Centrafrique : Prince Borel Yaounga Yiko, un autre gourou de Touadéra qui a organisé le vol des élections groupées du 2020 et qui s’en prend à l’opposition démocratique !

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« Prince », un acteur décisif

Pour convaincre les partenaires diplomatiques occidentaux de la sincérité de sa démarche face à la Russie et Wagner, le président Touadéra se repose d’abord sur son ministre-conseiller Prince Borel Yaounga Yiko. Cet informaticien formé à l’Institut de formation d’informatique appliquée et de gestion (IFIAG), au Maroc, a été introduit au plus haut sommet de l’État par sa propre sœur, Audrey Wenezoui, trésorière du Mouvement cœurs unis (MCU), le parti présidentiel, ainsi que par le ministre des grands travaux et des investissements stratégiques, Pascal Bida Koyagbélé. Prince Borel Yaounga Yiko a fait montre de sa capacité à mettre en place une surveillance technique de l’opposition lors de l’élection présidentielle de 2020, ce qui lui a valu de se faire une place au sommet de l’État.

Son influence n’a cessé ensuite de croître auprès de Faustin-Archange Touadéra, qui l’a chargé depuis plus d’un an d’orchestrer le rapprochement avec des puissances occidentales et de renforcer les relations avec les pays de la région. Prince Borel Yaounga Yiko a soigné son entregent dans les sphères politico-militaires du Gabon, où il a passé une partie de sa jeunesse. Il a ainsi effectué quelques allers-retours à Libreville, où il est régulièrement reçu par le président de la transition gabonaise, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, et ses conseillers stratégiques.

C’est aussi dans la capitale du Gabon que le président français Emmanuel Macron s’était entretenu avec son homologue centrafricain en marge du One Forest Summit de mars 2023, après deux années de vives tensions diplomatiques. Dans la foulée, Prince Borel Yaounga Yiko avait facilité l’évacuation d’un ancien militaire français retenu par les autorités centrafricaines depuis deux ans (AI du 20/05/23). Un geste concédé par Faustin-Archange Touadéra dans l’espoir de reprendre langue avec Paris. Le président a vainement formulé des demandes de reprise de la coopération et de l’aide française, avant de solliciter l’envoi d’instructeurs militaires lors d’une entrevue à l’Élysée, en septembre 2023 (AI du 12/09/23).

Un cyber-maître espion

Cette dernière rencontre avait été suivie de près par Pascale Jeannin-Perez, une femme d’affaires française établie à Genève. Elle fait aussi fonction de conseillère privée du président Touadéra sur les questions économiques, notamment dans le secteur des mines, dans lequel elle opère sur le continent à son propre compte ou en lien avec le milliardaire américano-canadien Robert Friedland. C’est elle qui a ouvert les portes de la présidence centrafricaine à Bancroft en présentant Michael Stock et Richard Rouget à Faustin-Archange Touadéra et Prince Borel Yaounga Yiko, désormais le point focal de cette nouvelle alliance.

Ministre-conseiller, diplomate de l’ombre, informaticien et homme de réseaux, Prince Borel Yaounga Yiko est également le cyber maître-espion de la présidence centrafricaine. Le 19 février 2021, il a été nommé, sur décret présidentiel, coordinateur général Signals Intelligence du Centre analytique des ressources administratives et militaires (Caram). Cette structure avait été constituée quarante-huit heures plus tôt, juste avant le début du second mandat de Faustin-Archange Touadéra et en pleine contre-offensive de Wagner face aux rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (AI du 19/10/21).

Voué à devenir le pilier du dispositif de renseignement centrafricain, le Caram est directement rattaché et logé à la présidence, pour laquelle il se charge des interceptions de télécommunications téléphoniques et radio notamment. Une quarantaine de personnes travaillent au Caram, dont les capacités techniques alimentent les conjectures. Prince Borel Yaounga Yiko, qui avait tenté sans succès d’acquérir du matériel d’écoute français, avait dépêché au salon des prestataires du renseignement ISS World Europe, en juin dernier, à Prague (République tchèque), une délégation pour discuter de l’acquisition de systèmes d’interception auprès de fournisseurs israéliens.

Un jeu délicat

Ce centre se retrouve désormais au cœur de la lutte à venir entre les différents acteurs opérant pour le compte de la présidence centrafricaine. Si Prince Borel Yaounga Yiko a été aperçu à plusieurs reprises dans les bars de la capitale avec Vitaly Perfilev, ancien représentant des Wagner en Centrafrique, il est également proche de diplomates et de conseillers militaires français comme américains. Le Caram semble avoir été préservé de l’emprise russe et constitue désormais un actif stratégique convoité par les Occidentaux. Bancroft, dont un volet porte sur le renforcement des capacités de renseignement, notamment à l’aide de drones tactiques, n’exclut pas de collaborer avec le centre.

Sous mandat de la présidence et en lien étroit avec Prince Borel Yaounga Yiko, la société militaire privée américaine entre de plain-pied dans le délicat jeu de rivalités entre Washington et Moscou. D’autant que Wagner, toujours très influent au sein de l’aéroport de Bangui, n’hésite pas à se faire menaçant à l’encontre du président Touadéra. Ces derniers mois, le chef de l’État a par ailleurs essuyé un refus catégorique des Russes lorsqu’il a demandé une réduction de l’effectif de sécurité autour de Firmin Ngrebada, ancien premier ministre et homme du Kremlin. Celui-ci bénéficie d’une protection rapprochée conséquente, qui agace considérablement le président et certains de ses plus fidèles conseillers. Tous craignent de voir Moscou songer à l’imposer en cas de crise ouverte autour de cette incertaine diplomatie d’équilibriste.

AI

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