Centrafrique : Pourquoi le « Brouteur d’Abidjan » refuse – t – il de signer les projets de décision de remboursement des frais médicaux ?

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Il s’appelle Hervé Ndoba et assume les prestigieuses fonctions de ministre des finances et du budget. Selon ceux qui ont fait sa promotion, « il est un cadre dirigeant, titulaire d’un Master en Ingénierie Financière, avec plus de 16 années d’expérience professionnelle à l’international. Issu d’une famille modeste, il débute sa carrière professionnelle à 22 ans par des missions d’audit financier et organisationnel en freelance à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Deux (2) ans plus tard, il intègre un groupe de sociétés spécialisé dans le BTP. A 26 ans, il se voit confier le poste de Directeur des Finances et du Contrôle de Gestion, pièce maîtresse de cette organisation composée de 4 sociétés. En 2013, il rejoint le numéro Un mondial du remorquage portuaire et pilote la fonction Administrative et Financière pour l’ensemble des filiales Ivoiriennes et assure la consolidation et la combinaison de l’ensemble des filiales du Groupe en Afrique subsaharienne. Il est un manager sensible à la performance de ses collaborateurs et animé par la culture du résultat. Il a engagé avec succès plusieurs réformes de modernisation des tâches et simplification des processus, avec une décentralisation des pouvoirs et des responsabilités grâce à la digitalisation. Il a géré des budgets annuels de plusieurs centaines de millions d’euros et a mis en place des outils d’analyse ayant permis d’effectuer des économies sur des postes de charges importants tout en optimisant le rendement opérationnel ».

Plusieurs mois après sa nomination, l’homme non seulement n’arrive pas à faire montre de sa maîtrise réelle de la technicité, n’ayant aucune idée sur les missions spécifiques qui incombent aux différentes structures composant les régies financières, et ignorant grossièrement les attributions auxquelles sont astreints leurs responsables, mais surtout il se comporte tout naturellement comme un pantin, une vraie marionnette, c’est – à – dire « une figurine articulée ou non, en bois, carton ou toutes autres sortes de matériaux (os, cuir ou terre cuite), manipulée par une ou plusieurs personnes (les marionnettistes), traditionnellement cachées dans un castelet ».

Comme tel, il est utilisé par le pouvoir et la pègre locale dont les lieutenants et les agents ont littéralement pris d’assaut son cabinet, l’IGF, la DGDID, la DGDDI, la DGCPT, la DGB, la DGMP, l’ARMP, afin d’assurer et garantir la continuité de siphonnages des crédits de l’Etat, les pratiques manifestement illégales d’extorsions frauduleuses des fonds publics, l’exploitation économique par la mainmise sur les ressources des Entreprises et Etablissements publics, la domination politique, l’occupation stratégique de nos territoires, à travers leur présence dans les collectivités, les préfectures et les sous – préfectures, et le pillage de nos ressources naturelles. De ce fait, il ne se passe pas un seul jour sans que son nom ne soit cité dans des affaires de détournements, de violations de la loi portant code des marchés publics, de pratiques de paiements des créances sur l’Etat par la procédure de prélèvements de 10% à 40% des montants exigibles et consolidés, de rétentions sur les recettes nées des taxes dues aux collectivités locales, etc…

Afin de presser les retraités pour leurs dossiers de remboursements, les étudiants dont les parents ou eux-mêmes avaient payé leurs frais de scolarité ou leur frais d’inscription, et les fonctionnaires ou agents de l’Etat malades et évacués sanitairement qui s’étaient acquittés eux – mêmes ou les membres de leurs familles de leurs frais médicaux et de leurs redevances d’hospitalisation, c’est à la tête des clients qu’il visite, en sa qualité d’ordonnateur général du budget de l’état, les parapheurs et appose son auguste signature au bas de leurs projets de décisions de remboursement. Comme nous l’avions dénoncé sous la gouvernance du farfelu Henri Marie Dondra dont le nom n’avait jamais figuré au babillard à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques à l’Université de Bangui dans les années 90, Hervé Ndoba ne fait ouvrir son parapheur par sa secrétaire particulière que si le bénéficiaire ait accepté que sur sa décision il sera prélevé plus de 40% de sa créance sur l’Etat.

C’est ainsi que depuis sa nomination et son arrivée à la tête du ministère des finances et du budget, plusieurs dossiers de remboursement des frais médicaux pourrissent dans les parapheurs, au point où certains d’entre les demandeurs ou les bénéficiaires ne soient plus de ce monde au moment où nous mettons sous presse. Cette pratique qui est digne de la mafia et des « Brouteurs d’Abidjan », c’est – à – dire des ruminants qui se baissent pour s’alimenter, en usant de la naïveté de leurs victimes et aussi des grandes distances à la recherche de « l’herbe fraîche », constitue l’une des ressources de la pègre locale qui compte sur les signatures de ces dossiers contre un accord de prélèvements directs à la source pour soutenir la caisse du MCU et financer certaines dépenses politiques, exigées par l’Imposteur de Bangui, le président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji et le premier ministre Félix Moloua, le premier Grand Voleur de la République, plus de 2.000 milliards de dollars promis par les bailleurs de fonds, à Bruxelles, le 17 novembre 2016.

Tant pis donc pour tous ceux qui refusent de céder à ces injonctions ! Leurs dossiers de remboursement des pensions, des frais médicaux, de frais de scolarité ou de frais d’inscription vont moisir à jamais dans les parapheurs. Depuis leur arrivée au pouvoir en mars 2016, non seulement Touadéra n’a aucune volonté pour faire sortir des tiroirs le projet « du droit à la santé pour tous », initié et légalisé par un certain JBB, à travers la notion de « carte d’abonnement sanitaire », ce qui fait aujourd’hui la fierté de la France par l’existence des CPAM, et ce qui fut la réforme – phare de la présidence Obama, celle de l’assurance maladie, qui a rendu obligatoire la couverture santé tout en encadrant les pratiques des assureurs, mais surtout il se sert de tous les moyens de l’Etat à sa disposition, en sa qualité président de la République, pour instituer des pratiques d’extorsions des crédits affectés annuellement aux lignes « Remboursement des Frais Médicaux » dont le montant est arrêté, au titre de l’exercice 2023, à plus d’un milliard de Fcfa.

Il n’en saurait en être autrement tant aucun investissement n’a été fait, de 2016 à ce jour, pour construire des centres de santé et des hôpitaux dignes de ce nom tant à Bangui que dans nos seize préfectures, et  améliorer la qualité des services et des plateaux techniques, le nombre et la spécialité des médecins ! Il n’en saurait en être autrement tant ce sont les plus hautes personnalités de la République, proches de Touadéra qui peuvent bénéficier des droits d’évacuation sanitaire dans certains pays, comme la RDC et la Tunisie, pour y être soignés sur les frais de l’Etat ! Il n’en saurait en être autrement tant les autres, tout comme la majorité des 5 millions des Centrafricains, se doivent de faire face eux-mêmes à la maladie et à la mort !

Sauf que, pour la gouverne de Touadéra et son ministron Hervé Ndoba, les fonctionnaires et agents de l’Etat sont régis par la loi n°09.014 du 14 août 2009 portant statut général de la fonction publique centrafricaine. En effet,  conformément aux dispositions de l’article 73, il est expressément consacré ce qui suit : « Le fonctionnaire en activité ou en congé régulier ainsi que leurs épouses et enfants à charge ont droit, aux frais de l’Etat, aux frais médicaux et à l’hospitalisation, dans les conditions prévues par les textes réglementaires en vigueur ». Et l’article 74 de conclure en ces termes : «  En cas d’accident survenu au fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions, il est dédommagé ou le cas échéant, ses ayants – droit…. »

Fort de ce qui précède, le Brouteur d’Abidjan se doit de sortir de cette pratique qui est indigne de ses fonctions, le déshonore et le culpabilise, pour libérer tous les parapheurs qui se trouvent dans son bureau. Car, son refus, passé un certain délai, peut contraindre leur demandeur ou leurs bénéficiaires à saisir le TA contre l’Etat avec dommages-intérêts et tout sera mis en œuvre pour des actions récursoires jusqu’à concurrence des montants dus !

La rédaction

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