CENTRAFRIQUE : QUELLES REPONSES APPROPRIEES AUX RECURENTES QUESTIONS DES STATUTS PARTICULIERS, SOURCES DE NOMBREUX MALHEURS DES CENTRAFRICAINS ?

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QUELLES REPONSES APPROPRIEES AUX RECURENTES QUESTIONS DES STATUTS PARTICULIERS, SOURCES DE NOMBREUX MALHEURS DES CENTRAFRICAINS ?

« Sans la prise en compte de la dimension peuple et nation, toutes actions et luttes politiques ne sont que calamités, abominations et frustrations »

INTRODUCTION

Comme les doigts de la main qui n’ont pas la même taille ni la même grosseur mais qui exercent chacun, des tâches et des fonctions dont la somme constitue la force et l’habilité de la main, Les inégalités sociales mais plus exactement, les inégalités socio-professionnelles qui forment les maillons de la chaîne de l’Administration d’un Etat donné exercent chacune, des tâches et des fonctions interdépendantes pour le développement dudit Etat ainsi que pour le bonheur et la prospérité du peuple de cet Etat.

Et, lorsqu’un doigt est malade ou, lorsqu’un doigt aura connu une fracture quelconque, c’est toute la main qui est paralysée et ne pourra plus satisfaire aux besoins quotidiens de l’homme. Ainsi, les tâches qui devraient être exécutées par ladite main vont s’accumuler et porter préjudices à l’homme et au service duquel il relève.

De même, lorsque le planton, celui qui semble ne pas avoir de valeurs aux yeux des cadres et des usagers est malade ou accomplit très mal ses tâches, les courriers d’extrême urgence arriveront en retard chez leurs destinataires ou pas du tout. Du coup, les services en seront paralysés avec des conséquences incalculables sur tous les plans.

Aussi, convient-il de le mentionner que même au sein de la famille, les personnes les plus minables soient elles, ont de rôles importants à jouer. Ce sont ceux, généralement appelés les ‘‘alcolos’’ qui, en cas de décès dans la famille, certains, se chargeant de bêches et de pelles vont au cimetière pour la fosse, d’autres avec le cercueil, entrent dans la morgue pour sortir le cadavre, le nettoyer, l’habiller puis, l’ensevelir.

Ces évidences qui mettent en relief l’importance et l’utilité de chaque élément d’une structure donnée, les Centrafricains et principalement, les gouvernants, les hommes politiques, les éclairés ou intellectuels, les travailleurs organisés ou non en syndicat sont encore très loin d’en appréhender les subtilités nuisibles.

Ces subtilités nuisibles au peuple et à la nation, le feu Barthélemy BOGANDA les avait bien cernées et avait bien identifié les remèdes y relatifs. Quelles que soient la dimension de la fonction du Centrafricain, ou de sa propre taille physique, chaque Centrafricain avait, a, et aura des besoins à satisfaire tant sur le plan de la santé, de la nourriture, de l’habillement, du logement que de l’instruction.

C’est le sens de ses cinq (05) verbes à savoir : « se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner et s’instruire » qu’il résumait en ces termes : « ces problèmes renferment toute la question humaine sans la solution de laquelle, nous (Africains), ne ferons que marquer le pas pour disparaître ensuite de la planète ».

Paroles prophétiques ou pas, Barthélemy BOGANDA a vu juste et a prédit ce qui se passe des décennies durant en République Centrafricaine. Depuis sa mort jusqu’à ce jour, pendant la majeure partie du temps, le peuple Centrafricain, du moins, les Centrafricains sous leurs dirigeants successifs n’ont fait que marquer les pas et, alors que les autres attendent de disparaître de cette terre, certains, mais plus nombreux, l’ont déjà fait.

Apparaissant comme de nouveaux ‘‘colons noirs’’, les dirigeants Centrafricains ne se sont pas du tout préoccupés du bien-être des populations. De ce fait, les cinq (05) verbes de Barthélemy BOGANDA ont été et continuent d’être mal conjugués par tous les citoyens Centrafricains sans exclusive.

Ainsi, profitant des possibilités de revendications qu’offrent les mouvements de contestations syndicales et politiques, des années 1979 ayant favorisé la chute de l’Empire et qui se prolongent encore, certains fonctionnaires, cadres et agents de l’Etat ont pu obtenir leur sortie de la sphère du salaire colonial au moyen de leur statut particulier. L’on citera les statuts particuliers des professeurs de l’Université ; des Magistrats et des Policiers récemment.

De là, les revendications corporatives et plus particulièrement, les grèves des enseignants et du personnel de la santé sont devenues de puissants moyens pour obtenir la chute d’un régime avec ce que cela comporte comme conséquences désastreuses. Peu importe les malades qui meurent en nombre dans les hôpitaux et les élèves soumis à l’analphabétisme de retour et pour toujours.

L’excès d’orgueil des dirigeants qui cache leurs faiblesses de gouvernance et leur incapacité à anticiper sur les évènements par le dialogue et les négociations les a toujours conduits à l’échec, c’est-à-dire, à la perte du pouvoir tant chéri. Les revendicateurs des droits intransigeants et intraitables de leur côté, ont toujours tiré leurs mouvements en longueur jusqu’à l’obtention de leurs droits ou de la chute du pouvoir.

Et, entre l’intransigeance des dirigeants qui fait durcir et prolonger les batailles politico-syndicales, les innocentes et éternelles victimes ont été et demeurent toujours :

Ces milliers d’enfants Centrafricains, élèves, écoliers, lycéens et étudiants qui ont connu de longues années blanches empêchant certains d’être scolarisés et, perturbant totalement le cycle des années académiques pour d’autres ;

Ces milliers de Centrafricains des deux (02) sexes et de tous les âges qui meurent pendant les ruptures de travail dans les hôpitaux et les centres de santé en terre Centrafricaine ;

Cette nation Centrafricaine condamnée à ne pas prendre son envol car, tous les efforts et toutes les initiatives de développement sont annulés par les mouvements de revendications, de véritable paralysie nationale avec ses corollaires que sont la paupérisation et les diverses crises… ;

L’histoire ne servant pas, ni ne corrigeant pas en République Centrafricaine car, ‘‘ça n’arrive qu’aux autres’’, telle semble être le crédo des dirigeants et hommes politiques Centrafricains. Ce que l’on ne croyait plus réapparaître au cours du régime actuel, vient de secouer le pays à travers les grèves d’avertissement des enseignants du Fondamental 1, 2 et technique suivies de celles du personnel de la santé.

Les germes de ce qui se passent aujourd’hui étaient latents et en gestation évolutive. Et, les premières tentatives d’éclosion déviées de justesse ont commencé avec :

a) La tentative de rétention sur le statut Particulier de la Police déjouée grâce à l’implication personnelle de Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, et à la sagesse du Syndicat de la Police. Le Cercle des Ecrivains, Journalistes, Artistes et Chercheurs de Centrafrique (CEJACC) en a fait écho dans son article du 21 Octobre 2021 titré : « Extrême Alerte de Sécurité !!! Quand des Ministres se servent de la Police pour éjecter le Président TOUADERA du Pouvoir… »,

b)La grève du personnel de la Santé pour le non-paiement de leurs indemnités de COVID 19 bloquées au niveau des Finances. Une situation réglée après deux (02) journées de grèves aux conséquences énormes sur les malades. Le Cercle n’a pas manqué de donner son avis à titre d’un appel à la conscience de l’Etat à cet effet et ainsi libellé : « Quand un super Ministre contribue à la mort de plusieurs malades avant d’annoncer le versement des perdièms dus au personnel entré en grève suite à ses propres caprices ». Octobre 2020.

Mais, comme l’histoire n’a jamais servi, ne sert jamais et ne servira jamais en Centrafrique car, ‘‘ça n’arrive qu’aux autres’’, allèguent allègrement les dirigeants Centrafricains et leurs collaborateurs les mieux écoutés, les deux (02) dernières grèves ont été déclenchées pour des causes fondées certes, mais, la période choisie et le comportement des grandes autorités du régime actuel viseraient somme toute, à obtenir la fin d’un épisode par une complicité comme le dirait l’Empereur BOKASSA 1er en 1979. « A moins que ça ne soit un complot ».

Car, qui aurait imaginé que le personnel de la santé devrait en arriver là ? C’est le seul Département Ministériel qui, depuis le 30 Mars 2016, a constitué l’espoir et l’espérance de tous les Centrafricains sans exclusive. La présence très constante aussi bien du Ministre que des agents, techniciens et cadres du Ministère de la Santé auprès des populations des vingt (20) Préfectures désormais, a donné un contenu au concept de l’Autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire au régime et, a permis aux mêmes populations de se sentir soutenues et proches de l’Etat de leur pays.

Hélas ! Malheureusement, comme l’œuvre de Satan revêt parfois une puissance d’une part, et que d’autre part, il est écrit que : « L’arrogance précède la ruine, Et l’orgueil précède la chute » Proverbes 16 : 18 ou, « Une réponse douce calme la fureur, mais une parole dure excite la colère » Proverbes 15 : 1, la prise de position très dure du Ministre de la Santé à l’annonce du préavis de grève, une position qui a surpris plus d’un Centrafricain, s’est révélée comme de l’essence versée sur le feu.

De même, à l’écoute des responsables du syndicat des enseignants du Fondamental 1, 2 et technique, la négligence dans les différentes tentatives de rencontres avec les Autorités de le Primature, de l’Assemblée Nationale et de l’Education Nationale a été pour beaucoup, dans le déclenchement de la grève d’avertissement de trois (03) jours qui n’est pas sans conséquences pédagogiques et psychosociales.

A la lumière de tout ce qui précède, et dont les conséquences désastreuses sur tous les plans semblent réjouir certaine catégorie de Centrafricains, le Cercle des Ecrivains, Journalistes, Artistes et Chercheurs de Centrafrique (CEJACC) s’interroge et voudrait partager les interrogations avec les Centrafricaines et Centrafricains dans les mains, les cœurs et les esprits de qui, dépend la destinée de nous tous en tant que nation et peuple.

Ainsi, les questionnements du Cercle qui ne sont pas loin des préoccupations permanentes et justifiées des Centrafricaines et Centrafricains s’articulent autour des axes ci-après :

Quelles conceptions les dirigeants Centrafricains ont-ils de l’homme Centrafricain dont les cadres et agents de l’Etat ?

Quels sentiments ressentent les grévistes et les hommes politiques après les ravages causés par les mouvements de grève sur le peuple et sur le pays ?

Des grèves à destruction massive du peuple et de la nation doivent-elles être félicitées et encouragées ou simplement, regrettées par les Centrafricains dignes de ce nom ?

Une approche de solution globale à l’éternelle question de statuts Particuliers et le mécanisme de sa stabilité.

I. Quelles conceptions     et    perceptions    les                 Dirigeants Centrafricains ont-ils de l’Homme Centrafricain dont les Cadres et Agents de l’Etat ?

Pour bien appréhender, bien cerner et mieux comprendre l’image que les dirigeants Centrafricains se font de l’Homme Centrafricain en général et, du Centrafricain, agent et cadre de l’Etat en particulier, il est intéressant, sinon élégant, de rappeler par probité intellectuelle l’ultime objectif de luttes pour l’indépendance conduites par Barthélemy BOGANDA et ses pairs.

En effet, le rêve de Barthélemy BOGANDA à l’issue des luttes politiques était de voir le peuple Centrafricain libéré de la misère et de la servitude. C’est ainsi qu’en créant en 1948, la SOCOULOLE (Société Coopérative Oubangui Lobaye-Lessé) pour les besoins en médicament, alimentation, logement, habillement et enseignement, il s’exprimait en ces termes : « ces problèmes renferment toute la question humaine sans la solution de laquelle, nous (Africains), ne ferons que marquer le pas pour disparaître ensuite de la planète ».

Et, c’est cette même pensée qui a débouché sur les cinq (05) verbes inspirés des fondements divins appelés, les cinq (05) verbes de BOGANDA ou du MESAN son Parti dont (se soigner, se nourrir, se loger, s’habiller et s’instruire). En fait, ces verbes devraient constituer les directeurs de conscience de tous les gouvernements qui se succèderaient à la tête de l’Etat Centrafricain de sorte à permettre, à chaque Centrafricain de savoir les conjuguer de manière pratique et concrète.

1948-2023, plus d’un demi-siècle mais très exactement soixante-quatorze (74) années, après qu’une dizaine de Centrafricains se sont relayés au Pouvoir sans compter les intérimaires (Abel GOUMBA et Alexandre NGUEDET) sous différents régimes, les Centrafricains en général et les cadres et Agents de l’Etat en particulier dans une grande majorité, n’arrivent pas à s’approprier ces verbes en termes de contenu. Et pour cause ???

Les nouveaux dirigeants Centrafricains avec le conseil ou non de leurs collaborateurs les plus écoutés se sont érigés et s’érigent en de nouveaux colons noirs. Et, comme les colons blancs recherchaient les intérêts de leur propre pays, ces nouveaux colons noirs recherchent eux, leurs propres intérêts, ceux de leurs clans et de leurs cercles politiques.

Du coup :

L’Homme Centrafricain entendez, le peuple Centrafricain dans sa diversité n’est plus le centre d’intérêt ou de leur motivation politique. Il l’est, le devient pour les périodes électorales ou de mobilisations pour la conquête du Pouvoir par des moyens détournés après quoi, c’est le clan et le cercle politique qui remplacent le peuple ;

L’Administration qui devrait être au service du peuple pour aplanir les divergences entre les composantes du peuple en aidant ce même peuple à bien conjuguer les cinq (05) verbes ci-haut rappelés est ramenée au service d’un clan ou du cercle politique ;

Les nombreuses et immenses richesses et ressources naturelles dont Dieu a dotées le pays pour le bonheur et la prospérité du peuple sont bradées, spoliées et exploitées par les maîtres du pouvoir et leurs partenaires mafieux sans impacts ni incidences réels pour le pays et le peuple ;

L’apparition et le développement spectaculaire des vices et antivaleurs dont entre autres, le vol, la corruption, les braquages, le mensonge, la démagogie, les rebellions, la manipulation pour nécessité de survie ou pour la conquête du Pouvoir afin de faire comme les autres ;

Les pressions aux moyens des grèves de longues durées pour obtenir les changements de statuts par une catégorie de Fonctionnaires aux puissances intellectuelles dont, les Professeurs de l’Université, les Magistrats et récemment les Policiers pendant que, les brancardiers, les Plantons, les Secrétaires, les Veilleurs ainsi que les Soldats qui font les durs boulots à la base sont laissés pour compte ;…

La floraison des organisations humanitaires avec des services supplantant ceux de l’Etat vers lesquels, migrent désormais les cadres Centrafricains pour des salaires consistants et autres avantages divers…

Ainsi, la somme des mauvaises conceptions et pratiques de la politique, de l’administration en un mot, de la gestion des affaires de l’Etat aura replongé le peuple Centrafricain dans la servitude, la pauvreté et la misère mais aussi et surtout, a soumis et a placé l’Etat Centrafricain dans la dynamique perpétuelle de l’assistanat nonobstant les grandes richesses et ressources du pays.

Et, le comble de l’inexplicable, c’est que cet assistanat, né de la mauvaise conception et perception de la notion de l’Etat, a amené les cadres et dirigeants Centrafricains à ne pas savoir gérer même les fonds (des milliards) que la République réussit à mobiliser lors des Tables Rondes de Bruxelles, comme s’est interrogé un Belge au cours d’une rencontre de travail à Kinshasa en 2014.

« ‘‘Monsieur l’Ambassadeur, il paraît que chez vous, vous       ne      voulez         pas            dépenser        votre argent,       a           dit l’Ambassadeur Esmieux de l’Union Européenne. Même le papier hygiénique, on peut payer à 1000 dollars, le stylo à 500 dollars. Mais, c’est un petit Ministre qui l’a fait partir a-t-il regretté. Est-ce vrai ?’’. ‘‘Oui, c’est vrai, et le petit Ministre c’est moi parce qu’il avait menti au Président de mon pays’’. ‘‘Et qu’est-ce que vous faites ici ? Votre place c’est à côté du Chef d’Etat et non ici’’ ‘‘En Centrafrique, chez nous, si vous travaillez bien et si vous dites la vérité, vous êtes remis au couloir ou isolé hors du pays’’ » Sic !

En somme, les drames et les psychodrames Centrafricains résultent tous :

De ce que l’ancien Président de la Tunisie, Habib BOURGUIBA avait dit à ses collaborateurs : « arrivera un jour où je dirai et ferai de bêtises. Aucun de vous n’osera le relever, ni me dire de corriger ». En 1975 quand il s’est fait nommer Président à vie, aucun de ses collaborateurs ne l’en avait dissuadé. En Centrafrique, Seule Madame DOMITIEN a eu le courage de dire au Président BOKASSA de bien réfléchir sur son projet de devenir Empereur quand il l’annonçait à la croix rouge ;

De ce que Klans Numberger disait dans sa théorie de la démocratie : « Les gens doivent avoir suffisamment du respect de soi-même, et de la confiance en soi pour assumer des responsabilités publiques. S’ils ont peur de prendre des initiatives, s’ils préfèrent la sécurité d’un dirigeant fort à la liberté et à la participation, s’ils se sentent ignorants, impuissants et sans importance, la démocratie n’aura aucune assise dans la population. » ;

Enfin de la non prise en compte de la prescription divine qui stipule : « Moïse choisit des hommes capables parmi tous Israël, et il les établit chefs du peuple, chefs de mille, chefs de cent, chefs de cinquante et chef de dix. Ils jugeaient le peuple en tout temps ; ils portaient devant Moïse les affaires difficiles, et prononçaient eux-mêmes sur toutes les petites causes » Exode 18 : 25-26 (lire aussi les versets 21 à 24).

C’est ici le lieu de redire qu’il n’y a jamais de mauvais Président mais qu’il y a eu toujours de faux et de mauvais collaborateurs. Et si les dirigeants Centrafricains pouvaient un jour, à l’instar de Moïse savoir écouter les conseils, les bons conseils assis sur la vérité !

S’ils pouvaient aussi faire comme David et se souvenir toujours de Dieu et être avec Dieu à travers son peuple !

Malheureusement, les Centrafricains qui accèdent au Pouvoir appellent l’aide et l’appui de Dieu, mobilisent le peuple de Dieu en majorité pauvres soit lors des élections ou soit, lors des rebellions. Mais, une fois le Pouvoir obtenu, ils oublient Dieu et délaissent le peuple. Ils sont avec d’autres dieux et ne sont qu’avec une nouvelle catégorie de peuple, les gens biens, riches et les étrangers.

II-Quels sentiments animent les grévistes et les hommes politiques après les ravages causés par les mouvements sur les populations et sur le pays ?

Des êtres humains conscients et bien réfléchis, organisés en mouvements syndicaux et politiques, évaluent toujours l’issue de chaque bataille lancée en rapport avec les objectifs initiaux non seulement, pour des réajustements éventuels et nécessaires mais aussi et surtout, pour se faire une opinion morale de ladite lutte.

De ce point de vue, et, en tant que parents, responsables des enfants scolarisés et scolarisables d’une part, et d’autre part, étant tous interconnectés par les liens de familles divers et, tous concernés par la République Centrafricaine que nous avons en héritage et en partage, il est tout de même intéressant, de savoir le sentiment qui nous anime après les ravages des mouvements de grèves très prolongés et, en réédition.

Oui, par des revendications politico – syndicales nous avons obtenu certains de nos droits parmi lesquels, des statuts particuliers et le paiement de la grande partie de nos arriérés de salaires. Par ces mêmes mouvements, nous avons contribué ou participé à la chute des régimes et, le tentons encore pour le régime actuel depuis un certain temps.

Mais, avons-nous un seul instant, écouté ce que notre propre conscience nous aurait dit sur les ravages causés par nos propres mouvements ? Quel sentiment nous est-il pénétré et animé après avoir passé en revue et dans l’esprit, le film des désastres causés par nos longues et pernicieuses revendications politico – syndicales en dehors de nos satisfactions personnelles ?

Sans sous-estimer les avis des uns et des autres sur trois (03) délicates interrogations, le Cercle des Ecrivains, Journalistes, Artistes et Chercheurs de Centrafrique (CEJACC), tient à rappeler ici, quelques points ou aspects importants de ces dégâts pour faciliter la réflexion de ceux qui ne se seraient pas encore préoccupés de la question desdits ravages sur :

a) L’Education et l’avenir des enfants

Les longues périodes de grèves auront :

Perturbé et désarticulé voire détruit le système éducatif Centrafricain ;

Entraîné des années blanches qui ont définitivement condamné certains enfants à l’analphabétisme et d’autres à l’abandon de leur scolarité ;

Perturbé le cycle des années académiques difficilement rattrapables mettant les étudiants Centrafricains en déphasage avec leurs collègues de la sous-région ;

Augmenté sensiblement la déconfiture du système éducatif et la baisse du niveau des élèves et étudiants ;

Contribué au désintéressement des parents aux études de leurs enfants ;

Entraîné le taux élevé de la délinquance juvénile sous toutes ses formes ;

Facilité et participé à l’enrôlement des jeunes dans les divers mouvements de rebellions dans le pays.

b)La Santé du Centrafricain

Personne, et jamais personne ne peut ignorer les dégâts que cause l’arrêt de services dans les hôpitaux et les centres de santé. Déjà à l’annonce de la nouvelle et à quelques heures du jour de l’effectivité des mouvements, certains malades tombent dans le coma, d’autres meurent par suite d’arrêt cardiaque.

De là, il devient aisé de s’imaginer le nombre de Centrafricains qui meurent au cours des grèves à répétitions, qui secouent les hôpitaux et les centres de santé du pays et dont les dernières, les toutes dernières, celles que l’on pouvait éviter ont fait agenouiller le Très Haut honorable Président de l’Assemblée Nationale Simplice Matthieu SARANDJI.

Ces femmes, ces hommes et ces enfants qui meurent par centaine pour ne pas dire par millier à chaque secousse de grève sont des parents à nous tous grévistes y compris et, constituent une perte énorme pour l’Etat Centrafricain privé des compétences qui disparaissent au cours des batailles entre l’Etat et ses travailleurs.

c) L’envol du pays

La République Centrafricaine avait déjà dans les années 1970 – 1976 sous l’impulsion de l’officier général Jean Bedel BOKASSA, pris son envol sur tous les plans. Premier pays de la sous-région à disposer de son Université, de la Télévision, elle s’est dotée de plusieurs usines et industries textiles. Les pays de l’Afrique Francophone envoyaient leurs cadres en formations agronomiques et militaires en Centrafrique.

Les réseaux aériens, fluviaux et terrestres étaient garnis en avions, bateaux, bus et cars et desservaient le pays en tout temps. La diversité et la richesse de la faune et de la flore constituaient des attraits certains pour les touristes. Bref, la République Centrafricaine était sur la voie très certaine de l’émergence.

Malheureusement, le général Supérieur Jean Bedel BOKASSA ayant perdu les repères des fondements divins et universels de l’existence et de la cohabitation des Nations autrement appelés, la coopération bilatérale et multilatérale, a fait entrer la République Centrafricaine dans de bagarres politico-syndicales les plus rudes. Et, comme l’aigle qui a perdu ses plumes au cours d’une bataille, la République Centrafricaine s’est affaissée pour ne pas dire s’est effondrée au sol.

Les plumes des ailles repoussant, le général André KOLINGBA, un autre officier Supérieur dans un élan très patriotique, relance l’envol du pays de 1981 à 1985 en échappant bien entendu, à une tentative de récupération de force du Pouvoir pour faire comme les autres.

L’arrivée massive des grosses têtes, les intellectuels bien sûr aux côtés du Président André KOLINGBA que l’on espérait être une solution durable, va au contraire, éloigner le Pilote KOLINGBA des repères des fondements ci-haut cités et, exposer l’engin à de grande turbulence du vent de la Baule. Et, en tant que Pilote aguerri, le Président André KOLINGBA a su négocier l’atterrissage pour poser tranquillement la République Centrafricaine au sol avec ses lots de crises.

Ainsi, dans les tentatives de guérisons pour un nouvel envol, un autre officier Supérieur, le général François BOZIZE à travers une thérapeutie patriotique puis, démocratique, va réussir des vols de la République Centrafricaine à des altitudes acceptables et appréciables de 2003 à 2009 en esquivant toujours habilement les assauts et intrigues politiques.

Le retour de l’appareil Centrafricain au sol étant forcé et brutal, des dégâts matériels importants ont été enregistrés et ont mobilisé toutes les communautés régionale et internationale ainsi que d’autres Experts privés au chevet de la République Centrafricaine de 2013 à 2016 où, un moteur neuf de marque ‘‘Démocratie’’ a été posé sur l’appareil Centrafricain.

Mais, malheureusement depuis le 30 Mars 2016, que l’engin Centrafricain a été mis en très bon état de vol et de fonctionnement, la République Centrafricaine peine encore et toujours à s’envoler pour des raisons évidentes dont entre autres :

Le carburant apporté de Khartoum et mis dans le réservoir est un mélange de kérosène, de l’essence ordinaire, du gasoil, du Pétrole lampant, de l’huile de palme et l’huile de karité ;

Les deux (02) roues arrières que le mécaniciens a cru bon de mettre dans l’esprit de changements brutal de système ‘‘la rupture’’ ont la forme ovale et posent problème de cohérence des mouvements ;

Les indications et inscriptions sur le tableau de bord sont faites dans des codes étrangers au pilote ;

Les deux (02) co-pilotes ont chacun un plan de vol avec des repères différents et compliquent la tâche au pilote très embarrassé ;

Du coup, la République Centrafricaine est clouée au sol malgré tous les efforts de part et d’autre. En l’étant, elle subit et continue de subir de dégradations chaque jour importantes au point que les pièces nécessaires sont enlevées par ci, par là. C’est la panique et la détresse généralisées.

Ainsi, ne pouvant plus décoller pour prendre son envol, la République Centrafricaine reflète aujourd’hui l’image du ‘‘poulet d’HITLER’’. En effet, pour expliquer et faire comprendre le processus par lequel, un peuple est asservi ou aliéné, Adolf HITLER s’est servi d’un poulet et, après l’avoir déplumé jusqu’aux duvets et presqu’à sang, il le pose à terre et, commence par jeter par terre des grains de riz que le poulet picore en le suivant, oubliant ses peines et douleurs causées par la perte forcée de ses plumes (sic).

C’est exactement ce qui se passe avec le Centrafricain d’aujourd’hui qui, dépouillé et privé de tout, se retourne vers les organisations humanitaires pour :

Se nourrir et s’alimenter de soja autrement appelé ‘‘boule jaune’’, du riz, de la sardine en quantité comptée ;

Se soigner dans les centres de santé et hôpitaux humanitaires ; CS’habiller des usagers ou ‘‘choisis’’ distribués par les humanitaires ; CSe loger sous les bâches des humanitaires dans les centres de concentrations ‘‘Ledgers’’ des humanitaires ;

Instruire ses enfants dans les écoles humanitaires tenues par des maîtres parents pris en charge par les organisations humanitaires…

Ainsi, en face de milliers d’enfants Centrafricains condamnés à l’analphabétisme ou soumis à de cycles de formations à dents de scies ; face à de milliers de Centrafricains qui meurent suite aux grèves du personnel de la santé, l’on est en droit de se demander le sentiment qui anime ces fonctionnaires Centrafricains après avoir perçu presque la majeure partie de leurs arriérés de salaires et, après avoir obtenu pour certains, les statuts réclamés à coups de grèves.

Alors, si l’on pense à la non compensation des connaissances retenues aux enfants et des pertes en vies humaines aux parents victimes, l’on peut qualifier ce sentiment d’un égocentrisme devenu égoïsme et se traduisant par de l’ingratitude forcenée. De la migration de l’activité professionnelle vers l’activisme dont nombreux n’ont pas de carte d’adhésion.

Il n’y a qu’à observer comment les Policiers se sont réjouis de leur statuts sans même avoir une petite pensée pour le défunt Général Raymond NDOUNGOU qui a amorcé le travail ni, au Général François BOZIZE qui a décidé du projet moins encore, au Président Faustin Archange TOUADERA qui a suivi le processus en tant que Premier Ministre avant de signer le décret final en tant que Chef d’Etat.

Et, si d’aventure, les nouveaux colons noirs Centrafricains, les dirigeants et leurs collaborateurs ainsi que les fonctionnaires cadres et agents de l’Etat, ne changent pas leurs méthodes et modes de gestion et de gouvernance pour certains et, de revendications et actions politiques pour d’autres, il y a bien de raison de s’inquiéter à l’allure où les choses vont, que la République Centrafricaine dans un proche avenir ne soit placée sous tutelle de l’ONU (Organisation des Nations-Unies).

III. Des grèves à destructions massives du peuple et du pays doivent-elles être félicitées et encouragées où, devront-elles simplement être regrettées par le Centrafricain digne de ce nom ?

Lorsque l’on voit, l’on écoute et que l’on vive ce qui se passe en République Centrafricaine, l’on se demande dans quel monde se trouve-t-on ? Ce que nos ancêtres communs n’ont jamais dit, n’ont jamais vécu se dit et se fait en Centrafrique, terre de Zo Kwè Zo où, les fondements des droits de l’homme semblent avoir pris naissance ; terre de fraternité, terre d’unité et de paix par excellence.

Il y a presque cinquante (50) ans en arrière, lorsqu’un cortège funèbre passait, le Centrafricain s’arrêtait en signe de compassion et parfois, les larmes le coulaient. Lorsque dans la nuit noire quelqu’un criait ‘‘au secours !’’, c’est tout le quartier qui bougeait pour secourir la personne en détresse. La joie des uns était partagée par les autres et, les douleurs des autres étaient ressenties par les uns. C’était la fraternité sans frontière.

Au fil des temps, avec l’effondrement de l’Administration dont l’apogée est atteint avec le régime actuel car, le Premier Ministre de la République, Membre du Mouvement Politique à charge des affaires de l’Etat depuis sept (07) ans a solennellement déclaré, que l’Administration Centrafricaine est pourrie. Il se passe des choses bizarres, mais très bizarres qui dépassent tout entendement humain.

C’est pourquoi, le Cercles des Ecrivains, Journalistes, Artistes et Chercheurs de Centrafrique (CEJACC), invite-t-il humblement, les Centrafricaines et Centrafricains sans considération politique, religieuse ni de région, à réfléchir avec lucidité sur ce fait extrêmement grave du point de vue de l’éthique nationale. De quoi s’agit-il exactement ?

Pendant que la grève du personnel de la santé faisait rage dans les hôpitaux au point que le Très Haut Honorable Président de l’Assemblée Nationale se soit fait violence pour s’agenouiller devant le syndicat de la santé, implorant le personnel à la reprise du travail pour sauver des vies humaines, Le Président d’une organisation de la société civile, Monsieur Delphin KOTTO, de la COCIPAX, a abusement, occupé l’espace des réseaux sociaux pour :

Féliciter et encourager le personnel de la santé à poursuivre l’œuvre qui a bien commencé et qui donne de bons résultats ;

Demander aux autres syndicats d’emboiter les pas au personnel de la santé ;

Inviter les leaders des Partis Politiques de l’opposition et ceux de la société civile à soutenir la grève de la santé et celle de l’enseignement fondamentale 1, 2 et technique ;

Exhorter les Forces de la CPC à progresser sur la capitale Bangui prendre le Pouvoir ;

Demander aux éléments des Forces Armées Centrafricaines de rallier aux CPC ;

Narguer et injurier même le Président de la République en fonction…

La mort, dans la tradition Centrafricaine est toujours considérée comme quelque chose de ‘‘AMER’’. Personne ne se réjouit de la mort qui frappe une famille et surtout, de nombreuses familles à la fois. Et, il est impensable de croire, que l’Etat Centrafricain puisse avoir reconnu une organisation quelconque pour jouer les rôles ci-haut énumérés.

C’est la liberté d’opinion allègueront les fanatiques zélés en quête de survie ou de Pouvoir. La liberté a été règlementée depuis la fondation du monde. Ne dit-on pas que ‘‘ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui ?’’. Le Créateur n’a-t-il pas expressément déclaré qu’ ‘‘étant appelés à la liberté, ne faites de la liberté un voile qui couvre la méchanceté ?. Et, l’article 19 du pacte international des Nations-Unies relatif aux droits civils et politiques alinéa a et b n’a-t-il pas fait de restrictions pour respecter les droits ou la réputation d’autrui ; et pour sauvegarder la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publiques ?’’.

Ce sont les gens du Pouvoir, du régime ou du Président diront encore d’autres parmi lesquels, ceux qui devraient participer à la moralisation de la vie publique nationale. Un Etat doit-il agréer une organisation qui terrorise les industries et institutions accréditées en Centrafrique comme le fait, si joyeusement GALAXIE ? Pense-t-on aux nombreuses familles des travailleurs qui iront au chômage et connaîtront le même sort qu’ont connu les travailleurs de CIOT, SOCACIG, MANUCACIC, SETAC, BATA, UCATEX et autres ?

On ne nous a pas autorisé à les faire taire, diront laconiquement ceux qui sont chargés de réprimander les déclarations et publications obscènes conformément aux lois en la matière quand, de part et d’autre, l’on insulte grossièrement les mamans des autres, l’on manque ostensiblement d’égard aux oints de Dieu que sont, les Prêtres, les Imams, les Pasteurs et les Présidents (anciens et nouveaux en fonction) selon ce qui est écrit : « Qu’ils tombent ou qu’ils soient debout, l’on n’a pas le droit de les juger ».

En somme, le Centrafricain digne de ce nom et qui a la tête sur les épaules sait, et a pleine conscience ; que, la mort de nombreux Centrafricains suite aux grèves du personnel de la santé est douloureuse pour les familles et pour le pays ; que l’avenir des élèves, écoliers et étudiants Centrafricains hypothéqué par les grèves à répétitions est une calamité et une catastrophe pour la nation Centrafricaine ; que la vie des paysans et celle des ressources naturelles abandonnées à la merci de tous les vents est une abomination, un crime d’Etat.

Ces faits sommairement décrits ci-haut devraient, indigner, attrister et susciter en chaque Centrafricain, des regrets mais de profonds regrets et non, des félicitations et encouragements de certaines organisations de la société civile. Et, comme le dirait Klans Nuimberger, si ceux qui ont une parcelle de responsabilité ignorent tout, se sentent impuissants et préfèrent l’autorité d’un homme fort, la République Centrafricaine deviendra très bientôt, un Etat sans morale, sans conscience ni lois.

IV – Quelle approche de solution durable à l’éternelle question de Statuts Particuliers et avec quel mécanisme de Stabilité ?

Nul n’ignore les dégâts que le maintien et l’entretien du salaire Colonial par les colons noirs de Centrafrique, ont causé et continuent de causer sur le peuple et sur la nation Centrafricaine. Le droit le plus essentiel de tous les droits étant le droit à la vie car, ventre affamé n’a pas d’idéologie ni d’évangile,

La précarité dans laquelle, les dirigeants Centrafricains ont plongé le peuple Centrafricain pendant que les richesses et ressources de son pays qui partent à l’étranger se chiffrent en des milliards de milliards, justifie les récurrentes grèves et les changements successifs de régimes d’une part, et d’autre part, explique sans conteste le niveau réel de sous-développement du pays.

Nul n’ignore aussi les grandes mobilisations qui fédèrent les forces vives du pays au début des changements de régimes politiques dans l’espoir de meilleures conditions de vie des populations. L’on se souviendra très particulièrement, du 15 Mars 2003 où même les plus extrémistes dont le feu Abel GOUMBA, avaient fédéré autour du Président François BOZIZE et récemment, du 30 Mars 2016 avec l’Union Sacrée autour du Président Faustin Archange TOUADERA.

Nul n’ignore les déchantements qui poussent les mouvements politiques et syndicaux à participer efficacement et activement aux différentes chutes des régimes politiques dans le pays. La liste des transfigurations politiques qui partent de 4 CN jusqu’au COD 2020 et qui ont eu des interconnexions avec les mouvements rebelles pour renverser le régime du Président PATASSE, le régime du Président François BOZIZE et aujourd’hui, tentent de venir à bout du régime du Président TOUADERA en dit long.

Au regard de ces évidences qui d’un côté, marquent le ras le bol généralisé d’un peuple opprimé et, de l’autre côté, constituent le salaire de la mauvaise gouvernance des colons noirs Centrafricains, politiquement naïfs, deux (02) questions méritent d’être posées à savoir :

Pourquoi les questions touchant aux conditions sociales des travailleurs ne sont-elles pas abordées, examinées et intégrées dans les programmes de gouvernements dans les premiers instants de régime qui mobilisent toutes les tendances politiques et sociales ?

Pourquoi toujours attendre la dislocation des forces mobilisées, la fermeture des robinets financiers pour soulever, poser et remettre sur tables, les questions importantes telles les statuts particuliers et les indemnités diverses qui exigent la mobilisation de somme d’argent en milliards ?

Les questions étant posées et ouvertes, le Cercle des Ecrivains, Journalistes, Artistes et Chercheurs de Centrafrique (CEJACC), convaincu de ce que les bonnes et pertinentes réponses y relatives sont dans le peuple et la nation sans la prise en compte desquels, toutes actions politiques, administratives et sociales ne sont et ne seront que ruines et catastrophes, se fait l’humble devoir de proposer une piste de solution à explorer et susceptible de mettre un terme définitif aux psychodrames Centrafricains.

a) De l’approche de solution

Pour tenir compte de la spécificité de chaque fonction et donner la possibilité à chaque travailleur de l’Etat de conjuguer au moins les cinq (05) verbes déjà rappelés plus haut :

Les salaires de bases seront fixés à partir des critères suivants :

De néant diplôme au CEPE : minimum 75 000 FCFA ;

Du CEPE au BEPC ou BC (diplôme de base du Policier et Gendarme) : 125 000 FCFA ;

Du BEPC au Bac (diplôme de base des Infirmiers, Instituteurs) : 225 000 FCFA ;

Du Bac à la Licence (diplôme des Inspecteurs, Techniciens Supérieurs de santé) : 350 000 FCFA ;

De la Licence à la Maîtrise (diplôme de base des Juges, Agronome) : 425 000 FCFA ;

De la Maîtrise au doctorat (diplôme de base des Médecins) : 575 000 FCFA ;

Les indemnités de fonction, de logement, d’éloignement et de risque seront déterminées en fonction des spécificités de chaque corps de métier sans oublier les brancardiers, les morguiers, les veilleurs, les plantons et les secrétaires qui eux aussi, courent de gros risques ;

Les salaires et indemnités du personnel des Ambassades devront faire l’objet d’attention et de précaution nécessaires pour optimiser notre diplomatie.

Cette approche offre de gracieux avantages à tout agent de l’Etat de s’acheter un terrain et de bâtir une maison ; de se nourrir et nourrir sa famille ; de s’habiller et de faire habiller sa famille ; de se soigner et soigner sa famille ; de s’instruire et d’envoyer ses enfants à l’école. Elle (l’approche) incitera les agents et fonctionnaires à aller travailler plus en provinces que de rester concentrés à Bangui la capitale. Enfin, en cas de perte de poste de responsabilité quelconque, l’agent ou le fonctionnaire aura toujours un standing de vie acceptable.

Aussi, faudrait-il le souligner, les effets induits d’une telle approche se ressentiront sur les autres activités du pays du fait de la grande capacité de consommation qui actionnera la loi de la demande et de l’offre. Ainsi, les flux d’importations des produits renfloueront les caisses de l’Etat et renforceront les bases de son économie. Ce serait le début de l’ère du développement, du bien-être, et de la décolonisation ou de l’indépendance économique.

C’est ce type de réflexions qui devraient préoccuper le Département de la Fonction Publique au lieu de s’interférer sur le champ de Finances. Des reformes soumises au temps du Ministre MACKOUZANGBA à des Experts des pays d’Afrique de l’Ouest dont il n’est pas nécessaire de citer ici et qui ont classé les Ministères selon un ordre arbitraire d’importance n’ont toujours pas été redressées. Les compétences nationales sont là et ne demandent qu’un minimum de confiance.

b)Du mécanisme pour stabiliser cette solution

A défaut de suivre les Conseils laissés par les anciens de la République Centrafricaine, notre pays a du mal à se libérer des liens coloniaux qui font ses malheurs. En effet, voilà le remède pas coûteux que Barthélemy BOGANDA dans son discours inaugural de la deuxième session ordinaire de Brazzaville déclarait le 21 Octobre 1957 et que personne, mais jamais personne n’a suivi :

« Il faut prendre le mal par la racine. Une Administration est un besoin dans toute société organisée. Un Etat, une nation est une personne morale douée d’une existence Sui-juris et possédant une organisation, une discipline, une loi, des biens matériels, intellectuels et moraux. Pour gérer tout cela, il lui faut une tête comme pour un individu ; une autorité, un gouvernement, une Administration. Lorsque cette autorité fait défaut, le pays tombe dans l’anarchie pour sombrer à brève échéance dans la décadence en perdant finalement son indépendance politique et économique. Et quand un régime ne sert plus la nation, il appartient aux citoyens de le dénoncer et de le changer, le cas échéant ».

Sans commentaire ! Cette déclaration est très limpide comme l’eau de la roche et permet à tout un chacun de se représenter et de comprendre ce qui se passe réellement en Centrafrique des décennies durant et dont les maîtres mots se résument en la Loi et l’autorité.

Ainsi, le seul mécanisme efficace et fort pour stabiliser et pérenniser le bien-être des Centrafricains et celui du pays, réside uniquement et simplement dans l’observation et l’application de la Loi. Car, ce sont les Lois qui gouvernent les êtres humains et président à la destinée d’une nation, d’un Etat. Les hommes ne sont là que pour les appliquer.

Les lois en tant que prescriptions fixant les droits et les devoirs applicables à tous, ont des fondements divins et sont admises universellement par tous les Etats au monde. Leurs bonnes pratiques et observations confèrent à un Etat sa souveraineté ainsi que son Autorité. Leurs violations ou le fait de les ignorer ont des conséquences néfastes sur la vie des peuples et des nations à l’exemple de ce qui se passe en République Centrafricaine.

C’est pourquoi, pour aider les Centrafricaines et Centrafricains à qui incombent la gestion des affaires de l’Etat Centrafricain telles que définies par Barthélemy BOGANDA et rappelées ci-haut, conviendrait-il de leur mentionner utilement, les orientations, conseils et formations que John C MAX WELL dans son ouvrage intitulé : « Les 21 Lois irréfutables des Leaderships » donne en quatre (04) points dont :

1)Les Lois s’apprennent : Certaines sont faciles à comprendre et à appliquer que d’autres, mais chacune d’elles peut être acquise ;

2)Les Lois sont indépendantes : Chaque Loi complète toutes les autres, mais vous n’avez pas besoin de l’une d’elles pour en comprendre une autre ;

3)Les Lois portent des conséquences : Appliquez les Lois et les gens vous suivront. Violez-les ou ignorez-les, et vous ne pourrez pas diriger les gens ;

4)Les Lois sont les bases de leadership : Quand vous apprenez les principes, vous devez les pratiquer et les appliquer dans votre vie…

Quoi, de plus merveilleux si les Centrafricains, dirigeants et hommes politiques ainsi que les intellectuels qui ont des charges au sein de l’Administration Centrafricaine, pouvaient s’approprier de ces conseils et les pratiquer ? Les populations Centrafricaines ne seront plus dispersées mais unies et unifiées sous des responsables régénérés qui les conduiront désormais, vers le bonheur, la paix et la prospérité.

Et, comme le Créateur a déclaré que faute de connaissance son peuple périt, la parfaite connaissance et la bonne observation et application des lois permettront aux dirigeants de savoir tenir comptes des droits des travailleurs en temps réels et aux travailleurs le respect des règles syndicales en matière de grève.

CONCLUSION

L’importance de l’homme en tant qu’être humain a été fixée dès la création car, en le créant au sixième jour, Dieu s’est auto satisfait en déclarant que : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, tout était très bon. Ainsi, il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut le sixième jour » Genèse 1 : 31.

Depuis cet instant, qu’il soit noir, blanc, jaune ou rouge, ou, qu’il soit riche, pauvre, grand, petit, fort ou faible, il reste homme avec toute son importance car doté d’un instinct de survie et de liberté.

C’est cet instinct de survie et de liberté qui a été le fil conducteur de toutes les luttes de résistance qui ont abouti à l’indépendance de notre pays le 13 Août 1960, avec l’espoir justifié, que les Centrafricains allaient vivre une nouvelle ère imbue de paix, d’unité, de bonheur et de prospérité.

Malheureusement, la destinée du pays et celle de la nation étant revenues aux mains des Centrafricains de deux (02) sexes désormais, les conditions de vie et d’existence des Centrafricains ne se sont jamais améliorées du fait, des liens de la colonisation qui hantent et subjuguent l’esprit des Centrafricains érigés en de nouveaux colons noirs, une fois qu’ils accèdent au trône du Pouvoir.

A l’instar des luttes pour l’indépendance, les mouvements de grèves et les contestations politiques ainsi que les rebellions ont été explorées et exploitées pour améliorer le niveau de vie de certains fonctionnaires de l’Etat, pour accéder au Pouvoir et pour piller les richesses du pays bien entendu par d’autres.

Et, avec la réédition des combats cycliques, Pouvoir-Opposition et, qui favorisent toujours l’entrée en scène des organisations syndicales et celles de la société civile récemment, ce sont des milliers de Centrafricains qui ont fait les frais avec leur vie ou, qui sont forcés en exil.

A ces importantes pertes ci-dessus mentionnées, il faut retenir que les luttes d’intérêts égoïstes qui cachent des sentiments impérialistes ont exposé le territoire avec tout ce qu’il renferme à la merci des hordes d’étrangers armés qui pillent les richesses et ressources en même temps, tuent les pauvres paysans sans défense ou les conditionnent à d’interminables déplacements.

Pendant des décennies, les mêmes méthodes, les mêmes formules de luttes politiques nous ont fait marquer les pas sur place et, nombreux d’entre nous ont disparu comme prédit par Barthélemy BOGANDA en 1948. D’autres, continueront de disparaître si nous persistons dans la logique de l’orgueil de nos cœurs.

C’est pourquoi, il est grand temps si ce n’est pas déjà trop tard, pour nous Centrafricains, d’écouter la voix de notre propre conscience et celle de Dieu qui nous appellent à la raison. Cette voix qui pénètre notre cœur et notre esprit nous fera prendre conscience de notre propre responsabilité devant Dieu et devant l’histoire, des humiliations et abominations imposées au peuple Centrafricain et à la nation.

Alors, regardant les réalités en face et dans la vérité, nous réaliserons et comprendrons que :

La dimension du peuple et celle de la nation, si elles ne sont pas intégrées dans les actions et luttes politiques, ces actions et luttes ne seront que des calamités et abominations ;

Les fondements, les règles, les principes, les lois et autres qui gouvernent la destinée d’un peuple et d’une nation ont été établis depuis la création par conséquent, les ignorer ou les violer ne feront que détruire le peuple et la nation ;

Pendant très longtemps, mais bien longtemps, nous avons contribué et participé à la destruction de notre nation et à l’aliénation de notre propre peuple et qu’il est temps pour nous de changer positivement de direction…

Ainsi illuminés, nous porterons un regard de repentance vers Dieu, vers nos frères et vers la nation puis, dans une unité et fraternité retrouvées au moyen d’un dialogue inclusif institué par Dieu le Créateur dans Esaïe 1 : 19-20, nous dégagerons l’énergie nécessaire qui, renforcée par la force de nos ressources et richesses naturelles, hisseraient assurément la République Centrafricaine sur le chemin de l’émergence.

La paix et le développement en République Centrafricaine ne s’obtiendront jamais par la puissance des armes ni par la force de la manipulation mais, plutôt par la force de l’Amour, de la Vérité, du travail, de la Justice et du Dialogue. Le cas échéant, nous disparaitrons assurément un à un.

Pour nos sœurs et frères Centrafricain qui courent derrière et se battent à sang pour les produits PAM, voilà ce que deux (02) sœurs religieuses de nationalité Burundaise disaient à notre conscience, à NDÎM dans l’Ouham-Péndé en 2009. Après que ces deux (02) sœurs nous aient fait visiter les parcelles de manioc, de haricot, de maïs et d’autres légumes aux alentours de la Pédiatrie, ainsi que les salles de la Pédiatrie avec des enfants malades, elles nous conduisirent dans une salle où il y’avait au moins cinq (05) fûts de deux cents (200) litres, puis l’une des deux ayant plongé la main dans l’un des fûts dit :

« Tu es le fils du Président BOZIZE (en parlant de Francis BOZIZE, Ministre Délégué à la Défense d’alors), vas dire à ton père, chez nous, on ne mange pas ça (puis elle présente la farine de Soja). Votre terre est fertile, même sur les rochers, les graines germent et poussent. Vous avez vu les champs. Quand on reçoit des enfants malades, pendant que les infirmiers s’en occupent, les parents travaillent dans le jardin qui nous permet de nourrir les malades avec des produits frais. Vous continuez de nourrir les populations avec les Sojas, elles deviendront paresseuses »…

 

Pour le CEJACC,

Le Coordonnateur National

Elie OUEIFIO

 

 

 

 

 

 

Elie OUEIFIO

 

 

 

 

 

 

 

 

Siège social : Gobongo 8eArrdt. (: +(236) 75 58 80 90 / 72 16 59 32 / 72 41 52 91 / e-m

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