Centrafrique : Que l’Imposteur de Bangui se souvienne de Slobodan Milosevic !

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Milosevic est mort en prison

Il n’y aura pas de procès de Slobodan Milosevic. L’ancien président yougoslave jugé pour crimes contre l’humanité est mort hier dans sa cellule du Tribunal international de La Haye à l’âge de 64 ans.

Le 12 mars 2006 à 00h00

RETROUVÉ mort dans sa cellule ! Slobodan Milosevic, 64 ans, aura fini par échapper à la justice. Son procès, pour crimes contre l’humanité, génocide, et crimes de guerre commis en Croatie, au Kosovo et en Bosnie, ouvert devant le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye le 12 février 2002, reste inachevé. La dernière bataille de celui qu’on avait surnommé le Boucher de Belgrade aura duré quatre ans. Il y a été égal à lui-même, d’une hautaine froideur dans ses costumes sombres d’apparatchik, visage charnu et maussade,chevelure gris-bleu lissée, regard étroit à l’éclat terne, sourire mince et arrogant. Souvent absent aux audiences pour raisons de santé, il aura mené son ultime croisade contre l’Occident, responsable selon lui de tous les maux endurés par les républiques de l’ex-Yougoslavie devenues indépendantes.

Selon son avocat, qui a demandé une autopsie, Milosevic avait affirmé qu’on voulait l’empoisonner. Taciturne, calculateur, né en août 1941 à Pozarevac (Serbie) d’un père théologien orthodoxe et d’une mère institutrice et communiste farouche, Slobodan (Liberté) Milosevic ne se serait jamais remis des suicides – une balle dans la tête pour son géniteur, la pendaison pour sa mère – de ses parents. Des débuts modestes au sein du PC local, une carrière honorable dans la banque, Milosevic se révèle alors que la Yougoslavie de Tito agonise. En 1987, il prononce un discours enflammé à Kosovo Polje, un faubourg de Pristina, la capitale du Kosovo. Il y célèbre le mythe de la Grande-Serbie.

Le communiste pur et dur a trouvé sa voie, celle de l’ultra-nationalisme et l’exaltation du patriotisme. Une idée de génie qui lui vaut le soutien et les faveurs de l’Eglise orthodoxe, de l’armée et d’une partie des intellectuels serbes maltraités sous la férule du Croate Josip Broz Tito.

Taciturne, à la limite de l’autisme pour certains, calculateur, Milosevic manoeuvre discrètement, n’exposant jamais totalement ses théories. Et pour cause ! Il est prêt à tout, et surtout au pire, pour rester au pouvoir. On sait à peine qu’il apprécie les havanes et le pur malt et qu’il est fou de sa femme, rencontrée alors qu’il avait à peine 20 ans. La brune Mirjana, opulente personne au maquillage un brin excessif, est sa muse, son égérie et son âme damnée. Tout aussi dévorée d’ambition que son époux, elle le pousse aux crimes. Le couple infernal établit une dictature très… moderne. La télévision est leur arme de prédilection, ils favorisent l’ascension d’une caste de privilégiés.

Quand, en 1991, la Slovénie puis la Croatie proclament leur indépendance, Milosevic prend fait et cause pour l’armée fédérale. Il compte rassembler les Serbes dans un Etat à créer aux dépens de la Croatie et de la Bosnie. Il pousse les Serbes de « l’extérieur » à proclamer la « République autonome de la Krajina » (Croatie) et celle de la « République du peuple serbe de Bosnie-Herzégovine » où règnent les sanguinaires président Karadic et général Mladic. Les épisodes sanglants se succèdent alors. La ville croate de Vukovar devient un champ de ruines. Le siège de Sarajevo (1992-1995) fait une dizaine de milliers de morts. Sept mille musulmans sont massacrés à Srebrenica (Bosnie). Fort d’un soutien populaire sans faille dans un pays que l’embargo international a rendu exsangue, Milosevic parvient pourtant à s’imposer comme un interlocuteur incontournable. L’Otan s’apprête, il est vrai, à bombarder Belgrade.

Ravalant ses états d’âme, Milosevic signe les accords de Dayton qui vont mettre fin au conflit. Poussé par le démon de la guerre, ayant troqué en 1997 son poste de président de la Serbie contre celui de la République fédérale de Yougoslavie, il s’attaque au Kosovo. Pour y éviter le nettoyage ethnique de la province, d’où 800 000 Albanais ont fui, l’Otan déverse, pendant onze semaines, un déluge de feu sur la Serbie et contraint les troupes serbes à quitter le Kosovo. En septembre 2000, Milosevic est battu à l’élection présidentielle. Des millions de Serbes descendent dans la rue pour exiger, et obtenir, le départ du « héros » déchu. Il sera arrêté le 1er avril 2001. Le 28 juin, le gouvernement de Zoran Djindjic livre sans sourciller l’ancien despote au TPI…

Le Parisien

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