Centrafrique : quand la société civile cautionne l’instauration d’une Imposture totalitaire ! 

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Les différents responsables de la société civile se sont entretenus, le mercredi 21 avril au palais de la Renaissance, avec le Gangster de Bangui Faustin Archange Touadéra. « Cette rencontre citoyenne avec les leaders du Conseil National de la Jeunesse, les Centrales Syndicales, le Groupe de Travail de la Société Civile, les ONG des Droits de l’Homme, les Associations de Taxi et Bus, des Koli et Ouali Gara, des Transporteurs et l’ Organisation Nationale des Personnes Handicapées, s’inscrit dans le cadre des consultations nationales préalables à la tenue du dialogue républicain qui regroupera toutes les Forces Vives de la Nation », a révélé le site de la présidence centrafricaine « La Renaissance ».

Si cette source a affirmé et soutenu que « l’occasion a été donnée tour à tour aux invités du jour d’exprimer au Président TOUADERA et au Comité Technique leurs préoccupations sur les principaux maux auxquels la République Centrafricaine est confrontés », il ne souffre plus d’aucune contestation pour certains professionnels des médias et l’opinion publique nationale que par cet acte, c’est – à – dire en acceptant favorablement de prendre part à ce rendez – vous, la société civile a décidé de cautionner l’Imposture de l’Imposteur de Bangui. Ainsi donc, a contrario de leurs collègues sénégalais et burkinabé plus volontaristes, plus engagés et plus réfractaires au non – respect du principe de l’Intégrité Electorale, Gervais Lakosso, Crescent Béninga, Firmin Zoh – Ponguélé, Louis – Marie Kongréngbo pour ne citer que ceux – là, ont délibérément choisi pour les raisons qui sont les leurs de tourner le dos au rôle fondamental qui demeure celui de toute société civile, celui de peser davantage dans le débat public et de permettre aux plus précaires de faire entendre leur voix.

En effet, en agissant de la sorte, nous ne pouvons constater qu’ils ont tout simplement trouvé normal, légal et légitime que l’Agence Nationale des Elections n’ait pas été institutionnalisée, conformément aux dispositions de l’article 124 de la constitution, que le Cadre de Concertations ait été remplacé par un comité stratégique d’appui au processus électoral mis en place par un arrêté du premier ministre, que la mise en place des démembrements locaux de l’ANE ait délibérément violé les principes du consensus, et que les inscriptions sur les listes électorales tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays aient singulièrement été caractérisées par des actes manifestes d’irrégularités et de flagrantes entorses à la loi, sans compter la réduction des délais du recours contentieux. Pis, le retrait du droit de vote à plus de 300.000 réfugiés centrafricains qui ont dû quitter le pays pour des raisons d’insécurité et de persécutions politiques et inter – communautaires, a été enregistré sous le compte « pertes et profits », ainsi que l’implication des groupes armés dans le processus électoral et le déroulement des calamiteuses élections du 27 décembre 2020. Enfin, ils viennent de prouver par ce geste aux yeux de toute la République que les multiples déclarations des partis politiques de l’opposition démocratique membres de la COD – 2020 exigeant la tenue d’élections libres, démocratiques, crédibles, transparentes et incontestables, à l’issue desquelles il a été élu par seulement 17% du corps électoral, ne constituent pas une atteinte à la démocratie.

De ce qui précède, nous ne pouvons admettre tout naturellement que  « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » La Fontaine – Les animaux malades de la peste. Car, en matière électorale en Centrafrique, les décisions de la cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Or, il est de la responsabilité de cette préfecture d’arrivistes membres du MCU, choisis par le Gangster de Bangui et ses affidés, de préserver l’Intégrité Electorale, c’est – à – dire la possibilité pour l’électeur centrafricain de participer à des élections honnêtes, crédibles et sincères.

Cette notion alimente le débat scientifique dans le monde de la pensée politique, depuis un certain temps. Aux Nations Unies en 2012, elle a fait l’objet d’un rapport de la Commission Mondiale sur les Elections, la Démocratie et la Sécurité. Dans ses acceptions les plus courantes, l’intégrité électorale correspond à « l’incorruptibilité ou une adhésion stricte à un code de valeurs morales » ; à « l’état de ce qui est sain, [et] qui n’a subi aucune altération » ; à « l’état de ce qui est complet, [et] qui a toutes ses parties ». Mais la définition la plus efficiente à mon sens est celle des auteurs du rapport précité selon qui l’intégrité électorale représente « toute élection reposant sur les principes démocratiques de suffrage universel et d’égalité politique tels qu’ils figurent dans les normes et accords internationaux, et menée de façon professionnelle, impartiale et transparente dans sa préparation et dans sa gestion, tout au long du cycle électoral ».

On peut donc, par conséquent, légitimement accepter  que la bande à Lakosso vient de consacrer, en marchant allègrement sur les cadavres de tous les combattants de la liberté des années 90 et en profanant leur mémoire, l’instauration d’un régime dictatorial et de terreur en Centrafrique, et en soutenant donc les litanies d’actes de graves violations des droits de l’homme commises par les mercenaires du Groupe Wagner à la solde d’un certain Touadéra.

La rédaction

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