Centrafrique : POURQUOI LES FACA FORMÉS PAR LES EUROPÉENS ET LES RUSSES NE DONNENT PAS DES « LEÇONS » OU DES «CORRECTIONS » À ALI DARASS ET SIDIKI?

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Ils seraient déjà plus de 1600 voire plus à subir la «formation de qualité» assurée par les instructeurs européens dans le cadre de la mission dite EUTM-RCA, et les Russes installés à Bérengo. Tous sont des fantassins, c’est-à-dire des soldats formés pour combattre sur le terrain, pour faire la guerre contre l’ennemi et notamment les envahisseurs qui hypothèquent l’intégrité du territoire, pillent les ressources du pays et massacrent les populations.
En plus d’eux et avant ceux-là, il y en a beaucoup qui sont des sous-officiers, officiers subalternes, officiers supérieurs et officiers généraux formés dans les prestigieuses écoles d’officiers, écoles de guerre et académies militaires d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Europe, qui ont déjà fait leurs preuves et qui sont encore en activité. Pourquoi ils sont inactifs alors que l’intégrité du territoire est dangereusement compromise et la vie des citoyens en danger à cause des actions des mercenaires étrangers? Le devoir national ne les appelle-t-il pas encore? Jusqu’à quand vont-ils attendre?
A dire vrai, c’est le moment pour les fantassins centrafricains de tout corps, de tout grade et de tout âge, de démontrer de quoi ils sont capables à ces mercenaires étrangers qui massacrent leurs compatriotes et pillent sauvagement les richesses du pays. Ils n’ont pas été formés pour orner les camps militaires et les sites de la Minusca à Bambari, Paoua et Bangassou, ou simplement pour pavaner à Bangui. Que nenni ! Le contexte de leur formation par les instructeurs européens et russes ne peut laisser planer aucun doute: c’est pour combattre les groupes armés qui compromettent la paix civile, la sécurité nationale et l’efficacité de l’autorité de l’Etat qu’ils ont été formés par les meilleurs instructeurs venus des pays européens qui sont par ailleurs des puissances militaires (Allemagne, Belgique, France, Grande Bretagne, Pologne, etc.) ainsi que la Russie qui est la 2e puissance militaire du monde après les Etats-Unis d’Amérique.
Mais comme on le dit, «c’est au pied du mur qu’on reconnait le maçon».C’est à l’épreuve du terrain qu’on peut juger de la qualité de la formation que les FACA ont reçue des Européens et des Russes. On ne peut pas parler de la «montée en puissance»(sic) des FACA comme le disent les autorités centrafricaines et la Minusca sans que les résultats de combats opposant les FACA et les groupes armés sur le terrain ne donnent vainqueurs les FACA.
Or, jusque-là, il n’y a jamais eu de combats véritables (corps à corps) entre les FACA et un seul groupe armé ayant conduit à la victoire des FACA. Certes, il y a eu des escarmouches à Bambari, il y a de cela quelques mois, au pk 12 à Bambari sur l’axe Bakala le samedi dernier, mais ce ne sont pas des affrontements militaires préparés, planifiés, avec des objectifs précis, pour permettre de jauger de la suprématie d’un camp sur l’autre. Les escarmouches entre FACA et UPC à Bambari lorsque les FACA étaient en route pour Bangassou n’ont rien changé sur le terrain puisque les éléments de l’UPC demeurent omniprésents et omnipotents à Bambari. Normalement, si les affrontements avaient eu comme conséquence la fin de la présence des éléments de l’UPC à Bambari par exemple, on aurait dû parler de la victoire des FACA. Or, cela n’est pas le cas.
Pour mieux apprécier les FACA passés à l’étrier militaire européen et russe, il faudrait d’abord fixer des objectifs à atteindre par les FACA avant de les mettre en ordre de bataille. Par exemple: bouter les éléments de l’UPC hors de Bambari ou hors de toute la préfecture de la Ouaka. Ou encore, démanteler tous les QG et postes avancés du groupe armé 3R d’Abbas Sidiki dans le Nord-ouest du pays.C’est lorsque les FACA auront réussi à atteindre un tel objectif vérifiable qu’on pourrait parler de leur «montée en puissance» suite à la formation qu’ils ont reçue des Européens et des Russes. Mais dommage que ce n’est pas encore cela.
Aussi, il ne faut pas oublier que des doutes ont été avancés, à raison, sur l’efficacité des FACA entre décembre 2012 et fin mars 2013 pendant la longue marche de la coalition séléka pour prendre le pouvoir à Bangui. Les FACA avaient fui devant l’ennemi. Ils abandonnaient leurs armes, les jetaient par terre devant les civils et prenaient leurs jambes au cou. C’était la honte.
Pour corriger cette mauvaise perception que les civils ont des FACA, le gouvernement doit pousser les FACA à donner des leçons inoubliables aux hommes d’Ali Darass et de Sidiki qui sont les groupes armés les plus actifs sur le terrain. Sinon, des civils et des militaires retraités, bien formés à l’époque et aguerris, baroudeurs, prendront leurs responsabilités.
L’oracle a parlé.
Soter Magnificat (MEDIAS+)

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