Centrafrique : peut – on renier la France et s’attribuer l’héritage de Barthélémy Boganda ?

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MESSAGE A LA NATION
DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, A L’OCCASION DU 1ER DECEMBRE 2023
– Centrafricaines;
– Centrafricains;
– Mes très Chers Compatriotes;
Demain, nous commémorons, à l’unisson, dans la dignité, la paix et l’enthousiasme retrouvés, le 65ème anniversaire de la Proclamation de la République Centrafricaine, notre cher et beau pays en partage.
C’est avec un plaisir renouvelé et une légitime fierté que je voudrais vous souhaiter, à chacune et chacun de vous, une bonne Fête du 1er décembre. En ce jour de la République, nous formons un seul peuple, le Peuple centrafricain, Peuple épris de paix et solidaire.
C’est donc l’occasion de faire résonner en chœur notre magnifique hymne national, « La Renaissance ». « La Renaissance » nous exhorte à reprendre notre droit au respect à la vie, à briser la tyrannie, à reconquérir notre droit et notre unité, à franchir une étape nouvelle dans ce monde où les valeurs de paix, de sécurité, de solidarité et du multilatéralisme sont sacrifiées sur l’hôtel des intérêts géopolitiques et géostratégiques des grandes puissances.
Au moment où nous nous préparons à revivre ces premiers instants de l’histoire de notre pays, je voudrais saluer avec déférence, la mémoire du Père fondateur de la République, feu Président Barthélemy BOGANDA, ainsi que celle de tous nos martyrs et héros, pour les
sacrifices consentis, afin qu’advienne ce jour radieux et d’espérance du 1er décembre 1958.
C’est aussi le moment d’exprimer la reconnaissance de la Nation envers nos Forces de défense et de sécurité, la MINUSCA et nos alliés bilatéraux russes et rwandais qui, au péril de leur vie, s’emploient, chaque jour, chaque instant, à défendre les valeurs de la République et notre souveraineté.
En cette mémorable circonstance, je tiens à vous adresser, mes très Chers Compatriotes, mes vives et chaleureuses félicitations pour votre indéfectible attachement aux valeurs fondatrices de la République que sont l’Unité, la Dignité et le Travail. Moment de communion citoyenne et fraternelle, j’ai une pensée particulière pour nos Compatriotes de l’étranger dont les pensées sont en ce jour tournées vers la mère patrie. J’adresse notre gratitude à tous nos partenaires techniques et financiers pour leurs contributions de qualité aux efforts de reconstruction de notre pays.
Aux étrangers résidant en République Centrafricaine et qui partagent nos joies et nos douleurs quotidiennes, je veux les rassurer de notre hospitalité, de notre protection, de notre attachement aux valeurs humaines fondamentales.
Mes très Chers Compatriotes;
Au moment où nous commémorons ce 65ème anniversaire de la proclamation de la République, notre pays vient à nouveau de subir les effets dramatiques du changement climatique. Ces derniers jours, des inondations dévastatrices ont frappé les Villes de Bangui, Bimbo, les Préfectures du Mbomou et de la Basse-Kotto, à la suite des pluies diluviennes. Des milliers de nos concitoyens sont touchés par ces catastrophes
naturelles. Les dégâts matériels sont inestimables. A tous les sinistrés, j’adresse nos sentiments de profonde compassion. Je les assure du soutien du Gouvernement et de la solidarité de la Nation.
Mes très Chers Compatriotes;
Exceptés quelques démagogues qui tentent à partir de l’étranger d’exploiter politiquement la détresse des sinistrés, nul n’ignore que les Pays les Moins Avancés comme le nôtre sont vulnérables aux dégâts irréversibles causés par le dérèglement climatique telles que les
inondations. Aucun pays, aucune économie, n’est à l’abri de la crise climatique. Dans le cadre de notre responsabilité nationale, le Gouvernement ne ménage aucun effort pour apporter, avec l’appui de nos partenaires, l’aide humanitaire nécessaire aux victimes.
Par ailleurs, le Gouvernement est instruit d’engager des réflexions stratégiques pour apporter des solutions durables aux inondations, surtout dans les zones potentiellement exposées aux conséquences désastreuses du dérèglement climatique dans notre pays.
D’ores et déjà, j’ai initié depuis plus d’un an l’opération citoyenne dénommée « KWA TI KODRO » pour lutter contre l’insalubrité dans nos villes et villages par le désherbage, le ramassage des ordures et le curage des caniveaux afin d’éviter les inondations.
Mes très Chers Compatriotes ;
Depuis le 1er décembre 1958, notre pays a connu des événements heureux mais aussi malheureux. Les évènements heureux de ces dernières années qui méritent d’être soulignés, sont la solidité de l’unité nationale, le patriotisme, l’attachement aux valeurs républicaines, à la démocratie et la résilience de notre peuple face aux campagnes de désinformation menées par certains fils du pays hantés par l’esprit du mal avec
l’appui de certains médias internationaux.
Au nombre des événements malheureux, je voudrais rappeler la succession de crises, dont certains sans précédent : la sanglante crise militaro-politique de 2012-2014 ayant causé des milliers de pertes en vies humaines et des dégâts matériels inestimables, la pandémie du COVID-19, les inondations, la crise énergétique résultant de la guerre en Ukraine. A ces défis majeurs ont entraîné la déliquescence de nos institutions, victimes des incohérences, des anachronismes des Constitutions qui ne reflétaient guère notre volonté, ce que nous sommes et les réalités de notre époque. Tout cela dans un environnement politique marqué par l’héritage dévastateur de nos mœurs politiques faites de division, de trahison et de violences, malheureusement pérennisées par certains d’entre nous, au profit des intérêts égoïstes et étrangers.
Il est cependant important de relever que pendant les décennies de crises successives, nous avons su sauver l’essentiel, réussi à maintenir notre unité dans la diversité, à regarder vers l’avenir avec confiance. Cet engagement commun constitue aujourd’hui une source inépuisable de motivation et d’inspiration de notre jeunesse, cette jeunesse dynamique, pleine de vision et de talents que nous devons encadrer et préparer pour mieux affronter les défis de l’avenir.
Mes très Chers Compatriotes,
Nous commémorons ce 65ème anniversaire au moment où le monde entier fait face à des défis énormes : les chocs climatiques, les tensions géopolitiques complexes causées par la guerre en Ukraine et en Israël et un état de polarisation, les défis financiers, économiques,
énergétiques et alimentaires, sans précédent. Plus proche de nous, la guerre fratricide au Soudan ayant occasion l’afflux des réfugiés sur notre territoire, expose nos concitoyens des
régions frontalières à des risques d’aggravation de la situation humanitaire et d’insécurité.
Cette période trouble doit nous inciter à plus de vigilance, de patriotisme, de courage, mais aussi à l’innovation et à l’anticipation pour relever avec succès les défis actuels et futurs.
Mes très Chers Compatriotes;
Je mesure votre ambition, notre ambition commune de bâtir la République Centrafricaine dans la paix et l’unité nationale, d’asseoir solidement les valeurs d’intégrité morale, de probité, d’équité, de transparence, de travail, du goût de l’effort et surtout de lutte contre
la corruption. Depuis le 30 mars 2016, nous avons ensemble amorcé la construction
d’une République où tout le monde à sa place, sans distinction basée sur des critères religieux, ethniques, régionalistes, claniques, partisans ; une République qui rassemble tous les Centrafricains autour d’un même idéal, le développement de la République Centrafricaine.
Grâce à votre courage et engagement républicain, nous essayons ensemble, chaque jour, de braver les sanctions politiques, économiques et financières de certains de nos partenaires et d’éliminer les obstacles dressés contre notre souveraineté et de poursuivre la construction de nos Forces de défense et de sécurité afin de les rendre plus aptes à défendre l’intégrité du territoire. En ce jour de la République, élevons ensemble nos voix pour dire non à la haine, à la trahison, à la violence, à l’impunité, à la désinformation ; mais Oui à la justice, à l’égalité, à la démocratie, à la paix, à l’unité et à la prospérité. Oui, mes très Chers Compatriotes, l’idéal républicain, légué par le Père fondateur n’est ni la haine, ni la violence, ni la division, ni le repli identitaire, moins encore l’atteinte à la vie humaine, la destruction des biens publics et privés.
Dans une République, fondée sur le respect de la loi comme expression de la volonté populaire et garantie des droits et libertés, tous les pouvoirs et toutes les personnes, physiques ou morales, doivent respecter l’ordre en vigueur, présidé par la Constitution.
Je déplore les récentes déclarations publiques irresponsables appelant à la violence, à la haine et les manœuvres de déstabilisation de notre pays à partir de l’étranger, par une partie de l’opposition prétendument démocratique. Quelles que soient nos contradictions, nous devons éviter qu’elles dégénèrent en violence physique.
Je rappelle que la marche de la République Centrafricaine vers sa souveraineté effective est irréversible depuis 2016. Elle vient d’être consolidée par la Constitution du 30 août 2023.
Plus rien ne sera décidé de l’extérieur et imposé au peuple centrafricain. Ce peuple, je le rappelle, est jaloux de sa souveraineté. C’est sur le territoire de la République que doivent être conçus et exécutés, avec les Centrafricains et pour les Centrafricains, les plans et
programmes de développement de notre pays. C’est sur le territoire de la République et au sein des institutions démocratiques que doivent se dérouler les débats politiques.
En ce jour de la Fête nationale, j’exhorte les Compatriotes égarés se trouvant sur des territoires étrangers et qui misent sur des soutiens extérieurs pour déstabiliser le pays, à regagner la patrie et à jouer pleinement leur rôle dans le processus de développement de notre Nation. Je voudrais réaffirmer que je n’ai aucune volonté ni l’intention de fermer l’espace politique à l’opposition ni à la société civile. Convaincu qu’il n’y a pas de démocratie sans une opposition politique forte et responsable, je me suis investi, depuis mon accession à la Magistrature suprême de notre pays, à créer les conditions nécessaires
à l’exercice libre des rôles des partis politiques. Vous le savez, il n’y a aucun prisonnier politique ou d’opinion en République Centrafricaine et ce, depuis le retour à l’ordre
constitutionnel en 2016.
D’ailleurs, la Constitution du 30 août 2023 adoptée à l’unanimité par le peuple souverain, et qui fonde la 7ème République, donne un souffle nouveau et plus de vitalité à notre jeune démocratie, crée les conditions de la relance économique de notre pays par la
revalorisation du capital humain, de l’effort individuel et collectif, du mérite, de l’inclusion, comme conditions d’épanouissement personnel et collectif.
Mes très Chers Compatriotes ;
Chaque Centrafricain doit apporter sa contribution pour assurer la sécurité, la stabilité et la prospérité de tous. C’est pourquoi, il ne doit y avoir de place dans l’administration publique pour les fonctionnaires et agents de l’Etat paresseux, improductifs. Le Gouvernement est instruit de remettre les Centrafricains au travail et de mobiliser toutes les énergies, les compétences et les intelligences, pour construire la République. Nous allons continuer à investir dans la santé et l’éducation avec un accent particulier sur l’éducation des filles qui pourront apporter des changements fondamentaux dans notre société. L’éducation, vous le savez, joue un rôle important dans la promotion des valeurs démocratiques et le développement de la société.
Mes très Chers Compatriotes ;
Un autre défi que la République doit relever est l’organisation des prochaines des élections locales qui constituent une réelle opportunité de transformation de notre pays, après plusieurs décennies de suspension. J’appelle tous les acteurs politiques à jouer pleinement leur rôle pour l’organisation des élections locales inclusives, justes et libres qui contribueront au développement local, à la consolidation et à la pérennisation de la paix au niveau national.
Mes très Chers Compatriotes,
Je ne puis terminer ce message sans faire observer que la décennie qui vient de s’achever a été marquée par une série de tensions diplomatiques entre notre pays et certains de nos partenaires internationaux. La nouvelle République que nous avons inaugurée, le 30 août 2023, constitue aussi une grande opportunité de réaffirmation de notre souveraineté, mais également de notre volonté pour un réengagement avec la communauté internationale, dans le respect de notre souveraineté. Cette tâche exige de nous que nous sachions construire, avec nos principaux partenaires, des rapports nouveaux fondés sur le respect
et l’intérêt mutuels. Elle exige également que nous parvenions, avec ces partenaires, à la
construction de traités bilatéraux de coopération renforcée pour relever les défis qui se posent à notre pays, conformément aux recommandations pertinentes du Dialogue républicain. C’est notre souhait et notre volonté. Souveraineté et égalité, tels doivent être les fondements de notre coopération bilatérale et multilatérale.
Je voudrais saisir cette occasion solennelle pour saluer le renouvellement du mandat de la MINUSCA et l’excellente qualité de notre coopération qui a permis la mise en œuvre de sa mission d’appui et d’accompagnement de notre pays vers la paix et la stabilité durables.
Mes très Chers Compatriotes,
En terminant mon message, je vous exhorte à demeurer vigilants afin de permettre à notre pays de consolider son ancrage démocratique et sa marche vers un avenir meilleur. Joignons nos mains et nos efforts pour réaliser le rêve centrafricain, le rêve d’un pays définitivement pacifié, uni et prospère.
Que ce jour du 1er décembre, jour de la Proclamation de notre République, soit un jour de joie, de fierté et de célébration de notre unité et de notre solidarité ! Que le Dieu Tout-Puissant nous donne la paix de tous côtés et en toutes circonstances et nous fortifie dans l’œuvre de reconstruction de notre pays en partage !
Je vous souhaite, à toutes et à tous, une fête nationale joyeuse et pacifique.
Vive la République !
Que Dieu bénisse la République Centrafricaine et son
Peuple!
Je vous remercie

 

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