Centrafrique : pourquoi le contrebandier Piri doit être relevé de ses fonctions, arrêté et jugé !

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Dans la journée du mercredi 28 décembre 2022, un incendie d’une rare intensité s’est déclenché, au quartier Ramandji sis dans le Vème arrondissement de la ville de Bangui, dans la concession d’une propriété privée, a – t – on appris de sources locales indépendantes.

Dans un gros camion de transport et deux habitations attenantes étaient entreposés un nombre assez impressionnant de fûts de 200 litres. Tout a commencé par un incident causé par l’installation de ce dépôt de carburant, comme ont expliqué des responsables de la protection civile. Il s’agit d’un mauvais stockage par les commerçants et des mauvais branchements électriques. C’est alors que des flammes se sont embrassées ravageant sur leurs passages une dizaine de maisons, deux camions citernes, plusieurs autres véhicules, et deux ruelles. Il y aurait eu un nombre très élevé de pertes en vies humaines, n’eussent été l’intervention et l’évacuation rapide des blessés par la Croix-Rouge centrafricaine et les Médecins Sans frontières.  Le feu a été finalement maîtrisé par une vingtaine de volontaires de la protection civile avec l’aide de la Minusca. En moins d’une semaine, c’est le deuxième incendie grave enregistré dans la capitale centrafricaine, après celui de Béloko, le 25 décembre 2022.

Selon des internautes et des sources journalistiques, la responsabilité de désastre qui vient s’ajouter à la longue liste des dégâts matériels causés par ces incendies dus à la contrebande de carburants et aux entrepôts de fortune créés à cet effet, dans la capitale centrafricaine et à l’intérieur du pays, incombe directement au ministre de l’énergie et de l’hydraulique Arthur Bertrand Piri qui, pour lutter contre la crise du carburant, recourt in dies singulos à la délivrance à tour de main des autorisations spéciales, à des particuliers, d’achats et de vente. Depuis plus de dix mois, c’est lui et les bénéficiaires de ce précieux document qui sont devenus les nouveaux maîtres contrebandiers en la matière. Ils ont repris le monopole commercial, après TotalEnergies et Autres, de la fourniture et de la distribution des produits pétroliers. En bref, ce sont eux qui ont provoqué cette crise, en poussant les sociétés concessionnaires à bout, afin de mettre en place une véritable industrie de la contrebande, un consortium digne de la Camorra.

Interrogés par la rédaction, leurs laudateurs et autres communicants balaient d’un revers de main ces graves accusations, pointent du doigt leurs détracteurs politiques et affirment avoir déjà saisi le procureur de la République en vue de la manifestation de la vérité et de poursuites judiciaires contre les auteurs de ces propos diffamatoires. Du côté gouvernemental, il n’y a eu aucune réaction officielle sur cette affaire d’une extrême gravité jusqu’au moment où nous mettons sous presse, excepté la décision du retrait pur et simple des autorisations spéciales, annoncée par le ministre lui – même sur les ondes nationales. Mais que peut dire le gouvernement, lorsque les renseignements militaires et certaines sources indépendantes n’ont de cesse d’indexer directement le ministron Arthur Bertrand Piri et de le considérer comme le Parrain des Parrains de cette mafia dans laquelle sont impliqués l’Imposteur de Bangui et plusieurs personnalités de la République ? La crise du carburant actuelle n’est – elle pas liée, comme nous l’avons souligné un peu plus haut, non seulement à un problème de mauvaise gouvernance, mais surtout à la prise en otage de l’État par un groupe économique bien déterminé ? Par conséquent, la rareté des produits pétroliers ne serait – elle pas créée de toutes pièces par des mafieux économiques, pour faciliter la corruption à grande échelle, comme la surfacturation et l’enrichissement illicite ? Comment un ministre de la République peut – il autoriser des particuliers à acheter et vendre des carburants, sans que des conditions de garantie liées au transport, au stockage et à la sécurisation de ces produits n’aient été préalablement définies et imposées ?

Loin de se perdre en conjectures, l’incendie de Béloko, le 25 décembre 2022, et celui du quartier Ramandji au Km5, le 28 décembre 2022, viennent rappeler aux uns et aux autres que la crise du carburant qui dure depuis plus de dix mois reste et demeure une situation très préoccupante pour les Centrafricains et les plus hautes autorités de la République. Ce n’est plus une affaire où des petits contrebandiers centrafricains traversent la frontière pour acheter de l’essence et approvisionner le marché noir, comme ont voulu le faire croire le ministron Piri. C’est malheureusement une véritable industrie de la contrebande qui est installée au cœur de la République, et dont les responsables doivent être connus et sévèrement punis. Dans un article récent, le journal en ligne Corbeaux News de Centrafrique avait déjà accusé le ministre Arthur Bertrand Piri et le conseiller spécial et homme d’affaires Sani Yalo, d’avoir créé cette crise, en partenariat avec la société Wagner qui ne voulait pas et ne veut pas de la présence de la société française TotalEnergies en Centrafrique. « C’est Sani YALO avec les Russes qui mènent cette partie d’activité au sein de l’entreprise COPRENAPE. Ils ont réussi à intégrer Piri et Touadera dans leurs mafias et c’est très dangereux pour l’économie du pays du moment où cette entreprise vend non seulement cher les produits et ne paie rien comme impôt à l’État malgré la formule magique utilisée dans l’autorisation, comme quoi, au demeurant, les dispositions habituelles relatives à la liquidation, notamment les droits de Douane et les frais SOCASP, doivent être de principe », pouvait – on lire dans l’article. Une accusation d’une extrême gravité qui était restée sans réaction de la part des mis en cause.

Ceci étant, le peuple centrafricain a le droit de savoir comment ce bien commun qui est le carburant, est géré par ceux et celles qui en sont les dépositaires. Par conséquent, nul administrateur n’a le droit de s’y soustraire. Telle est notre conviction de guerrier de la plume, soutenue par notre ligne éditoriale à travers nos articles. De ce fait, tous les présumés coupables de cette crise de carburant créée de toutes pièces et institutionnalisée depuis lors, doivent  être dénoncés. Dans un pays de droit où les populations aspirent au mieux-être, les dépositaires des pouvoirs publics sont tenus d’être des exemples pour impulser et matérialiser les espoirs des populations. Et donc, rendre compte doit être une règle et non une exception. Parce qu’il nous faut des gens qui pensent pour ce pays et qui agissent pour les Centrafricains. Car, lorsqu’on choisit de servir son pays au niveau étatique, on se fait l’obligation de devoir rendre compte de sa gestion et du maniement des deniers publics sous sa responsabilité. L’agent à qui on a confié des derniers publics pour un objectif bien précis doit faire en sorte que tout soit transparent. Mais in hoc casu, dans ce pays et sous la gouvernance de l’Imposteur de Bangui, on a l’habitude de voir des gens prendre le patrimoine national pour en faire une propriété privée. Ceci n’est pas normal ! C’est inacceptable !

C’est pourquoi, cette fois – ci, il est plus qu’urgent que le ministre Piri puisse réagir officiellement afin de rassurer l’opinion et ordonner l’ouverture d’une enquête par une commission indépendante. Car, selon la direction générale de la Société de stockage des produits pétroliers (Socasp), la contrebande dans le secteur a déjà fait perdre à l’Etat centrafricain plusieurs millions de francs CFA. Et, il y a quelques mois plus tôt, pour l’un des mis en cause, pour le chef du département des hydrocarbures lui – même, en plus du danger qu’encourt la population environnante, une bataille farouche devait être menée contre cette contrebande. « Nous nous rendons compte qu’il est urgent d’agir. Je pense qu’avec le concours des cadres du département ainsi que les instructions de la hiérarchie, nous allons travailler sur cette question pour pouvoir contrôler et freiner la contrebande. Nous devons également sécuriser nos populations. Cette activité doit être exercée légalement », assurait – il.

Fin janvier 2022, les responsables de la Socasp avait tiré la sonnette d’alarme sur cette propagation du commerce illégal de produits pétroliers en République centrafricaine. Une situation qui prend aujourd’hui de l’ampleur à Bangui et pire encore à l’intérieur du pays, après la suppression de l’Agence de stabilisation et de régulation des prix des produits pétroliers (ASRP). Selon d’autres informations, les marqueteurs et acteurs numéro 1 du secteur pétrolier dénonçaient aussi cette concurrence déloyale qui freinaient déjà le bon déroulement de leurs activités. Cependant, dans un article intitulé : « Centrafrique : le DG de SOCASP Ernest Bata soupçonné de ravitailler la CPC en carburants », publié le 29 juillet 2021, nous avions révélé la responsabilité de ce dernier derrière la disparition frauduleuse de plus de 7000 litres de carburants.

La rédaction

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