Centrafrique : « Ne tentez pas, vous risquez de la regretter, M. le président ! »

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« Monsieur le Président de la République, j’ai appris de diverses sources proches de votre entourage que vous auriez signé hier l’ordre d’arrestation du Président Henri Konan Bédié, parce qu’il a autorisé la marche nationale du 13 août contre votre 3ème mandat conformément à l’article 20 de la constitution. M. le Président, je vous invite avec insistance à ne pas le faire et à abandonner cette très mauvaise idée. N’essayez même pas de le faire sinon vous pourriez très vite le regretter monsieur le Président », peut-on lire dans la note du président du RPCI-AC. Le président ivoirien Alassane Ouattara aurait ordonné l’arrestation du ténor du PDCI, Henri Konan Bédié. Une situation qui suscite encore beaucoup de polémiques dans le rang de l’opposition. C’est en réponse à ces folles et persistantes rumeurs publiques que le président du RPCI-AC Christian Vabé a pris la parole, il y a quelques jours, pour faire de sérieuses mises en garde au pouvoir en place.

Cette sortie courageuse, patriotique et républicaine de l’homme politique ivoirien s’adresse, aussi tout étrangement à des centaines de kilomètre de distance entre la Côte d’Ivoire et la RCA, au Gangster de Bangui et son organisation criminelle au pouvoir, depuis le 30 mars 2016. Et pour cause ! Ils sont décidés à procéder à l’arrestation de l’ancien président François Bozizé et à le transférer à la CPI à la Haye, dans les tout prochaines heures. Son ordre d’arrestation aurait déjà été signé par son ancien premier ministre et partenaire privilégié des mercenaires Ali Darass de l’UPC, Mahamat Al – Katim du MPC et Abbas Siddiki de 3R, selon des sources policières bien introduites à la présidence centrafricaine. Seulement, son exécution butterait contre le refus catégorique de la Minusca de se laisser entraîner dans une telle opération qui s’avérerait trop crisogène, de sources diplomatiques, et qui aurait manifestement pour conséquence directe de faire précipiter ce qui reste encore du pays de B. Boganda dans une nouvelle vague de violences sans fin. En se fondant sur des informations en sa possession et selon lesquelles ses agents de renseignements n’ont jamais cessé de rappeler à leur haute hiérarchie que l’opinion nationale n’y est pas du tout favorable ; mieux,  celle – ci lui confère un caractère hautement politique à sens unique et considère la démarche comme un acharnement contre un opposant qui dérange, depuis son retour inopiné à Bangui fin décembre 2019. Enfin, si elle venait effectivement à se concrétiser, elle ne saurait être acceptée par une population dont deux des leaders d’autodéfense, communément appelés Antibalaka, ont été arrêtés et transférés à la CPI, sans oublier ceux qui ont été jugés et qui croupissent au camp de Roux et à la tristement célèbre maison d’arrêt de Ngaragba.

Informé régulièrement de la décision des plus hautes de la Minusca, le Gangster de Bangui pique, comme à ses habitudes, une colère noire et refuse à son tour de revenir en arrière. Alors, l’homme et les siens se versent dans la manipulation et la désinformation par voie de presse et tentent de faire croire tant à l’opinion nationale qu’internationale que Touadéra serait sous de très fortes pressions des USA et de la CPI qui s’opposeraient à une éventuelle validation de la candidature à la prochaine présidentielle de l’ancien président François Bozizé, sous sanctions de l’Onu et auteur de plusieurs crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, selon les conclusions d’une enquête diligentée sous le règne de la transition, conformément aux gentilles indiscrétions émanant de  ses détracteurs.  En réalité, ce ne sont que des agitations politico – politiciennes qui n’ont de raison d’être que la seule volonté du Gangster de Bangui et son organisation criminelle au pouvoir de se débarrasser d’un adversaire politique qui dérange, leur donne de l’insomnie par sa capacité de mobilisation et sa popularité, et qui constitue un gros caillou dans la mise en œuvre de leur plan de reconquête du pouvoir. Et cela, l’opinion publique nationale, les militants et les sympathisants du KNK le savent, et de ce fait, sont décidés eux aussi à parer à toute éventualité, si jamais leur champion devait faire l’objet d’une quelconque arrestation.

« Hier, c’étaient le coordonnateur général des Antibalaka Patrice – Edouard Ngaïssona et l’un de leurs lieutenants, le député Rambhot, qui ont été arbitrairement et injustement arrêtés et transférés à la Haye, sur instructions de ce même roublard et dangereux Touadéra qui reconnait élégamment  aujourd’hui, sur les ondes de RFI par l’entremise de son premier ministre, être le partenaire de tous les responsables des groupes armés et autres mercenaires qui occupent aujourd’hui plus de 85% du territoire et y sévissent en maîtres. Pendant ce temps, ceux qui sont venus d’ailleurs et qui continuent de tuer les centrafricains tous les jours que Dieu fait sur cette terre sont nommés à des hautes fonctions de l’Etat, reçus à la présidence et la primature, payés mensuellement sur les frais du contribuable centrafricain et invités dans les hauts lieux de la République, symboles de l’Etat, sans aucune gêne par ceux à qui nous avons confié la mission de défendre l’intégrité du territoire, la protection des biens et des personnes et la préservation des intérêts fondamentaux de l’Etat. Que Bozizé soit arrêté et jugé dans son propre pays pour des actes qu’il a commis dans l’exercice de ses fonctions, devant des juges centrafricains, comme l’empereur Jean – Bedel Bokassa en 1986, nous l’accepterons, en tant que démocrates, car à cette occasion – là Touadéra sera assis à ses côtés dans le box des accusés, en sa qualité de son premier ministre de 2008 à 2013. Mais, si aujourd’hui c’est le contraire qui devrait se produire, nous ne l’accepterions jamais et Touadéra en s’y lançant aurait signé la fin de son pouvoir avec toutes les conséquences qui en découleront », nous a lâché un militant du KNK.

Comme pour passer de l’acte à la parole, ces menaces sont perceptibles dans la ville de Bangui par des mouvements fréquents des éléments de la garde présidentielle, des mercenaires rwandais et ceux du Groupe Wagner, sans oublier les allées et venues des requins habillés en policiers et gendarmes qui ne sont que des actes de provocation visant à susciter de contre – réactions dans le camp de l’ancien président François Bozizé. L’obligation faite par le protocole d’état à ce dernier de prendre place, lors de la cérémonie de la parade militaire le 13 août 2020, aux côtés du chef d’état de transition Mme Cathérine Samba, participait ni plus ni moins de cette stratégie d’agitations politiques. Il n’a pas été étonnant, par conséquent, que les deux personnalités ne se fussent pas serrées les mains, ne se fussent pas adressées la parole et ne se fussent même pas du tout regardées. Il s’en suivra le même jour dans la soirée vers 22 heures les tirs dont a été délibérément victime son fils Francis sur l’avenue de la CEMAC de la part des éléments de la garde présidentielle. Une vraie tentative d’assassinat puisqu’un centrafricain qui passait par là quelques minutes plus tard a été grièvement blessé et évacué pour des soins intensifs dans un hôpital de la place. Voilà, bien des actes de provocations qui sont tout simplement  analogues à ceux qui ont caractérisé le retour inopiné de l’ancien chef d’état – major de Patassé à Bangui et défrayé les chroniques.

N’en déplaise, donc,  à tous les thuriféraires du régime et aux saprophytes qui y tirent profits tels des vautours autour des carcasses d’un gibier faisandé, au moment où nous mettons sous presse, Bangui est sous de très fortes tensions. Jusqu’où iront – elles ? Au Gangster de Bangui, le partenaire des groupes armés, le liquidateur de la République et le bourreau de tout un peuple de répondre à cette question. En mettant un terme à toutes ces agaceries politiques et en éteignant dans l’œuf cette flamme qui risque d’emporter tout le monde, lui et sa troupe immonde si dangereuse et criminelle y compris.

La rédaction

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