Centrafrique : peut – on parler d’un retour de la paix quand on fait recours à des mercenaires russes et rwandais pour régler des problèmes politiques ?

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DISCOURS DE CLOTURE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT
A L’OCCASION DE LA SESSION SPECIALE DU COMITE EXECUTIF ET DE SUIVI DE L’ACCORD POLITIQUE POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
Date : 6 février 202
Lieu : Bangui, Cité des Chefs d’Etat
– Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
– Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions Républicaines ;
– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
– Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations internationales ;
– Monsieur l’Ambassadeur, Chef de la Délégation de l’Union Européenne ;
– Madame la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies, Chef de la MINUSCA ;
– Monsieur le Représentant Spécial du Président de la Commission de l’Union Africaine ;
– Monsieur le Représentant du Président de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale ;
– Mesdames et Messieurs les Membres du Comité Exécutif de Suivi;
– Distingués invités ;
– Mesdames et Messieurs ;
Il y a six (6) ans, l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine a été signé.
Ce fut l’aboutissement remarquable d’un long processus qui a nécessité une volonté politique inébranlable de briser le cycle de plusieurs décennies de violence, avec l’espoir de consolider la démocratie, de créer les conditions d’un dialogue franc, sincère et pacifique pour un retour définitif de la sécurité, de la paix, de la stabilité, la réconciliation nationale et de prospérité partagée.
Beaucoup y voyaient un signe de faiblesse, une compromission, une complaisance à l’endroit des 14 groupes armés ayant commis des crimes les plus graves et des violations graves et répétées des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.
Ils n’avaient pas totalement tort, au regard des atrocités subies.
Mais j’étais convaincu et je continue de l’être que cet Accord reste et demeure un précieux instrument pour une paix durable dans notre pays longtemps meurtri.
Pour y arriver, il a fallu dix-huit (18) mois de préparation en deux phases : phase de pré-négociation sur le territoire centrafricain et celle de négociation à Khartoum, au Soudan où ledit Accord a été paraphé, avant sa signature, le 6 février 2019, à Bangui.
La communauté internationale a joué un rôle crucial pour permettre la signature de cet Accord de paix, mais aussi pour faire en sorte que cet Accord soit viable pendant toutes ces années, en dépit de la conjoncture internationale particulièrement difficile.
Je saisis donc l’occasion de ce 5ème anniversaire pour renouveler mes vifs et sincères remerciements à toute la communauté internationale pour son soutien constant en faveur de la stabilisation et du relèvement de la République Centrafricaine.
C’est ici le lieu de réitérer très solennellement, notre reconnaissance à l’endroit de tous les Garants et Facilitateurs notamment, l’Union Africaine, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale et la MINUSCA, ainsi que les pays frères de la sous-région également facilitateurs à savoir, le Cameroun, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, la Guinée Equatoriale, le Soudan et le Tchad pour les nombreux efforts et sacrifices consentis de façon constante pour la consolidation de la paix, de la sécurité et de l’unité nationale.
Je voudrais remercier et féliciter nos forces de défense et de sécurité pour leur engagement patriotique, leur bravoure et leur professionnalisme dans le combat quotidien contre les forces du mal qui ont causé et causent encore des pleurs et des désolations dans nos foyers, villages et villes.
Je saisis également cette occasion pour rendre un hommage appuyé aux casques bleus des Nations-Unies, à ces hommes et femmes qui, quotidiennement, font preuve de courage exceptionnel, de professionnalisme et surtout de sacrifice, le plus souvent ultime, dans leur mission de paix, de défense de la démocratie et de stabilisation de la République Centrafricaine.
Je tiens aussi à exprimer ma profonde gratitude aux forces alliées bilatérales de la Fédération de la Russie et du Rwanda dont l’engagement aux côtés de nos forces de défense et de sécurité nous a permis de mettre hors d’état de nuire les éléments de la nébuleuse Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) et de faire face aux autres menaces contre la paix et la sécurité nationale.
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs ;
Depuis cinq (5) années, le peuple centrafricain, le Gouvernement, les Garants et Facilitateurs, la sous-région et la communauté internationale ainsi que les partenaires techniques et financiers, ensemble, nous nous sommes mobilisés résolument pour mettre en œuvre les engagements des parties signataires dudit Accord.
En cette circonstance commémorative qui nous réunit ici, je dois mentionner que le taux d’exécution des engagements des parties signataires qui nous est présenté ici, justifie à suffisance la pertinence de nos options respectives de participer au processus global de paix et de sécurité axé sur l’APPR-RCA, la Feuille de Route conjointe de Luanda et les recommandations du Dialogue républicain qui viennent en appoint.
Je suis conscient des efforts consentis à des degrés différents par tous les acteurs et institutions impliqués, nonobstant les diverses contraintes à connotation politique qui, à des endroits, ont occasionné des sacrifices suprêmes de certains de nos éléments des Forces de Défense et Sécurité, des casques bleus et des alliés bilatéraux russes et rwandais.
Au nom du peuple centrafricain et en mon nom propre, je rends un vibrant hommage à ces dignes combattants que nous qualifions de « Héros de la paix ».
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs ;
Lors de la neuvième session du Comité Stratégique DDRR/RSS/RN du 11 septembre 2023 et de la deuxième revue stratégique du processus politique du 23 octobre 2023, j’ai réitéré mon ferme attachement au processus de consolidation de la paix, de la sécurité, de la Réconciliation Nationale et du développement intégré de notre pays, à travers l’APPR-RCA qui reste un cadre de référence.
Dans ce sens, j’apprécie à sa juste valeur les expressions de tous nos partenaires qui ne cessent de contribuer à la mobilisation de ressources ainsi que des soutiens nécessaires au Gouvernement pour la réussite de ce processus d’intérêt national et sous-régional.
Au regard des défis à relever durant la sixième (6) année de mise en œuvre de l’APPR-RCA et en me référant aux décisions de la huitième (8e) session du Comité Stratégique DDRR /RSS / RN, tenue le 15 juillet 2022, j’engage le Gouvernement et la Coordination de l’APPR-RCA à travailler de concert avec les Garants et les Partenaires pour l’exécution des 6% des engagements en attente.
Il s’agit notamment de la mise en place de fonds de réhabilitation et de réparations dues aux victimes et de l’organisation de forums pour le développement régional dans quatre villes du pays à savoir, Birao, Bangassou, Bouar et Mbaïki, conformément aux dispositions de l’article 12 de l’APPR-RCA et son annexe 2, rubrique socio-économique, point 2.
J’encourage toutes les couches de la population centrafricaine, les acteurs institutionnels et les partenaires de la République Centrafricaine à œuvrer davantage en synergie pour la consolidation de la paix, de la sécurité, de la réconciliation nationale et de l’autorité de l’Etat, ceci pour le bien de nous tous et de la sous-région.
Je ne saurais terminer mon propos en ce jour anniversaire de la signature de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine sans remercier l’ensemble des partenaires qui appuient le processus de paix dans notre pays.
Permettez-moi de citer, entre autres, la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale, la Conférence Internationale sur les Régions de Grands Lacs, l’Union Africaine, l’Union Européenne, l’Organisation des Nations Unies et la Communauté de Sant’ Egidio, pour leurs appuis indéfectibles au processus global de paix en République Centrafricaine.
Je clos mon propos en lançant à nouveau un appel à l’Unité nationale, à la réconciliation et au vivre ensemble, car la Paix dans nos foyers reste le point de départ pour la conquête de notre souveraineté et du développement de notre cher et beau pays, la République Centrafricaine.
Que Dieu bénisse la République Centrafricaine et son Peuple !
Je vous remercie.
La Renaissance

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