Centrafrique : Pourquoi l’opposition démocratique ne devra pas prendre aux prochaines élections locales !

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Centrafrique : Pourquoi l’opposition démocratique ne devra pas prendre aux prochaines élections locales !

Lors d’une conférence de presse organisée à Bangui, il y a quelques jours, le ministre des médias et porte – parole du gouvernement Maxime Balalou a semblé contraint par la communauté internationale à faire un appel à l’endroit du gouvernement, en ces termes :

 « Il y a deux problèmes et il faut éviter l’amalgame. L’opposition dite radicale, s’accroche à la Constitution de 2016, qui n’existe plus, ce qui est illogique. Elle veut revenir à une constitution alors que le peuple a déjà choisi une nouvelle constitution, l’argument de l’opposition est à l’antipode de la réalité. Nous sommes gouvernés par la Constitution du 30 aout 2023 qui s’impose à tout le monde. Le gouvernement travaille en toute transparence. La place de l’opposition dans le comité stratégique existe et si maintenant, l’opposition décide de ne pas participer, j’espère qu’elle va changer de décision, mais nous travaillons dans une démocratie, nous continuons à discuter avec l’opposition. Il faut que ceux-ci participent, c’est l’occasion justement pour eux de s’implanter véritablement », a fait savoir le Maxime Balalou, selon le Journal Oubangui.

Pour justifier cette nécessité d’organiser ces élections, il a souligné que « Nous sommes en démocratie. L’opposition à ce droit de choisir de participer à l’exercice démocratique, à être représentée. Cela fait presque 40 ans, qu’il n’y a pas eu des élections locales dans notre pays. Depuis, nous n’avons que les délégations spéciales, il n’y a pas de véritables maires élus. C’est une occasion de connaitre la capacité de mobilisation des assises nationales et de l’opposition qui veut prétendre gouverner le pays».

Seulement, s’il ne souffre d’aucune contestation que le gouvernement de Félix Moloua 2, né du coup d’état électoral du 27 décembre 2020 et du putsch constitutionnel du 30 Juillet 2023, les petits partis politiques qui sont assis à la table du Néron de Bangui et constitués en une plateforme politique dénommée « Bê – Oko » et ceux de l’UFOD dont le seul représentant assume actuellement les fonctions de ministre d’état à l’éducation nationale, se préparent activement pour prendre à ces futurs scrutins régionaux, il n’en est absolument rien de la part du BRDC composé des partis politiques de l’opposition démocratique et de plusieurs associations de la société civile. Les raisons de la non – participation de tous les légalistes, les Combattants de la Liberté et de tous les Démocrates centrafricains à ces échéances électorales locales, ont été suffisamment développées dans une lettre adressée, le 27 mars 2024, à Mme l’Ambassadrice Linda Thomas-Greenfield, Représentante permanente des Etats – Unis auprès de l’Onu, sise au 799 United Nations Plaza New York, NY 10017 Etats – Unis, par l’ancien député de la Circonscription de Mala Jean – Pierre Mara et Edouard Yamalet, Journaliste indépendant et Directeur de Publication du Letsunami.net.

Dans cette lettre, les deux farouches opposants au régime de l’Imposteur et du Criminel de Bangui, ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour demander à la diplomate américaine de demander à son pays, les Etats – Unis, premier contributeur financier de la Minusca de ne pas financer l’organisation de ces élections locales pour « Déficit Démocratique ». Cette décision est justifiée rationnellement par l’implication totale des mercenaires du Groupe Wagner dans le système électoral. Leur partialité pour le pouvoir de Bangui ne garantit aucun respect du code d’intégrité électorale qui encourage et protège des élections justes et équitables ainsi que l’application de mesures spécifiques visant à sécuriser l’intégrité en fonction des normes et bonnes pratiques relatives aux élections démocratiques dont la stricte observation avait permis au candidat Faustin Archange Touadéra d’accéder au pouvoir le 30 mars 2016.

En effet, l’Imposteur de Bangui a réussi, avec la complicité active de la communauté internationale, à faire main basse  sur toutes les institutions en charge de l’organisation (ANE) et de l’arbitrage (Cour constitutionnelle) de toutes les consultations électorales, qu’elles soient locales ou nationales. Dans l’optique de tuer et liquider la démocratie, il a fait former les membres de l’ANE dont le président, Me Mathias Barthélémy Morouba, en Russie. Après avoir limogé la présidente de la Cour constitutionnelle Mme Darlan Danièle, lauréate du prestigieux prix Femmes de Courage du Département d’Etat américain, le 8 mars 2023, en la méconnaissance totale de la loi, Touadéra a confié la gestion de la Cour constitutionnelle à l’un de ses obligés aux fins de  mieux contrôler les résultats, selon le modèle russe. Pour ce faire, il a fait configurer les ordinateurs de l’ANE par les Russes qui contrôlent tout le processus électoral.

De ce fait, toutes les élections organisées dans ces conditions ne peuvent pas respecter les critères établis par le code de l’intégrité électorale.  Telles sont exposées ci – dessus les raisons fondamentales que nous croyons objectives pour lesquelles l’opposition politique centrafricaine ne devra jamais prendre part à une élection organisée  par Touadéra avec le soutien des mercenaires du Groupe Wagner et rwandais.

Fort de ce qui précède et dans un contexte de totale captation de l’Etat par des forces non – conventionnelles, seul un dialogue politique national inclusif conditionné par le départ immédiat et sans condition des mercenaires russes et rwandais de notre pays, pourrait contraindre les partis politiques à mettre de l’eau un tant soit peu dans leur verre de vin.

 

Jean – Paul Naïba

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