Centrafrique : quand la Minusca parle mais laisse le gouvernement, les Faca et les mercenaires du Groupe Wagner sévir, violer et tuer impunément

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7 déc 2022

La MINUSCA appelle les différents acteurs à promouvoir les Droits de l’Homme en Centrafrique

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) appelle les différents acteurs du pays à promouvoir les droits de l’homme. « La question des droits de l’homme ne doit pas être monopolisée par les Nations Unies. Ce n’est pas une question qui nous appartient uniquement et il est important que le débat public puisse être nourri de manière sereine, avec des questions relatives aux droits de l’homme », a déclaré la directrice de la Division des Droits de l’Homme de la MINUSCA Hanan Talbi, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Mission, en prélude à la célébration de la journée Internationale des droits de l’homme, le 10 décembre.

Soulignant la nécessité de la lutte pour le respect des droits de l’homme, Hanan Talbi a fait valoir qu’il « est aussi important que les gens aient conscience et comprennent ce que sont les droits de l’homme, afin de les revendiquer ». Faisant part des défis liés au respect des droits de l’homme dans le monde et en République centrafricaine en particulier, la directrice de la Division des Droits de l’Homme de la MINUSCA a déclaré que, « nous devons renouveler le contrat social passé entre les gouvernements et leurs citoyens, ainsi qu’au sein des sociétés, afin de rétablir la confiance et adopter une vision commune et globale des droits de l’homme sur la voie d’un monde juste et équitable ».

La célébration de la journée des droits de l’homme cette année, coïncide avec la publication du rapport trimestriel de la MINUSCA consacré au sujet. Une occasion pour Hanan Talbi de faire le point sur le rapport. « Entre janvier et novembre 2022, nous avons documenté plus de 1070 violations et atteintes aux droits de l’homme à travers le pays qui ont fait 2666 victimes dont au moins 262 femmes et 540 enfants », a déclaré la directrice de la division des droits de l’homme de la MINUSCA.

En ce qui concerne les auteurs, Hanan Talbi a fait savoir que les acteurs étatiques sont responsables de plus de 506 violations dont l’essentiel concerne « des détentions, des arrestations, des exécutions extrajudiciaires, des meurtres, des mauvais traitements ». Les groupes armés eux, sont responsables de « 521 atteintes pour des mauvais traitements, recrutement et utilisation d’enfants, des exécutions sommaires, des enlèvements et des atteintes au droit à la propriété ».

Hanan Talbi a également déploré l’accès limité à certaines zones, afin d’effectuer le monitoring des violations des droits de l’homme. La directrice de la Division des droits de l’homme de la MINUSCA a rappelé ensuite que les rapports de la MINUSCA ne sont pas rédigés pour « accabler ou acculer », mais pour « mettre en lumière les difficultés », et « permettre à ceux qui ont l’obligation de résoudre ces difficultés, de prendre des mesures et nous sommes là, en tant que mission, pour pouvoir appuyer à la mise en œuvre de ces mesures ». Elle s’est félicitée par ailleurs de certaines avancées, notamment le premier verdict de la Cour pénale spéciale sur les crimes commis dans le pays, ainsi que l’entrée de la RCA dans le club des pays ayant opté pour l’abolition de la peine de mort.

Intervenu au cours de cette conférence de presse, le directeur de la Division de la communication stratégique et de l’information publique de la MINUSCA, Charles Bambara a fait savoir qu’à Bangassou, le 1er décembre dernier, l’Unité d’ingénierie du contingent pakistanais a organisé une démonstration sur la neutralisation des explosifs, munitions et engins de guerre. « Cette démonstration a été réalisée en faveur des autorités préfectorales, et des leaders communautaires. Une campagne de sensibilisation a suivi,  compte tenu de l’augmentation d’incidents liés aux engins explosifs improvisés, en particulier dans le secteur Ouest du pays », a souligné Charles Bambara.

Pour sa part, le porte-parole de la Police de la MINUSCA, le commissaire Serge Ntolo Minko a noté que UNPOL et les forces de sécurité intérieure centrafricaines (FSI), ont multiplié les patrouilles diurnes et nocturnes dans les artères et carrefours sensibles de Bangui et en régions. « Cette posture a permis d’enregistrer une baisse de la criminalité à Bangui de 37% », s’est-il félicité, ajoutant que la Police de la MINUSCA poursuit son appui aux FSI, pour plus de professionnalisme et être plus proches des populations.

Enfin, le porte-parole militaire de la MINUSCA, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, face aux mouvements des groupes armés constatés ces derniers temps à l’intérieur du pays, a indiqué que les unités de la Force continuent l’exécution de leurs missions en réajustant leurs actions. À cet effet, « 2.017 patrouilles ont été effectuées contre 1.719, la semaine dernière, soit 298 patrouilles de plus. Dans ce total, 05 ont été menées conjointement avec les FACA », a-t-il dit, concluant que, « cette augmentation significative s’explique par l’intensification des activités opérationnelles dans des zones à risques nouvellement identifiées, ce qui a permis de réduire les capacités de nuisance des éléments armés qui opéraient dans ces zones et d’assurer ainsi la protection des civils ».

La Minusca

 

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