Centrafrique : « Prêt taïwanais de 135 millions d’euros »: pourquoi une impérieuse autorisation préalable de l’Assemblée nationale avant la signature de tout accord de financement à l’avenir !

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Le premier créancier bilatéral de la République Centrafricaine est Taïwan, avec 135 millions d’euros d’arriérés de paiement, a révélé Africa Intelligence dans son article intitulé : « Mohammed bin Salman, discret trésorier de Faustin-Archange Touadéra », du 13 juillet 2023. Viennent ensuite l’Arabie Saoudite, devenu deuxième en 2022 (48 millions d’euros), l’Inde (39 millions), l’Argentine (30 millions) et le Koweit (18 millions).

Pour la bonne gouverne des uns et des autres, rappelons que le prêt avec Taïwan a été contracté par la République centrafricaine, en 1992, pendant les dernières années du régime Kolingba et n’a malheureusement jamais été remboursé ni en capital ni en intérêts. Du coup, les agios sont venus au fil du temps gonfler un peu plus le montant de cette dette toujours très importante pour l’Etat centrafricain près de 30 ans après sa souscription.

Tous les créanciers officiels de République centrafricaine ont donné leur consentement au financement du FMI qui peut accorder un financement à la RCA, nonobstant ses arriérés extérieurs. Cependant, malgré les discussions sur l’annulation de sa dette, Taïwan a toujours bloqué le dossier afin que l’Etat centrafricain s’acquitte de cet engagement. Le fait que le montant de cette créance soit le plus important fait que l’avis de Taïwan est très important et souvent requis, lorsqu’il est question de restructurer ou d’annuler la dette, la question étant en premier lieu posée aux plus gros créanciers (Taïwan pour le cas Centrafricain).

Par le passé, la dette centrafricaine a été allégée voire partiellement annulée par certains créanciers, cependant la partie des prêts concernant Taïwan, l’Argentine et certains pays arabes dont le Koweït (pays qui n’ont jamais voulu cette annulation), est toujours restée inchangée ou réduite de manière non significative. L’augmentation de la dette extérieure de la République centrafricaine qui se confirme avec le dernier prêt de l’Arabie Saoudite par les autorités en place pose de nouveau aujourd’hui la question du surendettement de l’Etat centrafricain très sensible aux chocs sur le PIB, les exportations, les recettes, et pose, par conséquent, la question de sa capacité à rembourser ses engagements et à obtenir à l’avenir de nouveaux financements…

A ce jour, dommage qu’il n’y ait aucun garde – fou, aucune mesure contraignante de contrôle institutionnel, par exemple parlementaire, sur ce type de prêts extérieurs qui engage l’Etat et limite à la longue les capacités de financement et d’investissement public de plusieurs régimes et générations successives. Dans un proche avenir, il sera urgentissime que l’on puisse sérieusement s’atteler à cette question dans la mesure où ces prêts ont souvent été systématiquement détournés de leurs destinations initiales, pour des besoins le plus souvent politiques, au détriment des secteurs les plus prioritaires que sont la santé, l’éducation et les infrastructures de base, générateurs d’emplois et créateurs de richesses.

Pour éviter que leurs cumuls ne puissent constituer de solides freins à l’obtention de nouveaux financements et que les services de la dette ne soient remboursés par de nouvelles générations qui n’auront jamais bénéficié de leurs décaissements, il est impératif de prévoir à l’avenir l’autorisation préalable de l’Assemblée nationale avant la signature de tout accord de prêt ou de tout financement par l’Etat centrafricain, par des séances d’interpellations obligatoires, suivies de menaces du recours immédiat à l’usage de la motion de défiance et/ou de censure.

La rédaction

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