mauvaises pratiques, c’est cela la réalité. Car, on ne peut plus persister dans les pratiques d’antan et vouloir la rupture. De ce fait, il revenait à vous et à votre gouvernement de donner la force et la crédibilité nécessaire à nos institutions. C’était cela la rupture promise aux Centrafricains. Et dans cette tâche, tout le monde était et est concerné par cette politique de reddition des comptes. Mais comme vous avez lamentablement échoué et que votre gouvernance a été et est une rivière charriant des milliers de cadavres de Centrafricains baignant dans leur sang, vous devez savoir que critiquer cette gouvernance ne signifie pas vous insulter ; c’est tout simplement faire preuve d’une démarche citoyenne et exiger des comptes à une autorité publique.

La rédaction

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