Centrafrique : quand l’inspecteur d’état José Constantin Franck s’improvise « contrôleur et gestionnaire »

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L’inspecteur d’état José Constantin Franck est accusé ces derniers temps de pratiques irrégulières de détentions de quittances, de collecte des recettes douanières et de maniements frauduleux des fonds publics par les fonctionnaires et agents de l’Etat du ministère des finances et du budget, relevant de la direction générale des douanes et des droits indirects, a – t – on appris de sources proches du cabinet du ministre des finances et du budget Hervé Ndoba. Ces sources ont affirmé et soutenu que l’homme s’est totalement dépouillé de son habillement d’inspecteur, celui de contrôleur a posteriori, pour s’approprier la veste conçue spécifiquement pour le gestionnaire, en flagrante violation des règles élémentaires d’incompatibilités entre les deux fonctions. Du jamais vu !

A ce titre, il s’est attribué les missions dévolues à ces collègues douaniers communément appelés « inspecteurs de visite », détient par-devers lui des carnets des quittances, établit des opérations de dédouanement des marchandises, délivre des quittances contre perceptions et encaissements des recettes et ordonne in fine aux vrais inspecteurs de visite de signer les « Bon A Enlever ». Des injonctions auxquelles ces derniers ont purement et simplement refusé de déférer.

Ainsi donc, après les affaires de quittances parallèles dans lesquelles sont directement impliqués le responsable du Guichet unique de Douala, M. Yambouka Wamata, et ses plus proches collaborateurs, l’annonce de ces actes de loufoqueries au niveau de l’inspection générale d’Etat dans lesquels est cité le nom d’un autre douanier, doit non seulement être décriée par tous et condamnée, mais surtout faire l’objet d’une enquête, car elle jette du discrédit sur l’image de l’inspection générale d’Etat et sur l’honneur et la dignité de tous les inspecteurs d’Etat.

Cela ne saurait en être autrement tant l’IGE est l’organe supérieur de contrôle administratif, d’audit, d’inspection et de promotion de la bonne gouvernance. Elle est placée sous la haute autorité du Président de la République  et jouit d’une compétence nationale. Elle coordonne les activités de tous les autres organes d’inspection, d’audit et de contrôle internes administratifs et est investie d’une mission générale et permanente d’inspection, de contrôle, d’audit, d’investigation, d’études, de conseil et d’inspection des services publics et parapublics en vue de garantir le respect des textes législatifs et réglementaires, de même que l’optimisation des performances de ces services. Partout ailleurs, il lui est attribué les missions spécifiques suivantes :  – Inspection et investigation;
– audit et contrôle du bon fonctionnement et de la bonne gouvernance de l’ensemble des services publics, parapublics et des sociétés à participation financière publique ;- études, évaluation des politiques et programmes publics, conseil et appui aux réformes et aux systèmes d’information ; – coordination et suivi fonctionnel des organes de contrôle administratif ; – suivi de la mise en œuvre des recommandations.

Au regard de ce qui précède, la posture adoptée par l’inspecteur d’Etat José Constantin Franck est contraire à la loi et soulève l’épineuse question de l’incapacité notoire des autorités en charge de la gestion de nos finances publiques à lutter courageusement et efficacement contre les comportements de gabegie financière  dans lesquels excellent des fonctionnaires et agents des régies financières, de manière générale, et  mettre un terme définitif à ces pratiques de production et de détention de quittanciers parallèles, en particulier. Elle prouve que nous avons plutôt affaire à une mafia qui ne dit pas son nom. Sinon, comment alors comprendre qu’un contrôleur puisse se substituer à un gestionnaire sans que cela n’émeuve personne ? Qui produit et met à sa disposition ces carnets de quittances ? A qui rend – il compte, dès lors qu’il lui est fait formellement interdiction d’encaisser des recettes publiques ? Où vont toutes ces recettes collectées de manière illégale ? A quoi sert finalement l’IGE ? En l’espèce, José Constantin Franck n’est – il pas tenu par l’obligation de dresser son rapport de mission et de le soumettre à la lecture de ses chefs hiérarchiques ? Comment alors comprendre qu’une mission ponctuelle peut – elle devenir une mission de longue durée ? Qu’en est-il du respect des principes du contrôle a priori de la légalité et de la régularité ? Comment ignorer donc que le non respect de ces principes ne fait que multiplier, aggraver les fautes, voire les délits, en matière de gestion ?

Au-delà de cette affaire de détention de quittanciers par un inspecteur d’Etat, ce n’est pas une question d’incompétence ou de compétence qui se pose, quoique notre pays en dispose suffisamment. Ce qui est posée c’est la question de la volonté politique de sanctionner les fautes commises, par rapport à la dilapidation de nos ressources nationales et de l’Etat. Mais, n’est-ce pas que compétents et incompétents, souvent inamovibles pour la bonne cause du parti,  sont nommés par la même autorité politique ?

Affaire à suivre….. !!!!

La rédaction

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