Centrafrique : Où vont les taxes versées par les sociétés forestières ?

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©RNL / Brice Landry Ndangoui

Parc automobile des sociétés forestières

Les Centrafricains et les habitants de la Mambéré Kadéï se plaignent de l’inaction de l’administration forestière dans le cadre du reboisement pour préserver de l’environnement. Les exploitants forestiers disent être en règles avec la loi en vigueur en s’acquittant régulièrement de leurs redevances. Ils accusent les autorités en charge des Eaux et Forêts de faire une mauvaise redistribution pour financer le reboisement dans le pays.

Selon des informations de Radio Ndeke Luka, plusieurs centaines de millions de Francs Cfa sont versées chaque année par les sociétés forestières à l’Etat centrafricain. Ces fonds représentent les taxes forestières et sont logés dans un compte spécial à la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC). Ils sont repartis pour des charges bien déterminées à savoir le reboisement pour protéger la forêt et la lutte contre les changements climatiques.

La gestion de cette somme aurait fait l’objet de détournement par les autorités communales et leurs complices. Face à cette situation, une instruction présidentielle relative à la gestion des taxes forestières affectées aux communes a été prise en mai 2007 pour réglementer l’utilisation de ces fonds.

Cette mesure est loin de calmer la crainte des habitants des zones d’exploitation forestière qui continuent de se plaindre de cette gestion opaque des fonds. Cette situation est l’onde de choc entre les activistes et les gouvernants.

« Toutes les richesses s’en vont, que feront nos enfants ? Nous au moins, nous voyons le bois partir. Il est temps que le gouvernement s’occupe de ces richesses », a indiqué Ghislain Nganabem, chargé de mission dans l’Association « Amis Bois » de Berberati.

En dépit de la volonté des sociétés à payer les différentes taxes, rien ne semble évoluer selon Sylvain Koyo, responsable transport à EXOTICA du groupe SEFCA. « Il est un impératif pour nous de faire le reboisement et on le fait pour protéger l’environnement », a-t-il martelé.

Les activistes notent que les programmes d’emploi présentés souvent par les communes ne tiennent pas compte des investissements souhaités tel que le reboisement. Des ONG de protection de l’environnement se préoccupent également de cette situation. Pour elles, cela ne cadre pas avec la vision du pays en matière de protection de l’environnement.

« Nous demandons à l’administration de se mettre résolument au travail. Il y a lieu d’appeler l’Union Européenne qui est aussi partie signataire à l’accord d’être regardant dans l’observation indépendante qui n’hésite pas d’insister sur les irrégularités », a fait savoir Jean Jacques Urbain Mathamalé, coordonnateur du Centre pour l’Information Environnementale et le Développement Durable (CIEDD).

A la tribune des Nations Unies le 24 septembre 2019, le Président centrafricain Faustin Archange Touadéra, se faisant l’avocat de l’Accord de Paris pour préserver la planète, a déclaré que les exploitations des ressources naturelles sont à l’origine des changements climatiques.

« L’exploitation abusive des ressources naturelles est l’une des causes du changement climatique qui perturbe et hypothèque sérieusement l’avenir de notre pays », a souligné Faustin Archange Touadéra.

50% des taxes de reboisement sont versés au Fonds de Développement Forestier qui l’utilise pour des actions de reboisement. Malgré cela, les plaintes ne sont pas de nature à rassurer ni conforter la politique de la RCA en matière du climat.

RNL

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