Centrafrique : plus de 1800 centrafricains tués par l’OCRB de 2016 à ce jour, selon le libérateur Abakar Sabone

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« Plus de 1800 centrafricains ont été tués par l’Office Central de Répression du Banditisme, depuis 2016 à ce jour », a déclaré l’ancien libérateur tchado – centrafricain Abakar Sabone dans un post – vidéo activement en circulation sur la multiplateforme WhatsApp.

Dans ce post – vidéo converti en audio dont le partage fait du buzz sur les réseaux sociaux, il accuse directement l’Imposteur de Bangui d’avoir détourné cette unité spéciale de la police de ses raisons d’être, à savoir s’occuper efficacement de la montée du banditisme à la suite d’une série de mutineries de l’armée en 1996 et 1997, pour en faire une véritable police politique, chargée de surveiller les citoyens au nom de la sûreté de l’État, dans une société qui se dit et se veut démocratique où les libertés publiques – de réunion, de la presse, d’affichage, d’expression, etc. – permettent à tout un chacun de s’exprimer et de mener une action politique, syndicale en toute transparence.

La gestion de l’OCRB est dorénavant confiée, c’est – à – dire de 2016 à ce jour, à des individus issus de tous les différents corps militaires, mais formellement identifiés comme appartenant à une milice qui prend ses directives de Touadéra et de Zokoué et qui leur rend compte personnellement, communément appelée « Les Requins » ; ces derniers se sont substitués aux fonctionnaires et agents de la police qui y travaillaient naguère. Ils ont pour principales missions d’enlever des centrafricains qu’ils suspectent d’être contre le pouvoir, en majeure partie des sujets de confession musulmane supposés à tort d’être des rebelles de la CPC, de les torturer et de les tuer sans pitié. Arrêtés, ils sont jetés par la suite dans les geôles dont l’une d’entre elles, notamment celle qui est attenante à la clôture de la direction générale de la société de téléphonie mobile Moov, est  formellement considérée comme un véritable abattoir et un mouroir public à ciel ouvert. Les corps des victimes sont entassés dans des sacs et jetés aux abords du cimetière de Ndrès ou dans les eaux troubles de l’Oubangui – Chari.

Plus de 48 heures après ces fracassantes révélations sur des faits de graves violations des droits de l’homme, il n’y a eu aucune réaction officielle, ni de la part du gouvernement, ni venant des multiples associations en charge de défense des droits de l’homme. Cette sortie médiatique de l’ancien libérateur Abakar Sabone s’ajoute indubitablement aux violations massives des droits de l’homme et des abus graves d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées et d’exécutions sommaires et extra – judiciaires commis par l’OCRB, sur instructions d’un certain Bienvenu Zokoué, dans le cadre de manifestations hostiles au gouvernement, suite à l’organisation des élections groupées et catastrophiques du 27 décembre 2020 et à l’attaque de la ville de Bangui par les rebelles de la CPC, le 13 janvier 2021, dont nous avons parlé et continuons d’en parler et sur lesquelles Bangui est resté fort étonnement silencieux. Ce silence trahit l’existence d’une volonté politique de réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population, afin de mettre un terme aux contestations du pouvoir illégitime en place.

Fort de ce qui précède, le gouvernement doit garantir qu’une enquête rapide, indépendante et efficace sera menée sur ces violations des droits de l’homme dont les forces de sécurité se seraient rendues coupables et sur les graves abus commis par les miliciens dénommés « Les Requins » à la solde directe de Touadéra et Zokoué. Cela implique que les enquêtes devant être ouvertes par le ministère public pendant la période considérée par Abakar Sabone soient scrupuleusement et visiblement impartiales. Dans le même temps, la Ligue centrafricaine des droits de l’homme et toutes les associations y relatives doivent se mobiliser pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire d’une extrême gravité et que leurs auteurs soient identifiés, arrêtés et jugés.

La rédaction

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