Centrafrique : que font des retraités et des hors – statuts dans le comité d’organisation du DPR ?

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Dans la soirée du vendredi 30 juillet 2021, le ministre – conseiller en charge de la communication à la présidence de la République, le dragueur des femmes à autrui sur les réseaux sociaux, Albert Mopkem – Yaloké a lu, sur les antennes de la radio nationale, le décret entérinant la désignation des membres du comité d’organisation du Dialogue Politique Républicain.

Sans surprise, l’Imposteur de Bangui, celui qui a été élu seulement par 17% du corps électoral, à l’issue des calamiteux scrutins du 20 décembre 2020, marqués singulièrement par de graves et flagrantes irrégularités qui ont fini par leur dénier tout critère de démocratie, de liberté, de sincérité, de crédibilité, d’inclusivité, d’incontestabilité, de transparence et de légitimité, avec la complicité avérée de la communauté internationale et l’instrumentalisation de l’ANE et de la cour constitutionnelle dont la présidente Danièle Darlan est membres du parti – Etat, le MCU, et desquels plus de 300.000 Centrafricains ont été délibérément exclus, persiste et signe dans son entêtement. L’homme refuse d’organiser un Dialogue politique inclusif et veut plutôt imposer au peuple centrafricain un Dialogue politique républicain et exclusif.

C’est ce qui ressort de la lecture et de l’analyse du choix des représentants des différentes entités dont les noms figurent dans ce fameux décret :« Pouvoirs publics : Obed Namsio, Arnaud Djoubaye Abazène, Jean Willibiro – Sacko, Sylvie Témon – Baïpo, Virginie Baïkoua, Stanislas Moussa Kembé et Albert Mopkem – Yaloké. Conseil national de la Médiation : Me Hilaire Ndamokoziandé. Partis politiques : – Majorité : Evariste Ngamana ; Timoléon Baïkoua ; Ernest Mada et Pascal Koyaménè ; – Opposition : Jean – Edouard Gabriel Koyambounou, Aurélien Simplice Zingas – Kongbélet, Serge Psimhis et Benjamin Kaïgama ; – Autres partis : Roger Kombo ; – Confessions religieuses : Abbé Mercier Kéké – Gbanda. Société civile : -GTSC : Paul Crescent Beninga ; – OJCA : Karl Michaël Pataki – Kikobet ; OFCA : Anne Yendoua ; ODH : Hyacinthe Longba – Yaoundou ; Centrale Syndicale : Noël Ramandan ; Patronat : Gilles Gilbert Grésenguet ; Minorités : Issabi Amadou ». 

Assurément, quand on évoque la question de pouvoirs publics, on désigne le gouvernement et l’ensemble des services chargés de l’Administration d’un Etat ou d’une collectivité territoriale. Elle peut aussi désigner plus spécifiquement telle ou telle administrative. Ce concept ne s’applique que dans le cadre d’un Etat, à l’intérieur d’un territoire délimité, dirigé par des institutions, dans les domaines politique, judiciaire, économique, ou social. Celles – ci sont gérées par des autorités compétentes qui, fonctionnaires ou agents de l’Etat, représentent les pouvoirs publics et bénéficient d’un pouvoir réglementaire parfois important. Elles déterminent et conduisent l’action politique.

Or, fort malheureusement, l’Imposteur de Bangui n’a pas désigné dans le fameux comité d’organisation du DPR des fonctionnaires en activités, mais il a préféré nommer des retraités et des hors – statuts, en les personnes de Jean Willibiro – Sacko et Stanislas Moussa Kembé, d’une part, et de Sylvie Témon – Baïpo, Virginie Baïkoua et Albert Mopkem – Yaloké, d’autre part. Les deux premiers sont déjà admis à faire valoir leurs droits à la retraite, et les trois derniers des personnels hors – statuts. Que viennent faire des retraités et des hors – statuts en lieu et place des fonctionnaires et agents de l’Etat au sein des pouvoirs publics ? De quelle indépendance de décision, se prévaudront – ils, si ce n’est  que de mendiants en quête de pitance journalière ayant l’obligation de se soumettre aux injonctions de l’autorité qui les a désignés ?

Et, même si certains d’eux, à savoir Témon et Baïkoua, assument des hautes fonctions de l’état dans le gouvernement de Henri Marie Dondra, il n’en reste pas moins qu’elles ne sont pas des fonctionnaires de l’Etat, qui, conformément aux dispositions de la loi, bénéficient des droits et des obligations, et sont tenus de rendre compte régulièrement de leurs décisions et leurs actes à leurs hiérarchies, conformément aux textes en vigueur. Alors que les fonctionnaires et agents de l’état sont astreints dans l’exercice de leurs activités au respect scrupuleux des principes de neutralité, d’impartialité, d’intégrité, de probité et de loyauté, et tiennent à leur carrière, les retraités et les hors – statuts, quant à eux, dépendent exclusivement de la personne qui les a nommés et lui rendent directement compte. Par conséquent, leur présence dans le comité d’organisation n’est autre qu’un moyen insidieux pour l’Imposteur de Bangui de caporaliser les travaux de ce fameux dialogue politique républicain.

Et comme cela ne suffisait pas, il a superbement ignoré de considérer le conseil national de la médiation comme étant une entité intégrante et intégrale des pouvoirs publics. Faisant partie des institutions républicaines inscrites dans la constitution, le conseil national de la médiation est un organe permanent, au regard des dispositions de l’article 133 de la constitution, dirigé par une personnalité indépendante, le médiateur de la République. Il a pour principale mission l’amélioration des relations entre les citoyens et l’administration en vue de protéger et de promouvoir les droits des citoyens. De ce fait, il relève bien des pouvoirs publics et ne saurait revêtir le caractère d’une entité privée au même titre que la société civile par exemple. En voie de conséquence, l’inscrire dans le comité d’organisation du dialogue politique républicain s’impose comme un double emploi et une manière pour le filou de Bangui de gonfler le nombre des entités dont les représentants sont ses lèches – bottes.

Et quid des autres entités ? Dans le décret entérinant la désignation des membres du comité d’organisation du Dialogue politique républicain, après les pouvoirs publics, le conseil national de la médiation, les partis politiques, apparaissent les autres organisations politiques. Comme nous l’avons dit un peu plus auparavant, il se pose en l’espèce la question de la pertinence de leur présence au sein de ce comité et il y a lieu de s’interroger sur le choix des critères ayant conduit à la nomination de Roger Kombo. Cette inquiétude se justifie tout simplement parce que le concept « autres partis politiques » nous renvoie aux dispositions de l’art.8  de la loi organique n°20.022 portant composition, organisation et fonctionnement de l’ANE du 7 août 2020 : « Le Comité de Sélection des membres est composé de quinze(15) membres représentant les Pouvoirs publics, les partis politiques et la Société civile, à raison de cinq (5) délégués par entité ».

Si les partis politiques de l’opposition démocratique n’ont pas été plus regardants sur les conséquences de la non – dénonciation de cet article, certains professionnels des médias locaux l’avaient fait « illo tempore » et les faits ont fini par leur donner raison, car l’Imposteur de Bangui s’est servi des expressions « pouvoirs publics, partis politiques y compris autres partis politiques et société civile » pour faire main basse sur la nouvelle ANE. L’heure est donc venue  pour elle d’être plus lucide et plus exigeante quant à ce qui se cache derrière toutes ces entités.

Pour terminer, l’opposition démocratique dont les représentants sont appelés à siéger dans le comité d’organisation du dialogue politique républicain, et qui doivent mettre en place une coordination pour harmoniser leurs prises de positions et tenter de résister aux tentatives de séductions et de corruption, caractéristiques de la gouvernance Touadéra, doit aussi se prononcer sur les différentes personnalités désignées pour siéger au nom de la société civile. Non seulement pour éviter la malheureuse expérience de l’ANE, mais surtout pour avoir dorénavant un droit de regard sur les critères de leur désignation. Cela est d’autant plus vrai qu’à ce niveau du débat, plusieurs questions méritent d’être posées : Pourquoi Paul Crescent Béninga du GTSC, mais pourquoi pas l’activiste Delphin Kotto de la COSCIPAC ? Quelles sont les raisons qui ont poussé Touadéra à retenir le retraité Noël Ramandan de l’USTC, au lieu de l’inspecteur principal du Trésor en activité Firmin Zoh – Ponguélé du GSTC ? Pourquoi Gilles Gilbert Ngrésenguet du Patronat, mais pourquoi pas Laurence Nassif du GICA ?

Alors que certains sont connus de tous comme étant des hommes acquis à la cause de l’Imposteur de Bangui, d’autres sont plus proches de leurs mandants, plus actifs à défendre leurs intérêts matériels et moraux, plus réfractaires à la politique d’exclusion et d’imposture du pouvoir de Bangui. A l’opposition démocratique de tenir compte de toutes ces révélations avant qu’il ne soit trop tard et  d’éviter une fois de plus  de se faire rouler dans la farine par l’Imposteur de Bangui !

Imamiah Imohtep Yamalet

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