Centrafrique : pourquoi l’Ue doit suspendre hic et nunc toute coopération avec le régime d’Imposture et de l’Imposteur de Bangui

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Depuis la proclamation des résultats des élections groupées du 27 décembre 2020 marquées singulièrement par des actes de graves irrégularités dont l’incontestabilité a fini par leur ôter tout critère de légalité, de légitimité, de crédibilité, de sincérité, de transparence, d’inclusivité, et de liberté, à l’issue desquelles le candidat Touadéra a été déclaré élu par l’ANE dès le 1er tour par seulement 17% du corps électoral, et desquelles plus de 300.000 Centrafricains ont été délibérément exclus, la République centrafricaine est plongée dans une crise post – électorale sans précédent. Une crise qui s’est ajoutée aux violents affrontements militaro – politiques qui secouent ce pays d’Afrique centrale suite au coup d’état de la nébuleuse Séléka, le 23 mars 2013.

En dépit des injonctions de la France faites aux autorités nationales les sommant d’organiser un dialogue politique inclusif avec l’opposition démocratique et les groupes armés, de mettre un terme à leur politique de désinformation, de manipulation de l’opinion nationale tant qu’internationale, de propagande et d’appels à la haine et la violence contre la France, ses intérêts, l’Onu, la Minusca, leurs personnels et la communauté internationale, et de cesser toute coopération avec les mercenaires du Groupe Wagner et rwandais, l’Imposteur de Bangui est resté statique dans ses bottes. Mieux, il s’est donné une totale libéralité pour organiser une simple causerie entre lui et « ses parents, ses amis et ses connaissances », appelée « Dialogue républicain », à laquelle n’ont pas naturellement pris part les partis politiques de l’opposition démocratique et les groupes armés.

Comme pour narguer tout le monde, il n’a pris aucune disposition pour observer scrupuleusement sa propre déclaration de cessez – le – feu, prononcée à la nation le 15 octobre 2021, l’une des recommandations de la feuille de route de Luanda pour une sortie de crise. Fort de ses mercenaires russes et rwandais et avec la complicité tacite de la Minusca, l’homme a continué sa campagne de reconquête et razzias des zones occupées jadis par les rebelles de la CPC, après l’attaque de la ville de Bangui le 13 janvier 2021, s’en prenant partout et aveuglément dans les communes et les villages aux civils, à leurs biens, commettant ainsi des actes de graves atteintes de droits humains, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, tels que recueillis, enregistrés, et documentés par le rapport des experts de l’Onu au conseil de sécurité du 21 juin 2021.

Le summum de ce « je – m’en – foutisme » sans pareil au monde, comme si la République centrafricaine serait devenue sa chose à lui, sa propriété à lui dont il a l’obligation d’en faire un usage exclusif et selon ses humeurs, sera sa décision de modifier la constitution du 30 mars 2016 sur laquelle il a prêté serment, afin de s’octroyer une présidence à vie. Si la réaction de l’opposition démocratique a été immédiate, claire et nette, l’Ue qui a financé à hauteur de plus de 15 milliards de Fcfa les catastrophiques élections groupées du 27 décembre 2020 et qui, de facto, a une responsabilité directe et sans ambages dans la crise qui s’en est suivie, a quant à elle tenu une déclaration laconique, peu réactive et peu robuste : « l’Ue prend note de l’annonce de la possible tenue d’un référendum visant à apporter des modifications à la constitution. Tout changement apporté à la constitution relève de la souveraineté nationale. Il est toutefois essentiel qu’un tel processus respecte les mandats et l’indépendance des institutions nationales impliquées, en pleine transparence. Par ailleurs, une consultation populaire inclusive, crédible et paisible doit s’appuyer sur un respect scrupuleux pour les libertés d’expression, d’assemblée et des médias ».

Comme nous l’avons annoncé dans notre article intitulé « Centrafrique : l’Ue européenne trop timide face à la volonté de Touadéra de s’éterniser au pouvoir » publié le 03 septembre 2022, la réaction de l’Union européenne n’est pas assez incisive. Elle est trop diplomatique, trop timide, c’est – à – dire trop molle et loin d’être contraignante. Or, afin de venir à bout de l’entêtement de Touadéra et le pousser à revenir à la raison, il faut des mesures fortes, contraignantes voire drastiques à l’égard de sa personne, son régime et tous ceux qui s’opposent farouchement au dialogue et au retour de la paix dans ce pays. A l’image des sanctions qu’elle a prises contre la République du Togo, suspendue de toute coopération officielle avec l’Ue de 1993 à 2007 sur le constat d’un déficit démocratique, et en application de l’article 36 a de la Convention de Lomé et de l’article 96 de l’Accord de Cotonou. C’est ce que demandent ardemment le peuple centrafricain et tous les démocrates de ce pays, pris en otage par Touadéra et des organisations criminelles internationales qui utilisent et instrumentalisent l’insécurité généralisée pour s’enrichir, piller les ressources naturelles, assassiner la vie et la Démocratie et liquider la République.

Si, au cours de ces 20 dernières années, l’aide de l’UE à la population togolaise a néanmoins été ininterrompue, avec la mise en œuvre de nombreux programmes directement en faveur de la population, la coopération avec l’État a formellement repris en novembre 2007, tout d’abord sur reliquat du 9ème FED, puis dans le cadre du Document Stratégique et Programme Indicatif National (DSP-PIN) signé en mai 2008. Le dialogue politique a quant à lui été mis en œuvre à partir de fin 2008 dans le cadre de l’Article 8 de
l’Accord de Cotonou. Il a été consacré au début essentiellement à la mise en place d’un cadre électoral satisfaisant pour les élections présidentielles de 2010. Plus généralement, la reprise de la coopération en 2007, après une longue période d’interruption, a été confrontée à une courbe d’apprentissage importante, aussi bien du côté de l’UE que de celui des autorités togolaises.

Tout comme au Togo, l’Union européenne (UE) a commandité au bureau d’études ADE une évaluation indépendante de sa coopération avec la République Togolaise durant la période 2007-2013, la coopération avec la République centrafricaine ne devra reprendre qu’au prix d’un audit de la gouvernance de l’Imposteur de Bangui. L’objectif principal visé ici sera de renseigner l’Ue sur les résultats de son engagement dans ce pays et sur les leçons à tirer pour améliorer sa coopération actuelle et future. L’évaluation sera essentiellement centrée sur les questions de pertinence de sa stratégie d’engagement et sur les thèmes clés de la coopération : la gouvernance démocratique, les droits de l’homme les réformes économiques et institutionnelles, la stabilité macroéconomique et l’appui aux infrastructures. Elle aura également à aborder les questions de la coordination, du mix d’instruments et de modalités d’aide, ainsi que de l’effet des changements institutionnels au niveau de l’Union européenne.

C’est ce que le peuple centrafricain et tous les démocrates exigent hic et nunc de l’Union européenne, car Touadéra est le problème et la solution de la crise centrafricaine !

Jean – Paul Naïba

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