CENTRAFRIQUE: QU’EST-CE QUI NE VA PAS A L’UNITÉ D’EXÉCUTION DU PROGRAMME NATIONAL DU DDRR?

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Trop de plaintes des agents publics détachés auprès de l’Unité d’exécution du Programme national de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (UEPNDDRR) rattachée à la Présidence de la République. Des chauffeurs utilisés sans contrat, sans salaires, se contentant seulement de frais de mission périodiques dont le montant n’est pas fixe. Des fonctionnaires et agents publics privés d’indemnités et primes pendant plus d’un an, de sorte que le cœur n’est plus à l’ouvrage. Refus des gestionnaires de l’Unité de recevoir les gens et usagers pour répondre à leurs questions ou préoccupations. Le tout révélateur d’une omerta habile qui couvre qui on sait… Enquêtes exclusives.

L’Equipe mobile flouée

Dans le cadre de l’opérationnalisation de son programme d’activités, le Coordonnateur général de l’UEPNDDRR avait demandé et obtenu de certaines institutions de la République la mise à sa disposition des cadres utilisés à plein temps à l’Equipe mobile de l’UEPNDDRR. Ainsi:
-le ministre de la Justice a mis à sa disposition deux magistrats de haut rang;
-la Direction générale de la police a mis à sa disposition deux commissaires de police, officiers de police judiciaire (OPJ);
-la Direction générale de la gendarmerie a mis à contribution deux officiers gendarmes, OPJ;
-l’Etat-major des forces armées a mis à sa disposition deux (2) officiers de l’armée.
Les éminents magistrats et hauts cadres de l’Armée et des forces de sécurité intérieure (FSI) ont commencé à travailler au sein de l’Equipe mobile de l’UEPNDDRR depuis début 2018, et ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour la bonne cause. Malheureusement, leur traitement n’est pas comme ce qui a été prévu par le demandeur et l’utilisateur.
En effet, dans les différentes correspondances à valeur d’avis de recrutement  envoyées par le Conseiller DDRR à la Présidence de la République, Coordonnateur général de l’UEPNDDRR, les règles du jeu étaient pourtant bien fixées en ce qui concerne le traitement des compétences sollicitées, qui sont des experts dans leurs domaines respectifs: «La personne désignée détachée auprès de l’UEPNDDRRR, gardera son salaire d’origine et ne recevra de la part de l’UEPNDDRR que des indemnités pendant la durée de son détachement » (sic). Or, que se passe-t-il?
Les hauts magistrats et cadres des Forces de défense et de sécurité (FDS) détachés à l’UEPNDDRR et affectés à l’Equipe mobile n’ont jamais perçu les indemnités promises et prévues par ailleurs dans le budget de l’UEPNDDRR. Ils ne perçoivent juste que leurs salaires de l’Etat mais jamais les indemnités et autres primes dues au regard de la délicatesse de leurs missions qui les conduisent souvent dans des zones à hauts risques à l’intérieur du pays. Ils n’ont que les frais de mission dont le montant n’est pas fixe, bizarrement.
D’après nos enquêtes, un jour, en pleine mission, il leur a été versé des frais de mission dont le montant est de 16.000F par jour. Le lendemain, on vient s’excuser auprès d’eux en leur disait il y a un reliquat de 500F de frais de mission par jour qu’on a oublié de leur payer. Si le montant de frais de mission est de 16.500F par jour, comment pouvait-on oublier ce montant au début du paiement? Il y a anguille sous roche: intention manifeste de détourner les frais de mission. N’y aurait-il pas détournement des indemnités impayées jusqu’à ce jour? La question mérite d’être posée.
De même, les chauffeurs utilisés au niveau de l’Equipe mobile seraient sans contrat d’embauche et sans salaires. Ils n’auraient droit qu’aux frais de mission (à montants variables) lorsqu’on les envoie en provinces. Moralité ou déduction: «l’exploitation de l’homme par l’homme» en plein 21e siècle existe en Centrafrique sous le régime Touadéra.

Urgence d’un audit et de régularisation

Si ces informations s’avéraient, le président Touadéra, le No1 de la politique et de la mise en œuvre du DDRR, doit prendre ses responsabilités pour:
-commettre une mission d’audit de gestion des ressources humaines, matérielles, financières et logistiques de l’UEPNDDRR. Cette mission doit comprendre obligatoirement les représentants des partenaires techniques et financiers (PTF) engagés dans le DDRR;
-rendre public le rapport de mission d’audit;
-prendre des sanctions appropriées à l’encontre des auteurs, co-auteurs et complices de la mauvaise gouvernance à l’UEPNDDRR;
-revoir l’équipe d’administration et de gestion de l’UEPNDDRR.
Aussi, entendu que des hauts magistrats et cadres des FDS ont subi des préjudices du fait de l’employeur et utilisateur qui n’a pas respecté ses engagements, et que des chauffeurs ont été recrutés sans base contractuelle et utilisés sans aucune compensation, que les préjudices et manques à gagner peuvent coûter cher à l’Etat, il y a lieu que la nouvelle équipe d’administration et de gestion de l’UEPNDDRR ait l’impérieux devoir de corriger toutes les erreurs commises par l’équipe du colonel Selesson et la haute hiérarchie politique du PNDDRR, ce, en procédant à:
a) la clarification du montant des frais de mission;
b) la clarification des grilles des indemnités et primes dues à tous ceux qui ont travaillé à l’Equipe mobile de l’UEPNDDRR et notamment:
-les indemnités de responsabilité;
-les indemnités de suggestion;
-les indemnités de transport;
-les indemnités de communication;
-les primes de risque.
c) la signature des contrats de travail en bonne et due forme;
d) le paiement des arriérés d’indemnités, primes, et salaires aux ayant-droits, et ce ne sera que justice.
Affaire à suivre.

Par Damoclès Diriwo
Source: MEDIAS+ N°2092 du Lundi 04 mars 2019

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