Centrafrique : quand un appel du général Ludovic Ngaïféi crée une tempête de peur au ministère de la communication et des médias

0
993

Tout est parti d’un post publié sur sa page Facebook par Kévin Dimitri Yalangba, inspecteur central au ministère de la communication et des médias et animateur de l’émission « Club de la Presse », le dimanche 22 mars 2020.

Ce message était libellé ad litteram ainsi qu’il suit : « Au moment où les centrafricains sont tous unis contre le Corona virus, le général Ludovic ngaife a appelé le samedi dernier a 14h le dg de radio Centrafrique pour le menacer et dire qu’il n’a pas apprécié la réaction des journalistes du club de la presse contre l’une de ses déclarations faites par voie de presse contre les autorités. Il a signifie que ce pays va bientôt changer et que le dg radio, le ministre kazagui et les animateurs du club de la presse doivent se préparer a fuir dans le cas contraire, il réglera leur compte. Dossier a suivre. »

Tout naturellement, cet article a suscité une vive réaction de la part des internautes dont l’un d’entre eux n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour exiger de son auteur la diffusion de la bande sonore devant soutenir et attester la véracité de ces propos. Devant le silence du journaliste dont les accointances avec le ministre Ange Maxime Kazagui ne sont plus un secret de polichinelle, à déférer à cette diligence, nous avons jugé important d’en savoir davantage afin d’en tenir informée l’opinion nationale et internationale.

Ainsi donc, des sources proches du général Ludovic Ngaïféi, admis à la retraite anticipée à sa propre demande, nous ont rapporté qu’il a effectivement appelé le directeur général de la radio Jésus Tarcille Bomongo pour se plaindre de la rediffusion, dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 mars 2020, de l’émission « Club de la Presse » dont l’ordre du jour portait sur sa première tribune intitulée : « Quand la souffrance du peuple m’interpelle à plus d’un titre », publiée début mars. Invités sur le plateau, les délateurs à loisirs à la solde du régime de Bangui, à savoir MM. Piko et Zama, se sont évertués à plus dénigrer l’auteur de cette tribune qu’à décortiquer objectivement les grands problèmes politiques et socio – économiques  qui y étaient soulevés et soutenus, somme toute le plus démocratiquement possible. C’est pour en savoir davantage sur les raisons ou plus exactement les mobiles de leur acharnement et leurs prouesses  réalisées  en insultes et en calomnies, sur les ondes de la radio nationale et non sur une station privée, contre une haute autorité militaire qui a rendu de loyaux services à l’Etat et qui a demandé à partir de l’armée, en toute responsabilité et en âme et conscience, pour des raisons qui lui sont propres, qu’il a décidé de joindre l’autorité administrative à laquelle est assujettie Kévin Dimitri Yalangba.

Surpris de la rediffusion de cette bande sonore, le général a alors conseillé au directeur général la Radio Centrafrique de bien vouloir rappeler à l’ordre son collaborateur, et de veiller à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour éviter la diffusion des appels à la haine et à la diffamation gratuites, et à  surseoir à toute manipulation et toute manœuvre politico – politicienne visant à faire de la radio nationale une radio des Mille Collines. Pour finir, l’homme de tenue a demandé à son interlocuteur au bout du fil de transmettre diligemment  au ministre de la communication et des médias Ange Maxime Kazagui de qui l’autre prend directement sa ligne éditoriale, toute sa sollicitude et toute son inquiétude sur cette manière peu régalienne et anti – démocratique de faire, et de lui exprimer toute son entière  disponibilité à participer à un débat avec lui, comme contradicteur et Kévin Dimitri Yalangba à l’animation, sur le plateau des ondes nationales sur les grandes lignes de sa tribune au peuple centrafricain.

Tel que relaté ci – dessus, en aucun cas, il n’a été question des propos contenus dans le post de l’inspecteur central du ministère de la communication et des médias, et de l’animateur de l’émission « Club de la Presse ». De ce fait, nous nous trouvons plus devant un acte établi de désinformation à des fins politiques et d’un certain journalisme au service de la pensée unique et de la manipulation de l’opinion, que d’une presse responsable, éducative, libre et véritablement démocratique. Mais, son message et ses plaintes légales et légitimes ont – ils été régulièrement transmis à qui de droit ?  Dans l’affirmative, pourquoi donc  ce fonctionnaire n’a – t – il pas été rappelé à l’ordre par ses supérieurs hiérarchiques ? Et comment un fonctionnaire astreint à l’obligation de réserve dans l’exercice de ses fonctions peut – il transposer sur la place publique et les réseaux sociaux  un acte d’indélicatesse et d’une gravité de cette nature ? Personne ne peut répondre à ces pertinentes questions, si ce n’est aussi que personne n’a été au courant. Comme toujours, personne n’est au courant de quoi que ce soit depuis leur accession au pouvoir en mars 2026 !

Toujours est – il que non seulement la campagne de diffamation et de désinformation contre le général s’est poursuivie de fort belle manière, après cette mise au point, mais surtout il nous a été révélé ce jour que, selon un article publié par le journal Adrénaline Info, ce dernier a été une nouvelle fois formellement accusé d’avoir projeté d’assassiner le ministre de la communication et des médias Ange Maxime Kazagui et certains professionnels de la presse. Une si gratuite et  hallucination médiatique dont un certain Rodrigue Bozizé a déjà été victime de la part de ce Dimitri, il y a seulement quelques mois, contre laquelle le désormais général retraité a immédiatement réagi en interpellant de vives voix le directeur de publication, pour lui reprocher la diffusion de ces informations foncièrement gratuites, erronées et attentatoires à son honneur et sa dignité, le concernant « intuitu personae », sans le respect scrupuleux de la méthode de recoupements préalables, et lui a demandé in fine de se préparer à affronter la justice pour diffamation, avant de lui raccrocher le téléphone au nez.

Aux dernières nouvelles, le directeur général de la Radio Centrafrique qui a été obligé de décrocher un deuxième coup de fil du général Ngaïféi, serait très vertement remonté contre son ministre qui ignore tout de la notion élémentaire du respect du principe de la hiérarchie et qui se sert éperdument du jeune fonctionnaire et des ondes nationales pour régler ses comptes et assouvir des desseins manifestement politiques, personnels, égoïstes et partisans. Un ministre dont le poste est à nouveau ardemment convoité par un certain Lémasset et qui cherche ainsi à plaire au président de la République, après avoir réussi à se faire construire une bien jolie villa, en compensation du marché de gré à gré dont le président du groupe ANECDOTE, Jean-Pierre Amougou-Bélinga, a été bénéficiaire.

La rédaction

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here