Centrafrique : pourquoi le ministre Baïkoua n’a -t – elle pas fait usage de son droit de réponse ?

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Dans sa parution du lundi 12 décembre 2022, le Journal « Letsunami.net » a publié dans ses colonnes un article intitulé : « Centrafrique : la ministre Virginie Baïkoua refoulée à l’aéroport de Paris le weekend dernier ? ». En fait, au lieu d’un article rédigé par sa rédaction, il s’agissait plutôt du partage d’un post activement en circulation sur les réseaux. Pour la simple raison que l’article parlait d’un ministre de la République, un agent gouvernemental à la tête du ministère de l’action humanitaire et de la solidarité, contrôlé, humilié et rapatrié par la police des frontières du pays de son accueil. Repris ad litteram, le texte était libellé ainsi qu’il suit :

« VIRGINIE BAIKOUA REFOULÉE À L’AÉROPORT DE PARIS LE WEEK-END DERNIER.

Le samedi dernier, la ministre de l’action humanitaire Virginie Baikoua arrivait à Paris pour passer le Réveillon avec sa famille vivant en France. A sa descente de l’avion, suivant ainsi les procédures de contrôle à l’aéroport. Après avoir présenté son passeport à l’agent de police qui introduit les données dans l’ordinateur, tout d’un coup l’agent sort de sa cabine pendant à peu près 5 min à son retour il ne remet donc pas le passeport au propriétaire et demande poliment à notre ministre de décaler du rang et patienter quelques minutes. Elle demande des explications à l’agent pour savoir ce qui ne va pas l’agent de police ne dit rien et lui demande de patienter. Après plus d’une heure passer debout, deux policiers se dirige vers la pauvre ministre et lui demandèrent de les suivre ils sont tous les 3 entrés dans un bureau de la police à l’aéroport c’est en ce moment qu’on lui a fait savoir qu’elle est PERSONNA NON GRATA en France pour motif d’incitation à la haine contre la France.

Ce soi-disant « Incitation à la haine » fait suite à une image d’elle devenue Viral sur les réseaux sociaux où on l’aperçoit avec un papier en main sur lequel est écrit « la France nous a aidé elle nous a aussi violé. » Combien même elle a tenté de se justifier en précisant les détails et les conditions de cet écrit sur le papier qu’elle tenait. Les policiers ne l’ont pas écouté en disant qu’ils ont reçu un ordre de la hiérarchie sans donner plus de commentaires. Elle a demandé à faire appel à son avocat malgré tout elle a été maintenue jusqu’à l’arrivée d’un avion en destination de Bangui via Yaoundé où elle a été embarquée à 20h comme un sans papier.

Voilà pourquoi on dit souvent que nous devons réfléchir avant de poser un acte, car tôt ou tard nos actes peuvent nous rattraper. La parole s’en va les écrits restent. Source: Journal le Parisien ».

Si, dès la publication de l’article, les uns sans fioritures ont évoqué un cas de Fake News savamment monté de toutes pièces par ses détracteurs, et les autres ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour confirmer des faits tels que réellement vécus et développés ci – dessus, l’intéressée, quant à elle, est fort étonnement restée et demeure silencieuse. Et pourtant, non seulement son honneur, son image et sa dignité ont été souillés dans cet article, mais surtout les caractères « aristocratique, moral et sacré » de la République ont été désacralisés et plongés dans les eaux troubles des moqueries publiques, à travers des échanges entre des internautes. A – t – elle opté, face à ces révélations, pour la stratégie du silence ? Ou bien, dépassée par les événements, a – t – elle décidé purement et simplement de laisser pourrir la situation, plus exactement cette « folle rumeur » qui circule sur les réseaux, et selon laquelle, pour avoir organisé, planifié, financé et exécuté, par l’entremise d’un certain Djoppop, des campagnes de désinformations, de manipulations de l’opinion et de grossiers mensonges contre la France, ses intérêts et ses ressortissants en Centrafrique ? En agissant de la sorte, c’est – à – dire de manière officielle, publique et visible, ne s’attendait – elle pas à ce qu’elle fût jugée indigne de poser ses pieds sur le territoire français où vivent sa famille et ses progénitures et où elle disposerait de deux jolis pieds – à – terre, acquis grâce aux pratiques opaques de siphonnages des aides allouées aux actions humanitaires et aux fonds détournés par son « Grand Ami » Henri Marie Dondra et prélevés sur l’argent du contribuable centrafricain ?

Voilà de pertinences interrogations auxquelles notre ministre se doit de répondre, au nom des valeurs de la morale publique, de la reddition des comptes, de la bonne gouvernance et de la transparence qui fondent et guident toute action posée par une autorité publique dans l’exercice de ses fonctions, et ce, dans toute société qui se veut et se dit démocratique comme la nôtre. Pour ce faire, et dans la mesure où l’article querellé a été publié par le Journal en ligne « Letsunami.net », elle doit impérativement faire usage de son « droit de réponse » qui permet à toute personne identifiée dans une publication lui ayant porté atteinte, d’adresser à l’éditeur une lettre de contestation, en demandant sa publication, afin de faire connaître au public son point de vue et ses arguments. Ce principe est prévu par la loi depuis près d’un siècle et demi, en contrepartie à la liberté de la presse et peut également être exercé par une personne morale (entreprise, association…) mise en cause dans un média.

Pour comporter un effet obligatoire, la réponse doit être adressée expressément au directeur de la publication par la personne concernée sous peine d’irrecevabilité. Sur Internet, les mentions légales (dont la présence est imposée par le code de la consommation) permettent de trouver les coordonnées de la personne à qui la demande doit être adressée. Dans l’hypothèse d’un site anonyme, la personne concernée doit adresser sa demande à l’hébergeur du site internet qui se chargera par la suite de la transmettre à l’éditeur du site. Pour pouvoir être publiée, la réponse doit répondre à certaines exigences de fond comme de forme.

Sur le fond : le contenu de la réponse doit se conformer à la loi, aux bonnes mœurs, à l’ordre public et ne porter atteinte ni à l’intérêt d’un tiers ni à l’honneur du journaliste. De plus, l’auteur de la réponse ne peut aborder d’autres sujets que ceux abordés par la publication qui le met en cause initialement. Sur la forme : la réponse est limitée quant à sa taille. En effet, la réponse « pourra atteindre cinquante lignes, alors même que cet article serait d’une longueur moindre, et elle ne pourra dépasser deux cents lignes, alors même que cet article serait d’une longueur supérieure ». Ces conditions remplies, le directeur de publication est tenu de publier dans les colonnes de son journal le droit de réponse.

Ainsi donc, fort de tout ce qui précède et au nom de la valeur de transparence qui est devenue une norme structurant l’organisation de nos sociétés démocratiques, et qui permet de lutter contre la corruption et les conflits d’intérêt – la poursuite d’intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général – tout en améliorant la qualité de la délibération démocratique, nous exigeons que le ministre de l’action humanitaire et de la solidarité Virginie Baïkoua se soumette à ce principe démocratique, afin de contribuer à la manifestation de la vérité, de soigner son image, son honneur et sa dignité un tant soit peu sérieusement abîmés dans cette affaire, et de laver au karcher l’affront subi par la République, à travers sa modeste personne en tant que ministre.

Jean – Paul Naïba

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