Centrafrique : quand M. Zounguéré Gérald fait l’apologie de la mal – gouvernance par son silence à notre interpellation

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Dans un article intitulé : « Centrafrique : « nouveau bâtiment abritant le ministère de l’énergie et des ressources hydrauliques d’un montant de 700 millions de Fcfa »: M. Gérard Zounguéré, quelle a été la procédure d’adjudication ? », publié le 25 novembre 2022, nous avons informé nos lecteurs et le grand public de la cérémonie de pose de la première pierre du bâtiment R+4 du ministère de l’énergie et des ressources hydrauliques.

Toutefois, au nom du respect des nobles principes de la bonne gouvernance et de la transparence qui fondent l’organisation et le fonctionnement de toute administration digne de ce nom, dans toute société qui se dit et se veut démocratique comme la nôtre, nous avons jugé utile d’interpeller directement le directeur de cabinet Zounguéré Gérald, de grade contrôleur principal des finances, sur le mode d’attribution de ce marché. Plus de trois (3) mois plus tard, ce cadre des finances n’a jamais daigné donner suite à nos préoccupations ; ce qui constitue non seulement un acte manifeste de rejet réservé à notre sollicitude, mais surtout un comportement outrancier synonyme d’un insolent mépris, d’une indifférence goguenarde à l’égard de notre démarche, et d’une insulte à l’endroit de toute la société civile que nous sommes censés représenter.

En effet, en ce qui concerne les médias, force est de reconnaître qu’ils jouent un rôle éminemment important dans la société dont ils ne sont pas simplement un maillon, mais plutôt un levier de toute première importance. Ils sont des outils incontournables dans la promotion d’une culture de la démocratie. A la faveur de l’expansion de la gouvernance démocratique, on a assisté à un accroissement spectaculaire  de la taille et de la capacité de la société civile. Peut-on alors légitimement occulter le rôle de cette force dont le dynamisme et la place qu’elle occupe dans le champ social et politique sont des atouts que tout Etat organisé intégrerait dans ses stratégies ?

L’ancien Secrétaire Général des Nations unies, Koffi Annan, déclarait en 1998 que : «la bonne gouvernance est sans doute le facteur le plus important en vue de l’éradication de la pauvreté et la promotion du développement». Dans son entendement, bonne gouvernance ne signifie pas simplement la conduite du gouvernement par l’Etat. Mais, il implique aussi, par ailleurs,  la participation d’autres acteurs à la recherche de solutions concernant les problèmes sociaux. Ces autres acteurs sont le secteur privé et la société civile. Il s’agit, ici, d’une recherche permanente d’efficacité et d’efficience dans l’action de l’Etat, par la coordination et la coopération des pôles constitutifs de l’espace public que sont le secteur étatique, le secteur privé et le secteur de la société civile.

Au regard de la réalité sociologique et de l’histoire politique de notre pays, des pratiques européennes de développement et des expériences d’institutions comme la Banque Mondiale, on peut attester qu’une société civile dotée de moyens d’action constitue un élément essentiel du système démocratique. Elle incarne et favorise le pluralisme et peut contribuer à une efficacité accrue des politiques, à un développement équitable et durable et à une croissance inclusive. En exprimant les préoccupations des citoyens, la société civile est à sa place dans la sphère publique, où elle porte des initiatives qui renforcent la démocratie participative. Elle est l’expression de la demande croissante d’une gouvernance transparente, responsable et redevable.

C’est donc dans une démarche simplement citoyenne et au regard des termes des articles 14 et 15 de la Déclaration universelle des droits de l’homme que nous nous sommes appesantis sur l’annonce des travaux de construction d’un bâtiment à quatre niveaux pour un montant global de 700 millions de Fcfa, devant abriter le ministère de l’énergie et des ressources hydrauliques. C’est aussi en toute légitimité souveraine que nous nous sommes préoccupés du mode d’attribution dudit marché à l’entreprise GECPT dont la durée de réalisation des travaux est fixée à douze (12) mois, à compter de la date du lancement desdits travaux.

De ce fait, il revient en toute responsabilité et conformément au noble principe de la reddition de comptes qui fait obligation à toute autorité publique de rendre compte au grand public de sa gestion, au directeur de cabinet Gérald Zounguéré d’user de son droit de réponse pour faire toute la lumière sur le mode d’adjudication de marché. Non seulement, il a superbement ignoré cette obligation qui reste et demeure la sienne, ce qui constitue une faute lourde dans l’exercice de ses fonctions, mais surtout par son silence, il corrobore ce que ne cessent de dire les folles rumeurs de Bangui, selon lesquelles ce marché a été attribué non pas suite à un avis d’appel d’offres, mais plutôt par entente directe ; ce qui constitue une preuve manifeste de violation flagrante des dispositions de l’article 2 de la loi portant code général des marchés publics et délégations de service public en RCA, un cas avéré de mal – gouvernance.

Bien qu’il incombe, avant tout, à l’Etat de garantir le développement et une gouvernance démocratique, les synergies qu’il crée avec la société civile, c’est – à – dire les médias, peuvent aider à combattre plus efficacement la mal – gouvernance, la corruption, la pauvreté, les inégalités et l’exclusion sociale. Aussi, l’implication des organisations de la société civile et des médias indépendants par leurs critiques et leurs prises de positions aux processus politiques est – elle essentielle pour élaborer des politiques inclusives et efficaces. Elles contribuent ainsi à la construction d’Etats plus légitimes et comptables de leurs actes, ce qui débouche sur une cohésion sociale accrue et des démocraties plus ouvertes et plus fortes.

Ainsi donc, dans l’exercice du pouvoir, l’Etat doit rendre effective la bonne gouvernance  à travers quatre fonctions principales qu’il ne peut assumer sans une société civile forte. Il s’agit de : faire en sorte que la voix des populations pauvres et marginalisées soient entendues par les gouvernements et que leurs points de vue soient pris en compte dans les décisions politiques ; encourager la responsabilité, la transparence et la reddition des comptes dans le secteur public par le biais d’un soutien accru aux bonnes pratiques de gouvernance ; instaurer un terrain d’entente avec le gouvernement au moyen d’approches participatives dans la planification du développement et renforcer les initiatives nationales de réduction de la pauvreté ; fournir, en collaboration avec le gouvernement, des prestations de services au niveau local avec des solutions novatrices et financièrement rentables.

Jean – Paul NAÏBA

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