Centrafrique : Nous nous servirons de la jurisprudence Oligui Nguéma dans l’affaire « Audit général de la holding Delta Synergie de la famille Bongo » le moment venu !

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Gabon : pourquoi Oligui Nguema instruit un audit général de la holding Delta Synergie de la famille Bongo

L’audit commandé au sortir du Conseil des ministres tenu le 20 mars à Libreville vise, entre autres objectifs, la réappropriation par l’Etat, de son patrimoine.

Mercredi 20 mars 2024, les autorités gabonaises ont décidé de passer au scanner, la holding Delta Synergie, une entreprise appartenant à la famille de l’ex-président, Ali Bongo Ondimba. C’est l’une des résolutions phares du Conseil des ministres présidé par le chef de l’Etat de transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. « Respectueux des engagements pris devant le peuple gabonais, le CTRI [Comité pour la transition et la restauration des institutions] annonce le lancement dans les tous prochains jours, d’un audit général, financier, technique, immobilier et mobilier de la holding Delta Synergie », a déclaré le porte-parole du CTRI dans une vidéo publiée sur le compte Twitter de la présidence de la République du Gabon. Dans la foulée, le colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi informe que « les gérants, administrateurs et toutes les personnes liées directement ou indirectement à cette organisation seront invités à se mettre à la disposition des services chargés de la réalisation de cet audit en fournissant toute la documentation y afférente ».

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Dès lors, la question de savoir : pourquoi la holding Delta Synergie fait désormais l’objet d’un audit programmé ? L’histoire de cette entreprise remonte à 2015, il y a neuf ans. Le journal français « Médiapart » révèle alors qu’il s’agit d’une « puissante holding appartenant à la famille Bongo Ondimba et évaluée à 28 milliards de francs CFA ». Le journal révèle avec force et détails que la holding détiendrait des participations dans une quarantaine de sociétés au Gabon. « Mediapart » souligne que, jusqu’en 2009, « [feu] Omar Bongo détenait 37 % des parts de la société (soit 114 700 actions), d’après deux déclarations de succession rédigées les 10 juin et 1er octobre 2014. Ali, son successeur, et sa fille Pascaline s’étaient vu secrètement gratifier de 10 % chacun à titre personnel. Six autres membres de la famille se partageaient le reste ».

Société aux mille tentacules

Aussi, révèle Médiapart, cette holding financière est présente dans la quasi-totalité des secteurs de l’économie du pays : les assurances, les banques, la sécurité, l’agroalimentaire, les transports, les BTP, l’agriculture, l’immobilier, l’aviation d’affaires, le gaz et le pétrole, les matières premières, etc. A titre d’illustration, un rapport de mission daté du 15 avril 2012 élaboré par le cabinet d’avocat Fénéon & Delabrière Associés à la demande des Bongo, Delta Synergie a des participations dans la non moins célèbre Gabon Mining Logistics, à hauteur de 30%. Ragasel arrive au 3e rang, où elle ne détient pas moins de 29,1% de participation. Le deuxième secteur dans lequel la holding est fortement implantée est celui des banques, avec UGB (5,21 % des parts), Bicig (3,23 %), BGFI Bank Congo (10%), Ecobank Gabon (7,5%) ou encore BGFI Holding (6,4%), présentée comme «la plus puissante banque du pays », mais aussi la Finatra (6,25 %), spécialisée dans le crédit à la consommation. Toujours au titre de ses secteurs d’activités opérés par la holding, il y a la Compagnie du Komo (15%), Ogar (60%), SN2AG (transport aérien, 34,99%), ETDE/Sogec (électricité, 4,54%), IMP (immobilier, 35%), SGS (sécurité, 69,3%) … Idem dans le secteur très lucratif du BTP où la Socoba, principale bénéficiaire des travaux publics du pays dirigée par un gendre d’Omar Bongo, a cédé au profit de Delta Synergie 50 % de ses actions.

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L’audit annoncé de la holding Delta Synergie vise donc clairement la famille du président déchu, Ali Bongo Ondimba. Mais pour les proches de l’actuel président, il s’agit de respecter les engagements pris par Brice Clotaire Oligui Nguema dès son accession au pouvoir le 30 août 2023, à travers un coup d’Etat. Il avait promis : « la restauration des institutions de la République et des valeurs de la nation » et « la réappropriation par l’Etat et le peuple gabonais de son patrimoine matériel ».

Ecomatin

 

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