Centrafrique : quand un proche parent de l’une des épouses de Touadéra veut exercer comme pharmacien à Bimbo

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Un proche parent de l’une des épouses de l’Imposteur de Bangui, vivant en France, a ouvert tout récemment un dépôt pharmaceutique dans la commune de Bimbo, et veut exercer désormais comme pharmacien, sans disposer préalablement des prérequis en la matière et sans être formellement reconnu comme un professionnel assermenté et jugé digne techniquement, pour mener cette activité, par le conseil national de l’ordre des médecins et des pharmaciens.

Selon nos sources, membre du MCU et usant de ses relations familiales, l’homme n’aurait pas eu trop de mal à rassembler toutes les pièces administratives requises pouvant lui permettre de se faire une place dans ce milieu si fermé et avoir ainsi pignon sur rue, et ce, en flagrante et totale méconnaissance des dispositions légales et réglementaires en vigueur régissant l’exercice des activités des médecins et pharmaciens en Centrafrique. Ainsi donc, pour pratiquer aujourd’hui la délicate et noble profession de pharmacien en République centrafricaine, il n’est point besoin de passer, suite à un concours, par la faculté de médecine et pharmacie. Il suffit juste d’être membre du parti – Etat dénommé MCU, payer ses cotisations, et de bénéficier de la couverture politique d’un baron du régime pour que vous deveniez pharmacien, avec toutes les conséquences qui en découlent sur la vie et la santé des malades.

Voilà une situation bien catastrophique pour le secteur de la pharmacie, confronté déjà plusieurs années aux phénomènes des vendeurs des médicaments à la sauvette. En 2018, quand le conseil national de l’ordre des médecins et des pharmaciens s’en était plaint, le ministre de la santé publique, un certain Dr Pierre Somsè avait plaidé pour une certaine indulgence face à la pauvreté endémique et au chômage criard des jeunes. Mais, en réponse à l’accusation d’importation de faux médicaments formulée contre la société grossiste – répartiteur de produits pharmaceutiques, « Roffe Pharma », de nationalité indienne, il avait été contraint de prendre un arrêté ministériel de fermeture de ses activités.

« Roffe Pharma, située au PK4 sur l’avenue Barthélemy Boganda, à Bangui, est fermée aux formations sanitaires, aux dépôts et officines pharmaceutiques ainsi qu’au grand public », avait en ces temps – là souligné Pierre Somsé. L’arrêté avait invité les directions générales de la police et de la gendarmerie, la douane et droits indirects à mettre en application cette décision gouvernementale. Plusieurs médicaments sous forme des bracelets, portant la marque de l’Inde circulaient depuis quelques mois dans la capitale, vendus pour réguler la tension artésienne et le paludisme. D’autres médicaments contre les maux de tête. Roffe Pharma, installée en juillet 2012 pour produire des médicaments sur place, était la troisième société indienne à s’implanter en Centrafrique après la société nationale des transports urbains et la Shalina aussi spécialisée dans la vente en gros des médicaments.

Mais aussi invraisemblable, surprenant et révoltant que cela puisse paraître, le directeur de la société Roffe Pharma dont le passeport avait été retiré et qui avait été sommé de quitter le territoire national, est revenu dans le pays, après avoir récupéré son précieux document, et exerce en toute légalité ses activités, à un moment où Dr Pierre Somsè assume, trois années plus tard, les fonctions de ministre de la santé publique. Une parfaite coincidence qui ne peut que tout naturellement susciter des questions de conflits d’intérêts entre ce dernier et le sujet indien.

Ceci étant dit,  si l’industrie pharmaceutique de contrefaçon est florissante, partout en Afrique et que tout le monde élabore et fait adopter des programmes pour endiguer sa progression, en Centrafrique, par contre,  même si parfois il est constaté que les forces de l’ordre font exhiber à la presse des produits de leur lutte contre les stupéfiants et certaines boissons toxiques et dangereux pour la santé, aucune politique n’est conçue et mise en œuvre afin de se battre efficacement et mettre fin aux activités des syndicats de ce crime qui opèrent en toute légalité et en toute légitimité dans notre pays, avec des connexions politiques et internationales.

De ce fait, et à l’exemple du proche parent de l’une des épouses de Touadéra, pour la majorité des Centrafricains, cette responsabilité incombe à l’Etat. Un étudiant à la faculté des sciences sociales et de la santé est convaincu que tout ce trafic est organisé avec la complicité des plus hautes autorités. Il n’arrive pas à comprendre comment des médicaments hors-circuit arrivent en Centrafrique. « Imaginez tous les corps de contrôle qui sont au port, aux frontières, à l’aéroport !  Si les produits passent, c’est parce que quelqu’un a donné l’ordre. Nous avons compris le jeu. L’Etat joue aux pompiers, quand il y a une saisie. Mais, au fond, il est le principal acteur », dénonce-t-il. Très remonté par ce trafic, il soutient que tous les décès liés aux faux médicaments sont de la faute de l’Etat. « Il faut que nos autorités avouent qu’elles sont en train de tuer la population. Ce n’est pas la faute à ces importateurs, et tous ces farfelus qui s’improvisent du jour au lendemain pharmaciens. C’est celle de l’Etat, en passant par tous les corps de contrôle », fustige-t-il.

Embouchant la même trompette, un collègue de Fac à l’UCAD en 1992 et Dr en pharmacie traite l’Etat de « dealer ». Pour le pharmacien, « il faut qu’on arrête de tourner autour du pot. Tout le monde sait qu’on ne peut pas importer des œufs sans l’avis de l’Etat. C’est lui qui contrôle, qui donne les ordres et libère. Pourquoi chercher d’autres coupables, alors que le véritable responsable est là ? On nous parlait, lors des émeutes, de forces occultes et de terroristes. Mais ce sont eux les véritables terroristes ». De l’avis de ce professionnel attitré, l’Etat a la possibilité d’arrêter ce trafic, s’il le voulait. Mais  » il a sa part dans ce business. Vous voulez que nos autorités coupent le robinet qui les nourrit ? Elles ne vont jamais le faire. Ce business est très lucratif. La population doit comprendre que nous sommes les seuls perdants. L’Etat nous tue, en nous regardant droit dans les yeux ».

Pour étayer ses propos, il a donné l’exemple du refus du ministre de la santé publique Dr Pierre Somsè, en 2018, d’interdire la vente des médicaments sur la voie publique et les marchés par des non – professionnels, arguant du chômage exponentiel des jeunes gens. «  Quand un ministre en charge de la santé publique tient un tel langage et refuse de poursuivre en justice quelqu’un pour trafic de médicaments, alors que son serment d’Hippocrate le lui recommande, pensez – vous que cet acte est neutre ? Il faut qu’on respecte et qu’on arrête de prendre les Centrafricains pour des idiots ! », a – t – il conclu.

La rédaction

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